VINGT-CINQ JUILLET, SAINTE GLOSSINDE
route, il subit une horrible tempête qui partagea en deux le navire sur lequel il était monté ; il arriva néanmoins à Lima avec les autres missionnaires. Delà, il fut envoyé à plus de sept cents lieues, dans la province de Rio de la Plata, pour évangéliser les peuplades errantes à travers les forêts et les déserts. Par son humilité et sa charité, il y acquit bientôt une véritable autorité. Un jour de Jeudi-Saint, pendant que les fidèles étaient absorbés par les divins offices, survint une armée de Barbares qui allaient mettre toute la contrée à feu et à sang. François Solano s’avança seul au-devant d’eux et , quoiqu’ils parlassent des langues différentes, il leur annonça dans une seule langue la paix et la concorde. Ils le comprirent tous si bien que plus de neuf mille de ces Barbares demandèrent et reçurent le baptême. Un autre jour, comme il prêchait devant une grande multitude, il apprit que ces peuples, à cause du manque d’eau, étaient sur le point de quitter le pays à leur grand regret. Saint François, par une inspiration d’en haut, sortit avec eux dans un champ et, désignant avec un bâton un endroit tout à fait aride, il leur ordonna d’y creuser. A peine eurent-ils enlevé un peu de terre qu il en sortit une fontaine d’eau douce très abondante qui fait tourner deux moulins et que les habitants, Espagnols et Indiens, n’ont cessé d’appeler depuis la fontaine de Saint-Solano.
En 1603, prêchant dans la ville de Truxillo, non loin de Lima, il annonça expressément, quinze ans d’avance, que la première de ces villes serait détruite avec l’église où il prêchait, mais non pas la chaire qui resterait intacte au milieu des ruines; ce qui s’accomplit à la lettre, par un Tremblement de terre le 14 février 1618. C’est là le point de départ de l’invocation qui lui est adressée.
Dans les deux mois qui précédèrent sa mort, il était exténué par une fièvre continue. Il prédit qu’il mourrait le jour de saint Bonaventure. En efi'et, le 14 juillet 1610, au moment où l’on chantait le Credo, il s’écria en regardant le crucifix et en croisant ses mains : « Glorifié soit Dieu », et il mourut à l’âge de soixante et un ans. Des miracles sans nombre attestèrent aussitôt sa sainteté. Il fut canonisé en 1726 par Benoît XIII.
(Rohrbacher).