‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 22 sur 724 · SAINTE ELISABETH DE PORTUGAL, REINE · texte numérisé non relu

SAINTE ELISABETH DE PORTUGAL, REINE

Invoquée pour apaiser les Fureurs de la Guerre.

Elisabeth était fille de Pierre II, roi d’Aragon, et de Constance, fille de Mainfroy, roi de Sicile. Née en 1271, elle reçut au baptême le nom d’Elisabeth , en l’honneur de sainte Elisabeth de Hongrie, sagrand’tante. Dès son âge le plus tendre, entourée de personnes pieuses, elle brillait déjà par son assiduité à la prière, par son ardeur pour la mortification, par sa charité pour les pauvres, par son humilité, sa douceur et son horreur pour le péché. Chaque jour, elle récitait le bréviaire avec la plus grande exactitude. A douze ans, devenue reine de Portugal par son mariage avec le roi Denys, elle donna plus d’extension à toutes les vertus que nous venons de signaler. Elle montra surtout une patience et une résignation véritablement angélique en présence de son mari qui, malgré quelques bonnes qualités, ne craignait pas de violer la foi conjugale. Elle poussa la magnanimité jusqu’à se charger d’enfants qui ne lui appartenaient pas. Elle finit néanmoins par arracher son mari à ses égarements. Le fait suivant dut contribuer à sa conversion. Elisabeth chargeait ordinairement un page très vertueux de la distribution de ses aumônes. Un autre page, par un sentiment de jalousie, accusa ce jeune homme d’entretenir un commerce criminel avec la reine. Le roi, ajoutant foi à cette horrible calomnie, fit venir un maître de four à chaux et lui dit : « Un page, qui a mérité toute ma colère, viendra vous deman- « der si vous avez exécuté mes ordres. Vous le saisirez immédiatement « et vous le jetterez dans le four pour qu’il soit brûlé vif. » Le roi envoya le page de la reine comme il en était convenu ; pendant le trajet, passant devant une église, le jeune homme y entra pour adorer le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ. Une messe était commencée ; il y assista, ainsi qu’à une seconde, puis à une troisième, qui se dirent immédiatement après, et cela pour obéir aux dernières volontés de son père qui lui avait recommandé d’entendre toutes les messes qu’il verrait commencer. Pendant ce temps-là, Denys, impatient de savoir si ses ordres avaient été exécutés, envoya le délateur pour s’en enquérir. Il avait à peine articulé

(1) Manuale di Filotea, p. 604.

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