VINGT-CINQ MAI, SAINT URBAIN
le créa diacre de l'Eglise romaine. L’archevêque de Florence étant mort, le clergé et le peuple le proclamèrent tout d’une voix pour occuper son siège. A cette nouvelle, Zènobe prit la fuite et il fallut toute l’autorité du Pape pour lui faire accepter cette haute dignité.
Zènobe gouverna son diocèse avec une extrême vigilance, pratiquant la vie la plus austère et la plus mortifiée. Dieu fit également briller en lui le don des miracles les plus éclatants. Il délivrait les possédés et ressuscitait les morts. Parmi les actes nombreux consignés par les Bollandistes, nous n’en citerons qu’un seul, souvent reproduit par les peintres, et qui fait le sujet d’un beau tableau de Ridolfo Ghirlandaio au musée des Offices de Florence.
^ Une dame gauloise, qui allait à Rome par dévotion, en passant à Florence, avait laissé a Zènobe son fils que la route avait rendu malade. Grande fut. sa douleur, quand elle apprit en revenant à Florence que son fils était mort. Désolée, elle fit apporter son corps aux pieds du saint évêque, le suppliant avec les larmes du désespoir de lui restituer celui qu’elle avait confié à sa garde. Saint Zènobe , ému de compassion, se mit en prières, fit le signe de la croix sur l’enfant et le rendit vivant à sa mère.
Zènobe , après avoir consacré sa vie tout entière au service de Dieu, mourut à quatre-vingts ans, le 25 mai 407. L’année suivante, son corps fut porté par les évêques à la Cathédrale qui, à cette époque, était sous le vocable de Saint-Sauveur. Un vieil orme desséché, qui se trouvait devant le baptistère, reverdit au contact des saintes reliques. A l’époque où le docteur Brocchi (1) écrivait son histoire des saints et bienheureux de Florence, le 25 mai, à la Cathédrale Sainte-Marie des Heurs qui a remplacé l’église de Saint-Sauveur, on bénissait chaque année dans la chapelle qui contient encore la tête du Saint et toutes ses reliques, des roses destinées à la guérison des malades, e specialmente dal dolore di testa (et principalement de ceux tourmentés par des douleurs de tête). Dans le même sanctuaire, contre le pilastre de la nef le plus rapproché de la porte du Cocomero, est un bénitier. On croit que le bassin qui contient l’eau, était l’urne cinéraire du saint évêque, et aussi les fidèles, quand ils prennent de l’eau bénite, ont l’habitude d’y appuyer leur tête avec dévotion (2).
Le souvenir de saint Zènobe est toujours resté en très grand honneur à Florence.
(Ferrarius. — Ribadaneira. — Brocchi).
SAINT URBAIN Ier , PAPE ET MARTYR
m* siècle. — 222 od 231.
Invoqué pour la Vigne, contre la Foudre et les Orages. — Patron
des Vignerons.
Les actes de saint Urbain sont très controversés. On lui conteste même son titre de martyr. Sans nous occuper de cette discussion qui ne rentre pas dans le but que nous nous sommes proposé, nous citerons seulement
(1) Vite deSanti e beati Fiorentini. Firenze, 1742.
(2) 11 en était ainsi au moins à l’époque où écrirait Brocchi.