VINGT-SIX MAI, SAINT GREGOIRE
à son tour, sous le nom de Grégoire VII ; mais, hélas ! bien des amertumes l’attendaient sur cette chaire apostolique. Tous ceux dont il avait réprimé l’ambition, cherchaient à s’en venger et l’attaquèrent par mille entraves dans sa juridiction ; ainsi fit, Boleslas II, roi de Pologne. Ce prince menait une vie débauchée ; réprimandé par la voix de saint Stanislas, évêque de Cracovie , Boleslas répondit à ses remontrances en l’assassinant au pied de l’autel où il allait officier. Grégoire VII aussitôt, le frappa d’anathème et lui ôta le titre de roi, pouvoir reconnu aux successeurs de saint Pierre, à cette époque de foi. Cet exemple ne servit pas à Henri IV, empereur d’Allemagne. Il affichait publiquement de honteux désordres et se livrait entièrement à la vente des charges de l’église, poursuivie à outrance par Grégoire VII. Pour mettre un terme à ces abus outrageants, Grégoire VII convoqua à Rome un concile chargé de réformer la discipline et les mœurs du clergé.
Henri IV voulut alors faire assassiner le pape, le peuple romain déjoua toutes les tentatives criminelles qu’il découvrit. Henri IV feignit des démarches hypocrites pour obtenir son pardon, et pendant ce temps son armée entrait à Rome, bloquait le château Saint-Ange, en arrachait Grégoire VII et le renfermait prisonnier à Salerne au Mont Gassin, tandis qu’un synode composé par l’empereur d’Allemagne, de prêtres corrompus ou effrayés, élisaient un antipape nommé Clément III et le mettaient à sa place.
Grégoire VII mourut à Salerne le 25 mai 1085, son corps fut enterré à Saint-Mathieu ; beaucoup de miracles, faits à son tombeau, vinrent attester sa sainteté, ses dernières paroles avaient été :
Dilexi justitiam et odivi iniquitatem, prop- J’ai aimé la justice et haï l’iniquité, c’est terea morior in exilio. pourquoi je meurs en exil.
Il est représenté une colombe sur son épaule, (la colombe est le symbole de l’inspiration) et prosterné devant une image de la sainte Vierge.
Il est resté fort honoré à Salerne, en Ûalmatie, en Bohême et en Hongrie, où régnait le saint roi Ladislas, au moment où saint Grégoire VII était un pape inébranlable dans ses doctrines et sa forte discipline.