‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 732 sur 734 · SAINT DONAT, MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT DONAT, MARTYR

Invoqué contre la Fièvre, la Grêle, les Orages, l’Incendie. — Patron des

Boulangers.

, Le Saint dont il est question ici a souvent été confondu avec d’autres au même nom et surtout avec un évêque d’Arezzo (7 août). En 1649 le Père Bellom ou Bollavus, de la Compagnie de Jésus, chargé de découvrir et de reconnaître les corps des saints Martyrs, en avait trouvé un dans la catacombe de Sainte-Agnès, qui portait gravé sur la pierre de sa tombe : Sancti Donati Martyria. Ce corps avait été donné par le cardinal Gmetti au R. P. Bellom pour le récompenser des services rendus dans le cours d une si sainte occupation. Peu de temps après, le P. Bellom étant mort au Collège de Rome, on trouva dans sa chambre le précieux depot du corps de saint Donat enfermé dans une caisse. Le Père e on morency, alors vicaire général de la Compagnie, s’en empara

(1) Bulletin des Comités historiques , 1849 p 170

(2) Abbé Berthoumieu. Fêtes et Dévotions populaires, p. 166 (6) uulaure. Description de la France, 4» vol., p 282

TRENTE JUIN, SAINT DONAT

avec le consentement du cardinal Ginetti, qui fit apposer sur la caisse son double cachet.

Après être resté séquestré pendant près de deux années chez le Père de Montmorency, le Corps saint fut envoyé aux Pères du Collège de Munster-Eiffel, dans le duché de Juliers, où il arriva en 1652. Sa translation dans les provinces de Cologne et de Juliers fut accompagnée d Orages terribles qui suggérèrent la pensée de l'invoquer contre les Pénis et les désastres redoutables de la Foudre et de la Grêle. Comme ces invocations avaient été exaucées, elles firent des progrès rapides en Allemagne, surtout depuis qu’une parcelle des saintes reliques fut concédée, par les Jésuites de Munster-Eiffel aux capucins d’Arlon. Cette ville, à quatre lieues de Luxembourg, sur une éminence, ayant un couvent de capucins encore plus élevé, avait été réduite en cendres par le feu du ciel en l’année 1447. Depuis, il ne se passa pas d’année sans que la Foudre ne tombât tantôt sur l’hôpital, tantôt sur l’église de la paroisse, tantôt aux environs de la ville. En l’année 1707, la Foudre avait môme tué dans l’église le P. Alexis Blanchard, prédicateur stationnaire de la ville. Comme dans l’année 1719, le Tonnerre était tombé pour la troisième fois sur le couvent des Capucins, ils firent sculpter une belle statue de saint Donat et prirent grand soin d’y faire chanter tous les ans une messe solennelle ; aussi en 1736, quoiqu’une grêle des plus fortes tombât sur le couvent et sur la ville, cette Grêle, néanmoins, ne causa aucun dommage, ni aux jardins ni aux habitations. Un grand nombre de paroisses, tant du Luxembourg que de la France et de la Lorraine, qui avaient beaucoup souffert de cette Grêle meurtrière, se mirent cette année sous la protection de saint Donat.

Des billets, des images, des médailles, mis en contact avec les reliques du Saint, furent appliqués aux maisons et mis dans les tours, dans les champs, dans les vignes, dans les prés, dans les jardins, et les préservèrent le plus souvent des désastres causés parles Orages. En 1742, on érigea, canoniquement et à perpétuité, dans l’église des Pères Capucins d’Arlon, une confrérie de saint Donat approuvée par Benoît XIV.

Le Saint, si puissant pour arrêter le Feu du ciel, devait naturellement être invoqué contre les autres Incendies , et le P. Cahier est presque tenté de croire que les Boulangers l’ont choisi pour patron dans l’espoir qu’il les protégera contre les périls des Incendies dont ils sont plus fréquemment menacés que les autres professions.

Page 1