‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 71 sur 734 · SAINT HONORAT, ÉVÊQUE D’ARLES · texte numérisé non relu

SAINT HONORAT, ÉVÊQUE D’ARLES

IV* ET Ve SIÈCLE. — 429.

Invoqué dans les calamités publiques. — Pour et contre la Pluie.

Malgré les liens qui l'attachaient au paganisme, saint Honorât , issu d’une noble famille romaine et originaire du territoire de Toul, vendit au profit des pauvres tous les biens dont il pouvait disposer, pour vaquer plus librement à tous les exercices de la vie chrétienne. L’aîné de ses frères, Venant, ayant suivi son exemple, l’accompagna dans un voyage sur les côtes de la Grèce pour étudier de plus près les vertus et les pratiques des moines de ces contrées. Après la mort de Venant qu’il perdit dans le Péloponèse, il prit le parti de revenir dans les Gaules et demeura quelque temps dans le creux d’un rocher, qu’on nomme encore aujourd’hui la Baume de saint Honorât , dans un lieu appelé le désert de Caparosse. Mais pour se dérober encore plus aux yeux du monde, il prit le parti de s’installer dans la petite île de Lérins, malgré les serpents qui y pullulaient et qui perdirent leur venin à son égard et à l’égard de ses

(i) Hittoire populaire des Papes, t. u, p. 2i0.

disciples. Là, contre son attente, il ne put vivre caché. Saint Léonce , évêque de Fréjus, l’éleva, comme malgré lui, à la prêtrise et voyant qu’on accourait de toutes parts pour se ranger sous sa conduite, il fit bâtir dans cette île un monastère qui fut un des plus célèbres du monde chrétien par la multitude des saints qu’il a donnés à l’Eglise et par l’alliance des exercices de la vie cénobitique avec ceux de la vie solitaire, alliance qui a fait la gloire de la règle de Lérins. Il gouverna longtemps ces monastères avec une grande édification et eut pour disciples saint Eucher et saint Hilaire d’Arles qui écrivit la vie de son maître et prédécesseur Honorât , que ses vertus finirent par faire élever sur le siège épiscopal d’Arles. Dans le gouvernement de son diocèse, il déploya la même charité et la même vigueur qu’il avait toujours montrées dans la direction de son monastère. Il n’occupa guère ce siège que pendant deux années et mourut dans le mois de janvier 429.

La Baume de saint Honorât était située entre l’île de Lérins et Fréjus. Vincent Barralis qui avait fait profession à l’Abbaye de Lérins le douze mars 1577, raconte dans sa chronologie de Lérins, publiée en 1613 à Lyon, qu’à cette époque les fidèles et surtout les habitants de Fréjus, lorsqu’ils étaient affligés par la trop grande abondance de pluie, par la sécheresse ou par quelque autre calamité y venaient en foule processionnellement pour apaiser la colère du Très-Haut. Dans le nord de l’Espagne, il est spécialement invoqué pour obtenir la pluie , comme le prouve le verset suivant d’un cantique catalan (Goigs) :

Aclama vostra grandeta La vila de Peramola Y no es ilia tota sola Qui favor reb ab prestesa En axut esta deesa Per vos pluias ha lograt.

[Les Bollandistes. — L’abbé Aubert : Saints du diocèse de Poitiers.)

Votre grandeur est acclamée par la ville de Peramole, et elle n’est pas seule à obtenir votre faveur. Son territoire dans la sécheresse obtient la pluie par votre intercession.

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