APOTRE DU VIYARAIS, DU VELAY. ET DES CÉVENNES
XVII” siècle. — 1640.
Patron de la Société charitable pour la réhabilitation du Mariage, des
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Régis naquit de parents nobles le 31 janvier 1597, au village de Foncouverte, dans le diocèse de Narbonne. Dès l’âge le plus tendre, il était
(1) 3* volume de juin, page 388. F.
4311 SEIZE JUIN, SAINT JEAN FRANÇOIS RliGIS.
enflammé du désir de 1 apostolat, qu’il commença à exercer parmi ses condisciples. Après avoir fait ses études chez les jésuites de Béziers, il obtint son admission dans la compagnie, et entra le huit novembre 1616 au noviciat de Toulouse. Il prononça ses vœux en 1618, puis fut envoyé à Cahors pour y achever sa rhétorique, et l’année suivante à Tournon pour y faire sa philosophie. C’est là qu’il avait été surnommé 1 Ange du collège et aussi qu’il préluda à son apprentissage du ministère évangélique en prêchant et en convertissant les habitants des villages qui sont près de Tournon. Bientôt il fut chargé d'enseigner les humanités à Billom, à Auch et au Puy. En 1622, il fut rappelé à Toulouse pour y étudier la théologie. Après s’être dévoué dans cette ville, au service des pestiférés, il vint prêcher sa première mission à Montpellier où il convertit un grand nombre d’hérétiques, et retira du désordre plusieurs femmes de mauvaise vie.
Au milieu de toutes les fatigues de sa mission, il ne prenait pour toute nourriture que du pain et de l’eau : il y ajoutait quelquefois un peu de lait et des fruits. Il s’était interdit la viande, le poisson, les œufs et le vin. En 1633, l’évêque de Viviers appela le P. Régis dans son diocèse qui, depuis cinquante ans, était le centre du calvinisme et le théâtre de la guerre civile. Ses missions produisirent partout des effets surprenants. Ce fut dans ce diocèse qu’on l’accusa de troubler le repos des familles par un zèle indiscret. On était même parvenu à circonvenir l’évêque de Viviers qui, néanmoins, ne tarda pas à rendre hautement hommage à la vertu et à la prudence de notre Saint. Il évangélisa la petite ville de Cheylard, Privas, Sainte-Agreve et Saint-André de Faugas (ces deux dernières au diocèse de Valence), il retourna ensuite, en 1635, dans le Vivarais pour y donner une mission à Marthes. C’est là qu’une femme, qui avait raccommodé son manteau et en avait conservé deux pièces, guérit en les leur appliquant sur le corps, ses deux enfants dont l’un était attaqué d’hydropisie et l’autre d’une fièvre continue. De retour au Puy, vers la fin d’avril 1636, il consacra les quatre dernières années de sa vie à la sanctification du Velay. Il parvint à fonder, malgré de nombreux obstacles, une maison pour retirer les femmes de mauvaise vie. Un jeune homme, furieux de ce qu’il lui avait enlevé l’objet de sa passion, alla l’attendre dans un lieu écarté avec l’intention de le tuer. Régis, informé par révélation de son horrible projet, lui dit en l’abordant : « Mon frère, pourquoi voulez-vous tant de mal à celui qui vous veut tant de bien et qui serait heureux de vous procurer, au prix de son sang, le salut éternel. » Ce malheureux se jeta à ses pieds en lui demandant pardon et se convertit. La première mission qu’il fit en 1637 fut dans la petite ville de Foy. Là, il guérit le fils de son hôte, lequel âgé de quatorze ans était aveugle depuis six mois par suite d’une maladie grave. Après avoir passé l’été au Puy, il alla au mois de novembre donner une seconde mission à Marthes. Dans le trajet étant tombé, il se cassa une jambe, ce qui ne l’empêcha pas de faire encore deux lieues appuyé sur son bâton et soutenu par celui qui l’accompagnait pour atteindre le terme de son voyage. Arrivé à Marthes, il se rendit de suite à l’église où une grande foule l’attendait et il confessa le reste du jour. Le curé le pria mais inutilement de quitter le confessionnal pour faire soigner sa jambe, et le soir, lorsqu’on la visita, elle se trouva parfaitement guérie. Telle est l’origine de l’invocation contre les Ruptures de jambe.