‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 82 sur 734 · AVEC EVE, LA PREMIÈRE FEMME · texte numérisé non relu

AVEC EVE, LA PREMIÈRE FEMME

Le Seigneur Dieu prit donc l’homme et le mit dan» le Jardin de délices pour le cultiver et le garder.

GENÈSE, y. 15, eu. n.

Patrons des Jardiniers et des Tailleurs.

Les Jardiniers les ont probablement choisis pour patrons à cause du beau Jardin dans lequel Dieu les avait placés pour en jouir sans travailler et qu’ils perdirent par leur désobéissance.

Le souvenir de la terre qu’ils furent obligés d’arroser de leur sueur pour lui faire produire des fruits, peut bien aussi avoir eu quelque influence sur le choix de ce patronage. Nous n’essaierons pas de reproduire le récit de la Genèse sur Adam et Eve , il est trop connu et retentit trop douloureusement dans le cœur de tous les fidèles. Nous ne mentionnerons d’après Petrus de Natalibus (2) que les faits plus ou moins contestés qui eurent lieu après leur expulsion du Paradis terrestre. Pendant qu’ils l’habitaient Adam et Eve ôtaient toujours restés vierges. Ils ne commencèrent à avoir des enfants qu’après en avoir été chassés. Eve enfanta d’abord Caïn et Calmana sa femme (d’ordinaire elle avait deux jumeaux), puis elle eut Abel et en même temps Delbora sa femme également. Ce ne fut qu’après le meurtre d’Abel qu’elle mit au monde Seth. D’après le même auteur, Adam aurait eu encore trente fils et trente filles, jumeaux comme les premiers. Après avoir vu ses enfants et les enfants de ses enfants jusqu’à la huitième génération, il mourut d’après la Genèse, à l’âge de neuf cent trente ans, trois mille soixante-dix ans avant Jésus-Christ, trois mille soixante-quatorze ans avant l’ère vulgaire. D’après l’Evangile apocryphe de Nicodème, comme il était fort malade, Seth, son fils, s’en alla trouver l’Ange qui gardait l’entrée du Paradis terrestre et lui demanda de l’huile de miséricorde pour en frotter son père et lui rendre la santé. L’Ange lui donna un rejeton de l’arbre qui avait été cause du péché d’Adam et lui dit de le planter, en ajoutant que lorsqu’il produirait des fruits son père guérirait. A son retour , il trouva Adam mort, l’ensevelit et l’enterra dans le même jardin, dit-on, où Notre Seigneur a été plus tard crucifié et enseveli.

Seth planta le rejeton sur le tombeau de son père ; il produisit un grand arbre qui continua à croître jusqu’au temps de Salomon. Ce roi le fit couper peu de temps après son avènement et le fit placer comme une marche pour arriver à son temple. La reine de Saba, quand elle visita le roi Salomon, aperçut cette pièce de bois et prophétisa que la mort de celui qui serait suspendu à cet arbre, serait cause de la destruction du

(1) Ch. X, vers. 2... et eduxit ilium ex peccato suo... et elle le tira de son péché.

(2) 23 janvier

VINGT JANVIER, SAINT SÉBASTIEN

royaume des Juifs. Salomon effrayé le fît enfouir le plus profondément qu’il lui fut possible ; mais à l’époque de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, cet arbre se retrouva à fleur de terre et fut choisi pour former la croix à laquelle il devait être al taché.

Dom Guéranger s’exprime ainsi dans son Année liturgique (1) : « La colline sur laquelle s’éleva l’étendard de notre salut s’appelait : le Calvaire, nom qui signifie : Crâne humain, et la tradition de Jérusalem porte que c’est en ce lieu que fut enseveli le père des hommes et le premier pécheur. Les saints docteurs des premiers siècles ont conservé à l’Eglise la mémoire d’un fait si frappant ; saint Basile, saint Ambroise, saint Jean Chrysostôme, saint Epiphane, saint Jérôme, joignent leur témoignage à celui d’Origène et les traditions de l’iconographie chrétienne s’unissent à la piété. On a de bonne heure adopté la coutume de placer en mémoire de ce grand fait, un crâne humain aux pieds de l’image du Sauveur en croix. » Sur les monuments plus anciens (2), au lieu de placer au pied de la croix une tête de mort et des os, on y représente Adam en chair et en os, surgissant de son tombeau et guéri, par cette résurrection, de la maladie de la mort que le péché lui avait inoculée...

Quant au patronage des Tailleurs, il vient sans doute de ce que Adam et Eve en se couvrant de feuilles après leur péché ont en quelque sorte inventé le premier vêtement. C’est pour cela qu’à la procession du centenaire de O’Connel, qui fut célébré à Dublin le 7 août 1875, on voyait défiler avec toutes les corporations irlandaises celle de V Union des Tailleurs avec un immense étendard représentant Adam et Eve et l’inscription : Nudus eram et operuisti me : J'étais nu et vous m'avez vêtu (3).

(Petrus de Natalibds. — Dom Calmet. — Les Petits Bollandistes) .

Page 1