SAINT BARTHÉLEMY, APOTRE
lor SIÈCLE
Patron des Boucliers, Relieurs, Gantiers, Tanneurs, Peaussiers, Cordonniers, Tailleurs, Porteurs de sel et de grains, Plâtriers. — Invoqué contre les Convulsions des Enfants et les Maladies nerveuses.
Les actes de saint Barthélemy sont peu connus. Quelques auteurs ont voulu qu’il fût le même que Nathanaël ; mais saint Augustin et saint Grégoire rejettent absolument cette . opinion ; après avoir reçu l’Esprit-Saint, Barthélemy visita les contrées les plus sauvages de l’Orient et pénétra jusqu’aux extrémités des Indes. Eusèbe raconte qu’au commencement du III0 siècle, saint Patène, allant dans les Indes pour y combattre les doctrines brahmaniques, y trouva le christianisme établi; on lui montra même une copie de l’Evangile apporté dans ces conV trées par Barthélemy.
A son retour des Indes, il alla en Arménie; dès qu’il y fut arrivé, dit la Légende Dorée, il entra dans un temple où était une idole d’Astaroth, qui prétendait guérir les malades qui s’y trouvaient en très grand nombre ; mais comme ils s’apercevaient qu’Astarolh ne pouvait les guérir, ils s’adressèrent à une autre idole, nommée Berith, qui leur dit que leur Dieu était enchaîné depuis l’arrivée de Barthélemy. « Quel est ce Barthélemy », s’écrièrent-ils? Le démon leur expliqua que c’était l’ami du Dieu tout-puissant [et il leur fit une description du Saint sans oublier
VINGT-QUATRE AOUT, SAINT BARTHÉLEMY
son vêtement, qui se composait d'une robe de pourpre, couverte d’un manteau blanc décoré de pierres précieuses. Barthélemy se signala bientôt par ses miracles ; cntr’autres il délivra la fille du roi qui était folle ou plutôt possédée du démon. Son père voulut combler l’apôtre de toute espèce de présents ; mais il les refusa tous et il dit au roi que s’il voulait se faire baptiser, il lui montrerait chargé de chaînes le dieu qu’il avait adoré. Cette promesse se réalisa le lendemain et le roi se lit baptiser avec sa femme, ses enfants et tout son peuple, puis abandonnant son royaume, il suivit Barthélemy comme l’un de ses disciples. Astiagès, le lrère du roi, surexcité par les prêtres des idoles, envoya mille hommes pour l’arrêter; ayant appris que la statue de son dieu Baldach s’était renversée et brisée en morceaux, il ordonna de battre rudement l’apôtre et il commanda ensuite de Vécorcher vif. Pierre de Natalibus dit qu’après avoir été écorché le 24 août, il fut décapité le lendemain ; d’autres auteurs prétendent qu’il fut crucifié la tête en bas ; les uns ont avance que Barthélemy était primitivement agriculteur ; les autres, s’appuyant sur l’étimologie de son nom Bar Ptolemei, üls de Ptolémée, l’ont fait descendre de race royale et ont prétendu que, pour ce motif, n’avant pas voulu quitter la pourpre, même étant disciple de J.-C., Notre Seigneur lui dit qu’un jour il serait obligé de se dépouiller du manteau rouge de son corps, c’est-à-dire de sa peau, comme nous l’avons vu plus haut ; néanmoins tous ces récits ne doivent être acceptés qu’avec les réserves les plus expresses.
A cause de l’horrible supplice infligé à saint Barthélemy, les Bouchers, qui écorchent les animaux, les Tanneurs et les Peaussiers qui travaillent la peau, les Relieurs, les Gantiers, les Cordonniers qui l’emploient pour confectionner leurs produits, l’ont naturellement choisi pour patron. Les Tailleurs ont voulu également se mettre sous son patronage. Quand ils ont vu les différents tableaux de l’apôtre qui le représentent portant sa peau sur son bras, comme un habit de rechange ou comme un véritable pardessus.
Au centenaire d’O’Connel, le 7 août 1875, d’après le journal l 'Univers, on voyait figurer les Plâtriers, avec leur bannière de saint Barthélemy et leurs instruments surmontés d’une fleur de lis. Ce patronage pourrait bien être un souvenir de ces Ecorchés en plâtre que l’on rencontre dans toutes les écoles de dessin.
La Délivrance delà fille du roi possédée du démon, peut assurément avoir donné lieu à l’invocation contre les Maladies nerveuses et les Convulsions des Enfants dont les symptômes présentent quelque analogie avec la possession du démon.
Dans ses Notes sur les pèlerinages du diocèse de Poitiers, M. Beauchet-Filleau mentionne que l’on va en pèlerinage à un autel et à un tableau de saint Barthélemy qui existent dans l’église de Montcoutant ; que, à Saint-Pardoux, à la messe solennelle célébrée le jour de sa fête, on amène les Petits Enfants qui n’ont pas fait leur première communion pour qu’on leur récite des Evangiles, afin de les préserver de la maladie de Saint-Barthomè ( les Convulsions ) et que, dans la paroisse de Bourg-Archambaut, les mères portent leurs Enfants nouveau-nés à la chapelle de Saint-Barthélemy, sise au village des Martrais.
C’était une ancienne coutume de l’abbaye de l’île de Croyland (comté
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de Lincoln) de distribuer à tous les visiteurs, le 24 août, de petits couteaux en commémoraüon de celui avec lequel l'apôtre saint %£«£*££ été écorché On trouve encore de ces couteaux dans les ruines du monas 1ère et jusque dans le lit de la rivière. Les moines portaient ^sur leur ûoc un écusson où trois couteaux se croisaient avec tiois martinets ( ).
A Rome existe une église appelée : Saml-BarlheUmy dei oacc.nan (des Tanneurs). Elle fut concédée par saint Pie V a la corporation des Tanneurs ou Corroyeurs qui ont leurs ateliers dans les environs (~).
D’après le Légendaire d’Autun (3), saint Barthélemy était encore mvoaué dans ce diocèse, comme médiateur très puissant dans les Otages et comme patron des Forgerons. -, La raison en est, dit M. Devouconx que le 24 août était consacré à Vulcain et que, peu a peu, le nom de Barthelemy qui, d’après lui, signifie : Filius suspendentis aquas, remplaça le
nom du dieu du Feu. ,
On croit également que ses reliques, enfermées dans un cercueil de plomb, furent précipitées dans la mer par les païens, quelque temps après sa mort ; elles abordèrent heureusement et furent conservées, par les chrétiens avertis par une révélation divine, dans 1 île de Lipari, ou étaient, selon les anciens, les forges de Yulcain.
Son verset dans le Credo est : Ascendit ad cælos ; sedet ad dextei am Dei
Patris omnipotentis.
La Sarde qui, par sa transparence et sa teinte approchante du feu, passait pour épouvanter les bêtes féroces et rappelait en même temps la foi qui s’élève et le martyre, symbolisa saint Barthélemy, qui fut terrible au démon et dont le corps fut ensanglanté par le plus cruel supplice.
Le zèle du salut des âmes, la charité qui consume , ^ 1 amour du martyre et la foi accompagnée des œuvres sont marqués par le grenat , ou sa rdoine, pierre dûm rouge ardent, attribuée à saint Bai thèlemy qui, s’étant attaché des premiers à Notre Seigneur, le suivit avec une constance qui ne se démentit jamais. Il parcourut de nombreuses provinces pour les gagner à sa loi et il endura le plus cruel des martyres, ayant été écorché vivant, grenat précieux dans la céleste Jérusalem, tant travaillé par ses persécuteurs (4).
Saint Barthélemy est représenté ordinairement tenant sa peau d’une main et de l’autre un couteau. D’après l’abbé Barraud (5), « on rencontre ce saint dépouillé de sa peau, le corps déchiqueté par les incisions du scapel, portant sa peau au bout d’un bâton et parcourant dans cet état les rues d’une vaste cité, conformément à une légende qui rapporte que saint Barthélemy , après avoir été écorché vif, arracha sa peau d’entre les mains de ses bourreaux, la plaça au bout d’un bâton et se mit à parcourir les rues d’Àlbanopolis, au grand étonnement de tous les spectateurs, glacés d’effroi à la vue d’un tel spectacle.
(Légende dorée, Catalogus sanctorum, Bulletin des Comités historiques, année 1862, p. 219).
(1) Revue Britannique. Les Saints et Fêtes du Calendrier, p. 467, 7e série, 10° vol.
(2) Dictionnaire des Pèlerinages, Ab. Migne, vol. n, p. 800.
(3) Légendaire d’ Autun, par M. l’abbé Peqüegnot, vol. il, p. 93.
(i) Abbé J. Pougnet.
(5) Bulletin des Comités historiques, 1852, p. 219.