SAINT GÉRARD OU GÈRE (GERBUS, GERIO), DE LUNEL
XIIIe SIÈCLE. — 1298.
Invoqué contre les Douleurs de tête et l’Epilepsie.
Gérard, né à Lunel, appartenait à une des plus nobles familles de la Gaule Narbonaise. Doué de toutes les vertus de chasteté, d’abstinence et de piété, pour servir Dieu plus librement, il vint avec son frère Effrenaud au pont du Gard, et là ils s’établirent dans deux cellules contiguës. Ayant été surpris dans ces mômes lieux par une inondation qui dura plusieurs jours, ils furent nourris par des serpents qui leur apportaient du pain. Pour fuir davantage la présence des hommes, ils se mirent en route pour Rome , ayant l’intention de poursuivre leur pèlerinage jusqu’en terre sainte. Ils s’embarquèrent alors sur un navire qui faisait voile vers l’Italie et ils abordèrent en Etrurie, après avoir apaisé par leurs prières une tempête horrible. Puis, continuant leur route vers Rome, ils s’égarèrent à travers de grands bois et ne retrouvèrent leur chemin qu’à l’aide d’un ours qui leur servit de guide. Après avoir visité la ville éternelle, ils marchèrent de nouveau dans la direction d’Ancone, où ils devaient s’embarquer pour la Palestine ; mais Gérard, 6aisi tout à coup par un violent mal de tête, fut obligé de s’arrêter à Golombaro, près de Monte-Santo, dans le diocèse de Fermo, et, pendant que son frère était allé chercher du secours, il rendit son âme à Dieu. Les cloches de l’église de Saint-Etienne annoncèrent d’elles-mêmes sa mort aux paysans de l’endroit. Son culte, approuvé d’abord à Monte-Santo par Benoît XIV, s’étendit bientôt dans tout le diocèse de Fermo, avec l’autorisation de Pie VII. « Toutefois, disent les Petits Bollandistes, ce culte était encore inconnu en France, lorsque des prêtres exilés en Italie pour la foi, pendant la révolution, le découvrirent et le firent connaître. Enfin Monseigneur Thibaut, évêque de Montpellier, l’a introduit dans son diocèse avec l’autorisation de Pie IX.
En Italie, on invoque saint Gérard contre l'Epilepsie : on fait pour cela revêtir aux malades un habit de dévotion de couleur vert clair. La seule existence de cet habit couleur d’espérance et celle de la Confrérie, pour laquelle il a été spécialement créé en 1735, montrent assez quelle est l’im-
(1) Di Die heiUgenbilden. Berlin, 1845.
VINGT-CINQ MAI, SAINT MAXIME
portance du culte de saint Gérard dans le diocèse de Fermo. Sa Grandeur, Monseigneur l’évêque de Fermo a cédé à la paroisse de Lunel, en 1838, un des seuls ossements de saint Gérard qui existent encore ; l’ossement appartenait à un des chanoines de Monte-Santo qui s’en servait avec succès pour bénir les Epileptiques. D’après le propre du diocèse de Montpellier, il semblerait que saint Gérard est principalement invoqué contre les Maux de tête : « Populis non semel , per ipsius inter cessionem, adjutis in variis morbis, maximè capitis. » (Les peuples ayant été souvent, par son intercession, secourus dans les diverses maladies , surtout daus les Maux de tête).
Cette invocation s’explique d’ailleurs facilement par l’affection dont nous avons parlé plus haut et qui fut le prélude de sa mort.
(Ferrarius. — • Les Petits Bollandistes) .