SAINT SÉBASTIEN, DÉFENSEUR DE L’ÉGLISE, MARTYR
Patron des Archers, Arquebusiers, Arbalétriers, Marchands de ferrailles, Aiguilletiers, Confréries pour porter les morts, Compagnons paveurs, Grainetiers, Vergetiers, Brossiers, Raquettiers, Tanneurs, Jardiniers. — Contre la Peste, les Epidémies, les Epizooties, les Ennemis de la Religion, les Dangers de l’Hérésie, dans les Combats, pour les Agonisants.
e père de saint SébasLien était de Narbonne et sa mère était milanaise. Il naquit à Narbonne, où l’on montre encore sa maison, et fut élevé à Milan. Il embrassa la profession des armes, et ses grandes vertus, jointes à l’illustration de sa famille, le firent bientôt nommer capitaine des gardes de l’empereur Dioclétien. Dans cette brillante position, Sébastien, chrétien de cœur, visitait les fidèles détenus dans les prisons, les animait au martyre par ses puissantes exhortations et amenait à la foi de Jésus-Christ ceux-la mêmes qui venaient, par leurs larmes et leurs
(1) P. 567. La Passion et la semaine sainte.
(2) Notamment sur un émail du commencement du XIII® siècle qui se trouve au Musée de Nevers.
(3) Voir le journal l 'Univers, il août 1875.
VINGT JANVIER, SAINT SÉBASTIEN
supplications, conjurer leurs parents de sacrifier aux faux dieux pour éviter le dernier supplice.
Il fut dénoncé à Dioclétien qui le fit venir et lui dit : « Je t’ai toujours « donné place parmi les premiers officiers de mon palais : et toi, juste qu’ici, pour la ruine de mon trône et de ma vie, tu as prodigué, dans « le secret, l’injure à nos dieux. » Sébastien lui répondit : « C’est pour « ton salut que toujours j’ai honoré le Christ ; c’est pour le salut de « l’empire romain que toujours j’ai adoré Celui qui règne dans les « cieux, convaincu que c’était vanité et folie de demander du secours à « des pierres. »
Alors Dioclétien, plein de colère, le fit attacher à un poteau, afin qu’il servit de but aux archers, et bientôt d’après ses actes, tout le corps du martyr fut couvert de leurs flèches, comme un hérisson garni de ses dards.
Ils le crurent mort et s’éloignèrent. Cependant, la veuve du martyr Castulus, nommée Irène, vint la nuit pour l’enlever et l’ensevelir. Elle le trouva vivant, et après qu’elle l’eût emmené dans sa demeure, et qu’elle eut pansé ses plaies, il fut guéri au bout de très peu de jours. Malgré les supplications des chrétiens, il vint se placer un jour sur le passage des empereurs, et, comme il leur reprochait de laisser calomnier , par les pontifes de leurs temples , les chrétiens qui ne cessaient point de prier pour le salut de l’empire, Dioclétien donna l’ordre qu’il fût accablé de coups jusqu’à ce qu’il rendît l’esprit ; puis les bourreaux jetèrent son corps dans le cloaca maxima ; mais Sébastien apparut en songe à une pieuse dame romaine, nommée Lucine, et lui dit: «Dans « le cloaca, près du cirque, tu trouveras mon corps accroché à un clou « et tu le porteras aux Catacombes pour l’y enterrer, à l’entrée de la « crypte des Apôtres. » Lucine exécuta ses intentions avec la plus religieuse exactitude. Le cimetière où furent déposées les reliques de saint Sébastien, anciennement celui de Callixte, porte depuis longtemps le nom de Catacombes de Saint-Sébastien. A l’entrée de ces catacombes, se trouve une église bâtie par le pape Damase. Hilduin, abbé de Saint-Médard en 825, dans un voyage qu’il fit à Rome, obtint du pape Eugène II le corps de saint Sébastien qui fut transféré à Soissons le 9 novembre 826. Deux ans plus tard, la Picardie fut affligée d’une peste terrible : c’est alors que le culte de saint. Sébastien s’établit dans tout le diocèse d’Amiens.
Maintenant pourquoi saint Sébastien est-il principalement invoqué contre la Peste ? Philibert Marchin de Novarre, parlant en ses problèmes de cette invocation , raconte la conjecture de Pierius Yalerianus, qui dit : « Que les flèches sont l’hiéroglyphe de la Peste, non seulement chez les Anciens qui la marquaient par les ftéches d’Apollon dardées contre les Grecs, mais encore dans l’Ecriture sainte, où cette maladie est regardée comme les flèches de Dieu. »