SAINT GENES (1), COMÉDIEN, MARTYR A ROME
Patron, des Comédiens, Ménétriers et Vielleurs. — Invoqué contre
l’Epilepsie.
Il y avait quatre ans que toutes les églises de Rome étaient fermées par le commandement de l’empereur Dioclétien, quand un comédien, nommé Genès, annonça un spectacle où toutes les cérémonies chrétiennes devaient être parodiées sur la scène. Cette réclame avait attiré un grand nombre de spectateurs le jour de la représentation à laquelle l’empereur lui-même assistait. Genès avait à peine commencé à débiter son rôle que, tout à coup touché par la grâce, il s’écria qu’il voulait mourir chrétien. On crut d’abord qu’il plaisantait ; mais bientôt Genès, revêtu d’une robe blanche, monta sur une estrade et, dans un discours empreint de la foi chrétienne la plus vive, s’efforça d’y ramener tout l’auditoire et l’empereur lui-même. Celui-ci, exaspéré, ordonna qu’il fût battu avec des leviers et de gros bâtons. Le lendemain, le préfet le fit appliquer sur le chevalet et déchirer avec des ongles de fer ; enfin, d’après les ordres de l’empereur, on lui trancha la tête.
La profession que Genès exerçait le recommandait naturellement aux Comédiens , aux Ménétriers, aux Vielleurs , qui l’ont pris pour patron.
Les Bollandistes, (25 aoûtl, citent une ville de l’Etrurie, nommée De Luca, dont l’église attire le jour de la fête de saint Genès un grand concours de pèlerins qui viennent l’invoquer contre l’Epilepsie. Les populations appellent cette affection : la maladie de saint Genès (Morbum sancti Genesii).
Saint Genès est patron de l’église paroissiale des Caunes, diocèse de Carcassonne. À Nevers on voit encore les ruines d’une église de la fin du XIIe siècle, sous le vocable de saint Genest, dont parle Mérimée dans ses Notes d’un voyage dans le midi de la France.
(La Mère de Blkmur. — Ribadaneira).