DU TIERS ORDRE DE SAINT DOMINIQUE XVII” SIÈCLE
Invoquée contre les Plaies et les Croûtes du visage et pour les Accoucliements heureux.
Rose, née à Lima le 20 avril 1586, avait reçu, au baptême, le nom d’Isabelle ; mais, trois mois après, pendant qu’elle était dans son berceau, sa mère et toutes les personnes présentes virent une rose épanouie sur son visage, qui disparut après avoir laissé les assistants dans un ravissement ineffable qde suivait ce cri de sa mère : « Rose du ciel, tu ne porteras plus que le nom de Rose. » Quand elle fut dans l’âge de l’adolescence, comme on s’extasiait sur sa beauté, elle s’alarmait, dans sa chaste humilité, du nom qui lui avait été donné et ayant imploré la sainte Vierge à ce sujet, la Mère de Dieu lui apparut tenant son divin fils dans ses bras et lui dit : « Mon fils approuve le nom que tu portes, mais il désire que tu y ajoutes le mien. Tu le nommeras désormais : Rose de sainte Marie.
Dès sa plus tendre enfance, Rose affronta les souffrances avec le courage le plus héroïque. A l’âge de trois ans, elle s’était pris ses petits doigts sous le couvercle d’un coffre. On lui appliqua sur l’ongle un onguent corrosif qui le dévora en grande partie ; puis il fallut arracher le reste avec des tenailles sans que l’enfant poussât un seul cri. Quelques mois après, il en fut de même quand on lui coupa la partie malade d’une de ses oreilles. Un peu plus tard, elle fut atteinte de la gourme et sa mère eut l’imprudence de lui soupoudrer la tête de mercure. La croûte disparut, mais le mercure entra dans les chairs, en les dévorant ; et comme Rose ne laissait échapper aucune plainte, ce ne fut que le matin qu’on aperçut une blessure large et profonde qui ne put être guérie qu’après quarante-deux jours de souffrances. Presqu’aussitôt après, elle fut opérée d’un polype aux narines qu’on lui arracha avec des pinces, sans qu’on la vît sourciller, tandis que les assistants fondaient en larmes.
A l’âge de cinq ans, son frère lui ayant fait observer qu’il y en a beaucoup qui se damnent à cause de leurs cheveux, à l’instar de sainte Catherine de Sienne, qu’elle voulait prendre pour modèle, elle se coupa les cheveux et fit vœu de virginité. Aussi malgré toutes les oppositions de ses parents qui voulaient absolument la marier, elle prit l’habit du Tiers-Ordre de saint Dominique. Comme ses parents étaient très pauvres, elle se fit leur servante ; malgré sa frêle santé et ses fréquentes extases, elle faisait chaque jour l’ouvrage de quatre personnes, ce qui lui permettait de subvenir à leur subsistance.
Toute petite, Rose ne mangeait point de fruits. A six ans, elle jeûnait le vendredi et le samedi. A quinze ans, elle fit vœu de ne jamais goûter de viande. En Carême, elle ne se nourrissait que de pépins d’oraimes se bornant à cinq le vendredi en l’honneur des plaies de Notre Seigneur! A quatorze ams elle sortait la nuit dans le jardin, les épaules meurtries Par la discipline, et, portant, à l’exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ une lourde croix sous le poids de laquelle elle succombait de temps en temps. Elle ceignait ses reins d’une triple chaîne qui finissait par entamer la peau et qu on ne pouvait enlever qu’en arrachant les chairs.