VINGT-NEUF MAI, SAINT MAXIMIN
parcourue, sur la carte de l’Etat-Major et qu’elle était de cinquanteneuf kilomètres quatre cents mètres, près de quinze lieues. Il était resté quatorze heures à cheval le jour de la procession qu’un assez grand nombre de ses paroissiens ont suivie déjà quarante fois. Malgré la longueur et la difficulté du chemin, on chante et on prie pendant toute la procession. On donne la bénédiction à toutes les croix qui se rencontrent sur la route et on salue par une Antienne suivie d’un Verset et d’une Oraison, le Patron de la paroisse que l’on aperçoit, ou dans laquelle on se trouve. Cette dévotion extraordinaire, en souvenir de la translation des reliques de saint Maximin, est un éclatant témoignage de reconnaissance envers le saint évêque, et s’est propagée pendant quinze siècles jusqu’à nos jours.
A Trêves, un grand nombre de miracles se firent à son tombeau. Il se montrait surtout inexorable pour les Parjures. Saint Grégoire de Tours (1) raconte qu’un prêtre du nom d’Arbogast plaidait contre un certain Franc devant le Roi, qui le mit en demeure de confirmer ce qu’il avançait au tombeau de saint Maximin : « Que je sois écrasé par la puissance de ce « Saint si je dis quoi que ce soit de faux dans les demandes que je pour- « suis contre ce Franc ». Les deux plaideurs sortirent de la Basilique, et, comme ils marchaient ensemble par le chemin, Arbogast chancela, tomba sur le sol et mourut.
Le miracle qui suit est probablement l’origine de l'invocation contre les Périls de la mer : un habitant de la Frise, du nom d’Ilbon était sur mer, lorsque son navire fut assailli par une horrible tempête, et, comme il avait une grande dévotion pour saint Maximin , il se mit à l’invoquer ; aussitôt, il vit le Saint marcher sur les eaux brillant comme un soleil, qui lui dit : « C’est moi, ne craignez point ». Et aussitôt la tempête s’apaisa.
A Monterre-Silly, il est encore invoqué pour et contre la Pluie (2).
Saint Maximin est souvent représenté avec un ours marchant à côté de lui et portant son bagage. Cet ours avait dévoré l’âne qui faisait cet office, et le Saint pour le punir l’avait forcé à remplacer sa victime,
(. Êollandistes . — Manuel de laprocession de neuf lieues. Limoges 1843).