SAINTE RADEGONDE, REINE DE FRANCE
PATRONNE DE POITIERS vi" siècle. — S87.
Invoquée contre la Lèpre, la Gale, les Ulcère» et la Fièvre des enfants.
Patronne des Tisserands et des Potiers de terre.
Radegonde était fille de Berthaire, roi de Thuringe. qui fut assassiné nar son jeune frère Hermenfroy, dans le but de s’emparer de son royaume. Les dix premières années de son enfance s écoulèrent sous les yeux de ce dernier qui, à son tour, fut détrôné par Thierry, roi de Metz et Clotaire, roi de Soissons. Radegonde échut a Clotaire. Ce prince séduit par les agréments de l’esprit et par les grâces naturelles de sa captive, lui donna un train de maison conforme à son rang et la fit instruire dans l’intention d’en faire un jour son épouse. « Lin teifeen ce élevée l’esprit vif et le jugement solide de Radegonde , dit 1 abbe Aubei t, lui facilitèrent de rapides progrès dans ses études. » Bmntot elle se prépara au saint baptême qui lui fut administré par saint Medard.
P Dès ce moment, elle embrassa la vie chrétienne avec toutes ses vertus toutes ses austérités et toutes ses humiliations. L exemple des maityis étah sans cesse devant ses yeux ; autant qu’ü était en son pouvoir, elle essayait de les suivre en martyrisant son corps délicat par les jeunes, les veilles et les disciplines. Oubliant son rang de .prin cesse, elle l’office de servante, balayait la maison apprê table ceux qui la devaient servir Quand elle fuf en Clotaire la fit venir à Soissons ou il avait résolu de la proclamer rein de France et d’Austrasie. Radegonde, voyant
inattendue ses projets de conserver sa virginité, prit 1» • “ tc a 1 “ de la nuit ; mais elle fut ramenée au roi qui 1 épousa et célébra les o .
aTesS\mineurs,enioin° d’apporter quelques changements a la vie de Radegonde lui firent encore redoubler ses austérités et ses pénitences. D’une sévérité excessive pour elle-même, elle usait d une extreme
treize août, sainte radegonde.
ceur envers son prochain, s’efforçant de lui venir en aide dans toutes ses misères spirituelles et temporelles. Elle allait très souvent dans un hôpital où elle lavait les plaies des lépreux. Elle frottait elle-meme, avec des onguents, les ulcères les plus horribles à voir des malades qu elle embrassait ensuite comme les membres du Sauveur. (La Mère de BLemur, 3e vol., p. 242):
Elle en guérissait plusieurs par le simple attouchement de ses mains et c’est là certainement lbfdgihe de l’invocation contre la lèpre, la gâte
et les ulcères.
Une conduite aussi admirable ne s’accordait pas avec le caractère du roi qui cherchait des prétextes pour l’éloigner de la cour. D’un autre côté, Clotaire avait commis un acte abominable en tuant le propre frère de Radegonde, qu’on avait accusé à faux de vouloir conquérir la Thuringe. Par ce fait seul, elle se trouvait déliée envers lui. Elle alla donc trouver saint Médard à Noyon et lui demanda le voile de religieuse. Le saint évêque se refusa d’abord à lui accorder sa demande. Radegonde lui parla avec tant de conviction et d’entraînement, en l’assurant du consentement de son mari, que, par une inspiration divine, saint Médard lui imposa le voile qui avait toujours été l’objet de ses désirs les plus ardents. Le roi en fut immédiatement averti et donna son consentement. Radegonde avait alors vingt-six ans.
Après avoir fondé à Poitiers le monastère de Sainte-Croix, elle s’y retira pour achever son noviciat. C’est là qu’elle eut encore une terrible appréhension. Clotaire, bien qu’il eût consenti à se priver d’elle, voulut absolument la revoir et menaçait de l’enlever de gré ou de force. Elle vint se réfugier dans l’église de Saint-Hilaire de Poitiers qui était un asile inviolable. Puis elle s’adressa à saint Germain, évêque de Paris, qui parvint à détourner Clotaire de son projet.
Ce fut alors qu’elle fit sa profession, en se couvrant du voile noir, au milieu d’un grand concours de la noblesse et du peuple.
A mesure que son amour pour son céleste époux prenait un plus grand développement, elle se montrait encore plus dure pour elle-même. Elle se faisait la servante de toutes ses compagnes, elle nettoyait la vaisselle, enlevait les immondices, fendait le bois, servait les malades et puisait de l’eau pour le service des cellules. Elle portait des robes rapiécées et couchait sur la cendre couverte d’une haire. Pendant le premier carême, depuis sa profession, elle ne mangea du pain que le dimanche, ne prenant les autres jours que des racines de mauves crues. Elle ceignait son corps de trois cerceaux de fer et ses bras de chaînes si serrées que la chair finissait par les envahir et qu’on ne pouvait les ôter qu’en pratiquant des incisions. Une autre fois, elle s’appliqua une lame de fer. en forme de croix, qu’elle avait fait rougir au feu.
Après la mort de l’abbesse, les religieuses, d’un commun consentement, l’élurent à sa place. Dans ces nouvelles fonctions, elle redoubla encore de sainteté, donnant à ses sœurs les instructions les plus utiles et les plus salutaires. Pour chasser les mauvais songes de la nuit, elle les bénissait avant qu’elles ne montassent au dortoir et alors on voyait s’enfuir une grande quantité de diables qui étaient venus pour les tourmenter pendant leur sommeil.
Un an avant sa mort, Notre Seigneur lui apparut et lui dit qu’elle serait bientôt une des pierres les plü'è précîeüsès de sa couronne.