‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 196 sur 724 · DIX-NEUF AOUT, SAINT M ARIEN · texte numérisé non relu

DIX-NEUF AOUT, SAINT M ARIEN

ration pour ses vertus, il voulait l’élever au sacerdoce malgré lui. Marien jugeant alors qu’il n’avait point atteint son but, résolut de chercher une solitude plus profonde. 11 partit donc d’Epineuil, gagna entre Evaux et Montluçon les bords escarpés du Cher, hérissés de hauts rochers, creusés de ravins profonds et couverts de bois épais, ce qui les rendait, pour ainsi dire, inabordables. Errant dans ces lieux inaccessibles, à la manière des patriarches, il n’y avait point de demeure fixe. Vêtu d’une peau de brebis, pour se soustraire aux intempéries de l’air, il se retirait dans le tronc pourri de quelques vieux chênes, ou dans le creux de quelques grands rochers. L’eau du fleuve lui servait de breuvage ; il se nourrissait de racines, de fruits sauvages ou du miel qu’il trouvait dans ces bois. Quelquefois même, ses visiteurs lui en apportaient, car, malgré toutes ses piécautions, il finit par être découvert ; toutefois, il en ôtait moins incommodé, parce qu’on ne savait où le trouver : on le rencontrer difficilement ; parfois même, après beaucoup de temps, de fatigue et de peine, il fallait y renoncer. L’hymne qu'on chantait au jour de sa fêle, à Evaux, nous apprend qu’il passa plus de quarante ans dans cctle sauvage et profonde solitude, tout occupé de la gloire de Dieu et du salut de son àme.

Enfin, des hommes qui le cherchaient, désespérant déjà de le découvrir, remarquèrent près du fleuve la place où il s’était mis à genoux pour boire. Observant avec soin la trace de scs pas, ils la suivirent fidèlement et arrivèrent à quelque distance de là où ils le trouvèrent à micôte, étendu mort sous un pommier. Ils l’emportèrent avec respect à Evaux, lieu de leur habitation ou lieu, sans doute, le plus près habité. A cause de sa sainteté bien connue et des merveilles opérées par son intercession, il fut enseveli dans l’église très honorablement.

Dès lors, tout le peuple des environs, à part quelques rares impies, se fit un devoir de célébrer solennellement le jour de sa mort, et cela à son grand avantage, car il se fit de nombreuses guérisons à son tombeau- Enfin, l’an 1300, on exhuma les précieuses reliques, on les enferma dans une belle châsse d’argent et l’évêque de Limoges les plaça sur les autels. Evaux et Courçais se mirent sous son patronage ; et il a montré sa puissance auprès de Dieu, dans le cours des âges en une foule de circonstances, surtout pour la délivrance des femmes en couches et la découverte des objets perdus. Aussi son culte s’est-il perpétué, toujours florissant, jusqu’à nous. Maintenant encore, le dimanche après le dix octobre, en mémoire de la translation de ses reliques, il se fait un très édifiant pèlerinage aux lieux où il a vécu et où il a ôté trouvé mort. On y accourt de plusieurs lieues à la ronde, principalement des environs d’Evaux, de Marcillat et de Montluçon.

Quant aux invocations que nous avons signalées, elles s’appuient sur les faits historiques. Qu’il nous suffise d’en citer deux seulement d’après saint Grégoire de Tours. Un paysan, dit-il, avait perdu scs bœufs, il suivit la trace du voleur, puis ne la distinguant plus, il accourut les réclamer au tombeau de saint Marien. Sa prière finie, il sort de l’cglise et aperçoit un homme à cheval amenant des bœufs ; c’est son voleur qui s’est égaré et revient au lieu d’où il estparti. Notre paysan, persuadé que c’est à saint Marien qu’il doit son bonheur, lui en rend de grandes actions de grâces et laisse le voleur s’en aller librement en sa considération. .

L’autre a rapport aux jugements téméraires : La mort de saint Marien

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