‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 20 sur 724 · SAINT THIBAULT DE MARLY, ABBÉ DE VAUX-CERNAY · texte numérisé non relu

SAINT THIBAULT DE MARLY, ABBÉ DE VAUX-CERNAY

Invoqué contre l’Incendie et pour avoir des Enfants.

ouchard de Montmorency, baron de Marly, avait pour fils aîné le jeune Thibault . charmant jeune homme rempli d’intelligence, de savoir et d’adresse en toutes choses. Il aimait la Sainte Vierge si profondément, qu’ayant appris à un tournoi où il se promettait de brillants succès, que Ton célébrait non loin de là une messe en l’honneur de la mère de Jésus-Christ, il abandonna le tournoi sans hésiter et sans regretter les chances qu’il allait perdre. En sortant de la messe, il fut bien surpris de s’entendre féliciter sur la victoire qu’il venait de remporter au tournoi dont il était loin. Il comprit aussitôt que son bon ange avait pris sa place non seulement pour le récompenser d’avoir préféré la Sainte Vierge aux jeux du monde, mais pour lui prouver qu’elle n abandonne jamais ceux qui l’aiment et qui la servent avant de calculer leurs intérêts terrestres. Thibault se dit alors qu’il se dévouerait entièrement à cette protectrice puissante et à son divin üls. Il entra dans l’abbaye de Vaux- Cernay de Tordre de Citeaux non loin de Paris. Son extérieur distingué aurait suffi pour le faire remarquer, mais son obéissance, sa piété, sa douceur étaient si hors lignes que tous les moines l’apprécièrent et le

huit juillet, saint aquila.

réclamèrent comme prieur du monastère. Il le devint effectivement mais craignant que ce poste ne fût un échec pour son humilité, tout en s’en acquittant avec zèle et hon jugement, il s astreignait a ne lem- Dlir nue les emplois les plus vils de la communauté.— Les frères convers k trouvaient nettoyant les chaussures à leur place, balayant lesgalenes, la chapelle, aidant les maçons à monter des matériaux et îepaiant avec

finesse les objets endommages. , . •.

Au milieu de tant d’occupations, il priait, il méditait et son esprit s’élevait de plus en plus vers Dieu ; la Sainte Vierge, son intermediaire le favorisait de fréquentes apparitions. U sut par elle que Dieu tenait pour agréable le chant des trois enfants de la fournaise et, des lors, il le fit chanter sans cesse par ses moines. En récompense de tant de dévouement, de véritable humilité, de ferveur, Thibault obtenait tout ce qu’il réclamait; de toutes parts on avait recours à lui. La reine Marguerite, femme de saint Louis, mariée depuis plusieurs années, obtint par son intercession puissante plusieurs fils et plusieurs filles. Un moine du monastère, tenté par le démon, voulait jeter son froc aux orties. Thibault pria pour lui et le moine honteux vint se jeter à ses genoux, confesser sa faute, et il persévéra triomphant dans sa vocation sans jamais en dévier. Il en était de même de tous les autres moines dirigés par saint Thibault, aussi le monastère fut surnommé dans le monde la prison de l’Ordre. Ils étaient austères, édifiants, et s’exerçaient à imiter leur chef ; quant à saint Thibault, il avait été appelé une fois à la cour de saint Louis et, quoiqu’il fût en présence d’un roi très chrétien, il y avait regretté sa solitude et ses pénitences. Au retour, il ne voulut plus manger que du pain et boire que de l’eau pour balancer un peu les excès et le sensualisme des gens du monde. Il mourut en mil deux cent quarante-sept. Son corps fut enterré d’abord dans le chapitre du monastère, puis transféré quatorze ans plus tard dans une chapelle où des miracles se font encore fréquemment à notre époque, beaucoup de très anciens, recueillis par la tradition, se racontent à Vaux-Cernay et dans les

environs. . . . '.

La grâce acc ordée à la reine Marguerite par l’intercession de saint Thibault explique suffisamment pourquoi les femmes sans enfants s’adressaient à lui.

Dans l’ancien palais abbatial de Vaux-Cernay, une pierre sert de barre, dessus est gravée une crosse et autour est inscrit : Hic jacel Theobaldus abbas. C’est la première dalle qui a recouvert la sépulture de saint Thibault.

(IIe volume. — Annales archéologiques, page 196).

Page 1