SAINTE GLOSSINDE OU GLOSSINE, VIERGE, PATRONNE DE METZ
Vll° SIÈCLE. — 608.
Jlossinde était fille du duc Wintron, un des grands seigneurs de la cour d’Austrasie. Dès ses plus tendres années elle consacra à Dieu sa virginité ; ses parents voulaient absolument la marier à un jeune seigneur nommé Obolenus. A la suite de quelques soupçons qui planèrent sur lui, ce jeune jhomme fut arrêté par ordre de la cour et perdit la tête sur l’échafaud, le jour même fixé pour le mariage. Les parents de Glossinde voulurent lui faire contracter un autre engagement, mais elle s’enfuit à Metz et se réfugia dans l’église de Saint-Etienne, un des asiles les plus sacrés du pays. On tenta de la contraindre parla faim à en
sortir ; elle resta six jours sans prendre aucun aliment ; le septième, on vit paraître un homme, d’un visage angélique, suivi de deux jeunes hommes d’une merveilleuse beauté, qui s’approcha de Glossinde. Elle tenait alors l’autel embrassé, il lui couvrit la tête d’un voile ; ses parents comprirent que Dieu exprimait sa volonté ; ils la laissèrent libre désormais de pratiquer la vie religieuse. Elle se retira d’abord à Trêves près de sa tante paternelle qui se trouvait depuis de longues années supérieure d’une communauté de filles ; puis elle revint à Metz et elle y fonda un monastère de l’ordre de Saint-Benoit où elle se vit bientôt à la tête de cent religieuses. Elle les gouverna pendant six ans avec une sagesse admirable, et elle rendit son âme à Dieu, à l’âge de 30 ans, vers l’an 609. Son corps, d’abord enterré dans l’église des Apôtres, fut transporté vingt-cinq ans après dans une église neuve, dont elle indiqua elle-même l’emplacement ; enfin en 830, il fut transféré dans l’église que la Sainte avait elle-même bâtie et qui se trouve construite dans les remparts de Metz. D’après les numéros 106 et 164 du journal le Pèlerin, sainte Glossinde, patronne principale de Metz, avait toujours été invoquée contre les ennemis qui voulaient prendre la ville, et la légende rapporte qu’elle apparaissait surle muràl’heure du danger, elle avait pour mission de défendre les remparts de la ville qu’on appelle, sans doute à cause de cela, les Remparts de la Vierge ; aux jours des grands périls, on portait ses reliques en procession et aussi la place n'avait jamais capitulé depuis qu'elle était entourée d’une enceinte fortifiée, et jusqu’en 1870 on l’avait toujours appelée la Pucelle. A cette époque néfaste, on eut rougi de la porter autour de ces murailles qu’elle avait toujours gardées, et maintenant Metz est perdu pour nous.
Que les Français et les habitants de Metz se souviennent de sainte Glossinde et la supplient de faire rendre à la France, la fille aînée de l’Eglise, un des plus beaux joyaux de sa couronne, qu’un jour de malheur en a détaché.
(Les Petits BolUndistes. — Le journal le Pèlerin.)