DIX-HUIT AOUT, SAINTE HÉLÈNE
chargé d’ordure au-dessous, qui allait l’étouffant et lui causait un nompareil crève-cœur par une infusion si infecte. Outre ces outrages, il fut encore fouetté dos et ventre, pour la troisième fois, par quatre bourreaux, cruellement avec des nerfs de bœuf. O piteux spectacle en une si tendrette peau. »
Ribadaneïra ajoute que non satisfait de cette troisième flagellation, on lui rompit en outre les mâchoires et les dents à grands coups de poing ; ce qui explique suffisamment l’invocation pour la dentition des enfants ; après cette abominable cruauté, par une permission de Dieu, le juge fut précipité de son siège et mourut misérablement. L’empereur Aurélicn, dans le paroxysme de la colère, ordonna qu'Agapit fut livré aux botes : mais s’approchant de lui, elles lui léchèrent les pieds et le caressèrent. Ce fut alors que les satellites de l’empereur tranchèrent la tète du bienheureux martyr. Ses reliques sont conservées aujourd’hui dans la ville de Palestrina. Toujours d’après l’abbé Corblet, en Flandre, en Artois, en Picardie, saint Agrapart était généralement invoqué pour 1?S femmes en couches, pour les tranchées et la dentition des enfants. On accrochait à sa statue des morceaux d’étoile appartenant aux malades et qu’on appelait Pancliettes.
Le culte de saint Agapit, continue le même Hagiologue, s’est conservé plus ou moins à Athies, Roye, Ilam, Eclusier ; le pèlerinage de cette dernière localité jouit d’un certain renom. On y porte les enfants atteints de coliques devant la statue du Saint : les parents, avant de se retirer, font toucher à l’image les langes dont l’enfant malade devra être enveloppé. A Saint-Pierre-de-Roye, on se contente de faire baiser la statue à l’enfant. Au prieuré de Notre-Dame de Montdidier, on conservait une relique de saint Agrapart qu’on invoquait contre les Maux de centre.
(Rihadaneiha. — Hagiographie d'Amiens.)