SAINT DOMINIQUE
FONDATEUR DE L’ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS xii* et xm* siècle. — H70-1221.
Invoqué contrôla Fièvre. — Patron des Tailleurs, Oulottiers, Couturières
et Costumiers.
ibadaneira appelle saint Dominique le glorieux Patriarche, la Lumière du Monde, la Colonne de l’Eglise, le Boulevard de la Foi, la Gloire de l’Espagne et le Fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs. Il naquit en 1170 à Calahorra, dans le diocèse d’Osme (Vieille-Castille). Son père était de l’ancienne et noble famille des Gusman et sa mère Jeanne de Bretagne avait pris le surnom d’Aza, de la seigneurie quelle possédait. Pendant qu’elle était enceinte, elle eut une vision dans laquelle elle semblait porter dans son sein un chien tenant en sa gueule un flambeau ardent dont il éclairait et embrasait tout le monde.
Elle était venue faire une neuvaine au monastère de saint Dominique de Silos auquel, alors comme aujourd’hui, on avait recours pour les accouchements heureux. Quand l’enfant vint au monde, il fut appelé Dominique, du nom de son patron Dominique de Silos. Après qu’il eut reçu le saint sacrement du baptême, sa marraine vit eu songe, au milieu de son front, une étoile si brillante qu’elle étendait ses rayons sur toute la terre.
On raconte que de même l’ayant mené à la messe au monastère de Silos, le célébrant, au lieu de dire Dominus vobiscum, s’écria : Ecce reformator ecclesiæ.
Il fut élevé en grande partie par un de ses oncles, archiprêtre de l’église, Guuiel d’Yzan, qui lui inculqua la crainte de Dieu et le germe de toutes les vertus chrétiennes. Plus tard, ses parents l’envoyèrent à
Palencia. Là il s’adonna à l’étude de la philosophie eL de la métaphysique, sans négliger le salut de son âme, vaquant à l’oraison avec la plus grande assiduité et se livrant aux austérités les plus sévères.
A l’âge de vingt-cinq ans, l’évêque d’Osme l’attacha à son église comme chanoine régulier et archidiacre. Pendant deux années, de 1200 à 1202, il parcourut les bourgades de Palence et d’Osme, préludant à la prédication qu’il devait pratiquer plus tard avec tant d’éclat en enseignant le chemin du ciel à toutes ces populations. Le même évêque i’ emmena avec lui en France où il était envoyé par Alphonse, roi de Castille, pour la solution d’affaires très importantes. Dominique , en passant par Toulouse, convertit le premier albigeois chez lequel il était logé. A la cour de France, il trouva la reine Blanche, la mèie de saint Louis, douloureusement affectée de n’avoir point d’enfant. Il lui conseilla la pratique assidue du Rosaire, et de prendre ainsi la sainte Vierge pour médiatrice. Elle le fit ; bientôt Dieu combla tous ses désirs en lui accordant la grâce de devenir mère du glorieux saint Louis. Au retour, toujours avec l’évêque d’Osme, il arriva à Montpellier où l’hérésie des Albigeois faisait, chaque jour, les plus grands progrès. Dominique ne craignit pas de les attaquer de front. Ils avaient écrit un certain livre contenant tous les arguments de la secte. Dominique en composa un autre où resplendissait la vérité catholique. Les deux livres furent jetés dans un foyer ardent à la vue de toute la population. Celui des hérétiques fut brûlé à l’instant, celui de Dominique, au contraire, s’envola en l’air sans avoir subi aucun dommage. Les hérétiques s’obstinèrent par trois fois à jeter au feu le livre du Saint. Trois fois il en sortit intact, ce qui ramena à la foi un grand nombre des assistants.
Après la mort de l’évêque d’Osme, saint Dominique fut chargé de la direction à imprimer à la lutte contre les Albigeois. Il y consacra, pendant dix années, toute l’énergie qui le caractérisait. Il allait de village en village, pieds nus, faisant éclater partout son amour pour Dieu et sa charité envers le prochain, passant à travers les armées et s’exposant à toutes sortes de périls, sans reculer jamais devant aucun obstacle. C’est ainsi qu’il parvint à ramener, au sein de l’Eglise catholique, près de cent mille âmes qui étaient perdues.
Le Pape le fit inquisiteur contre les hérétiques et il exerça cette charge en employant toutes les armes spirituelles pour les réduire. Les armes temporelles des princes catholiques furent aussi employées et grâce aux conseils et aux prières du Saint, elles obtinrent des succès inespérés. Simon de Montfort, entre autres, général de l’armée catholique, qui n’était composée que de huit cents chevaux et de mille piétons, mit en déroute complète cent mille hommes, après en avoir tué vingt mille. Durant ce combat, saint Dominique priait pour eux, versant de chaudes larmes, les mains levées au ciel.
^ Notre Saint, dans le but de faire approuver par le Pape l’Ordre des Frères prêcheurs, dont il méditait depuis longtemps la fondation, accompagna à Rome Foulque, évêque de Toulouse, qui s’y rendait pour la célébration du concile de Latran. Le diable mit tout en œuvre afin d’entraver le projet du Saint; mais le Pape Innocent III, ayant vu en songe 1 église de Saint-Jean de Latran lézardée de toutes parts et prête à s écrouler, que saint Dominique soutenait sur ses épaules et empêchait de tomber, le fit venir le lendemain et lui conseilla de choisir parmi
celles approuvées déjà par le saint Siège, la règle qu’il jugerait la plus convenable et qu’il la lui accorderait. Dominique revint à Toulouse pour se concerter à ce sujet avec ses disciples, et comme Innocent III mourut dans l’intervalle à Pérouse, ce fut Honorius III, son successeur, qui fit expédier, le 22 décembre 1216, la bulle de confirmation de l’Ordre des Frères prêcheurs.
Saint Dominique, étant un jour en oraison dans l’église de Saint-Pierre du Vatican, aperçut Notre Seigneur Jésus-Christ tenant dans sa main trois javelots pour punir le monde ; mais comme personne ne pouvait arrêter sa colère, il vit tout à coup la sainte Vierge prosternée à ses pieds et présentant à son fils saint Dominique et saint François cl’ Assise qui, par leurs prédications, devaient forcer les pêcheurs à venir à résipiscence. A cette vue, Notre Seigneur, s’apaisa et laissa tomber les javelots de ses mains. En sortant de l’église, Dominique rencontra le glorieux saint François, et quoique les deux Saints ne se fussent jamais vus, ils se reconnurent néanmoins et tombèrent dans les bras l’un de l’autre.
Le Pape l’établit Maître général de la congrégation naissante, et son premier soin fut de répartir ses disciples dans différents pays.
Il en envoya à Paris, en Espagne, en Italie, principalement à Bologne où il établit sa résidence, après y avoir célébré un premier chapitre général de son Ordre. Il alla lui-même en Espagne pour communiquer aux royaumes de Castille dont il était originaire, la lumière de sa doctrine. Il vint à Ségovie et de là passa à Madrid où il établit un monastère de filles de son Ordre. En revenant d’Espagne il traversa la France et vint à Paris où il trouva trente de ses religieux possédant déjà quelques bâtiments dans l’Université et une ancienne chapelle sous le vocable de saint Jacques. C’est à cause de cette chapelle qui adonné le nom à toute la rue saint Jacques, qu’on les appela Jacobins.
De retour à Bologne, il célébra le deuxième chapitre général de l’Ordre, qui fut le dernier. Un ange lui fut envoyé pour lui annoncer l’approche de sa mort. Il fut saisi d’un grand mal de tête, d'une fièvre continue et d’un cruel flux de sang qu’il endura avec une patience admirable. Ne voulant pas d’autre lit que la terre, il fit sa confession générale et reçut les sacrements de l’Eucharistie et de l’Extrême-Onction. Après avoir adressé à ses religieux les exhortations les plus touchantes, il leur donna sa bénédiction ; mais « on dit, ajoutent les Petits Bollandistes, qu’il fulmina sa malédiction contre ceux qui corrompraient ou altéreraient les constitutions de son Ordre ou qui introduiraient des nouveautés contre la pureté de l'observance. »
Saint Dominique a été le premier instituteur du Rosaire et de la confrérie qui porte ce nom. Cette dévotion fut pour lui d’un secours puissant contre les hérétiques et notoirement dans la ville de Carcassonne dont il convertit presque tous les habitants. Il la propagea en Espagne et en Bretagne. On évalue à plus de cent mille le nombre des Albigeois convertis par cette prière.
Dans le Rituel espagnol imprimé à Barcelone en 1862 (1) on trouve la piière suivante :
(1) Proniario para la administration de los sanlos sacramentos y btnedicionei. Dnrcelona,
ORACION DK N -P. santo Domingo, contra las calenturas.
Jésus Maria; filius, sit tibi clemcns et propilius. Amen.
Christus vincil, Chnslus régnât, Christus imperat, Christus ab omni malo le defendat ; Jésus Nazarenus te sanet ; ipse dominas, qui te traxit ad fidem catholieam, le in ea conservet ; te beatum facial et te liberet ab hac infirmitate.
Socrus autem Simonis lenebatur magnis pebribus si vogaverunt ilium pvo ea et stans super illam imperavit febri et dimisit illam I et conlinuo sur gens ministrabat illis.
Benedictus redemptor omnium qui, saluti providens hommum mundo dédit san'ctum Oohinicdm.
O spem miram, quam dedisti mortis hora te flentibus, dum post modem promisisli, te profuturum fratribus ; impie, pater, quod dixisti, nos tuis juvans precibus ; qui tôt signis elaruisli in ægrorbm corporibus, nobis opem ferens Chnsti, ægris medere moribus. Impie, paler, quod dixisli nos tuis juvans precibus .
Ora pro nobis, Beate pater Dominice.
Ut digni efficiamur promissionibus Christi.
OREMÜS
Concédé, quœsumus, omnipotens Deus, ut qui peccatorum nostrorum, pondéré prœmimur, beali Dominici confessoris lui patris nostri patrocinio sublevemur.