‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 610 sur 734 · TROIS JUIN, SAINTE CLOT1LDE · texte numérisé non relu

TROIS JUIN, SAINTE CLOT1LDE

lui apparaître et lui désigner l’habit dont il devait se revêtir désormais. Il l’adopta joyeusement, ne voulut y joindre ni chapeau ni chaussures, et il ajouta le nom de Peccador au sien, c’est-à-dire pécheur. Ce nom lui resta ; les malades le désignaient ainsi tout en l’aimant et le vénérant. Dieu se servait de lui et le voulait encore dans une vie de dévouement plus vaste. Il l’appela en deçà du Guadalquivir, à Xérès, en Andalousie, où il se dévoua aux prisonniers, aux malheureux égarés et aux pestiférés. Le démon lui livra alors des combats sans nombre pour le décourager ou le faire haïr par ceux qu’il secourait, mais le Bienheureux le déjouait toujours, rendait la santé aux fous, la sagesse aux esprits dévoyés ; il se multipliait à soigner les pestiférés et il mourut atteint de leur mal le 3 juin 1600. Personne n’osait l’ensevelir, son cadavre fut traîné dans une fosse à l’aide d’un crochet de fer. Tant de miracles attestèrent sa puissance, que plus tard il reçut une sépulture digne de lui, affirme un prêtre de Tordre de Saint-Jean-de-Dieu qui a fait un abrégé de sa vie.

SAINTE CLOTILDE (CLOTILDIS, CHROTILDÈS, CHROTECHILDIS),

Invoquée dans les fièvres pernicieuses, les maladies des enfants, pour les paralytiques, pour la conversion d’un mari, patronne des femmes mariées et des notaires.

Une femme et une colombe ont présidé aux destinées de la France et à l’influence essentiellement religieuse et civilisatrice que sa monarchie devait exercer dans le monde entier. Cette femme fut Clotilde, chrétienne fervente, que le roi païen Clovis voulut absolument épouser. Clotilde y consentit à la condition que le roi se convertirait au vrai Dieu. Clovis donna sa parole ; mais craignant de mécontenter son armée, il cherchait toujours un prétexte pour éloigner l’époque de son abjuration. Clotilde néanmoins redoublait ses instances et surtout ses prières. Clovis, alors en guerre avec les Allemands, livrait contre eux une bataille décisive dans les plaines de Tolbiac : son armée commençait à fléchir et une défaite paraissait inévitable ; quand un de ses fidèles compagnons d'armes lui dit d’invoquer le Dieu de Clotilde ; et alors, Clovis levant les yeux au ciel, s’écria à haute voix :

« O Dieu que Clotilde adore, j’implore votre aide en toute humilité ; si « vous me délivrez de ce péril, je croirai en vous, je me ferai baptiser et « recevoir votre religion dans tout mon royaume », il avait à peine terminé cette prière qu’une terreur subite s’emparait des Allemands et bientôt ils étaient en pleine déroute. Clovis hâta son retour dans ses étals, afin d accomplir le vœu qu’il avait fait. Clotilde , transportée de joie, lui envoya saint Remi, évêque de Reims, pour l’instruire des principes de la foi et lui faire reconnaître la vérité de la religion catholique. Le baptême eut lieu dans l’église de Reims et au moment où le saint eveque se disposait a verser l’eau sur le front royal, une colombe plus blanche que la neige, dit un ancien auteur ( I) apporta dans son bec une

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