‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 231 sur 724 · TRENTE AOUT, SAINTE ROSE DE LIMA · texte numérisé non relu

TRENTE AOUT, SAINTE ROSE DE LIMA

A l’aide d’une petite lame d’argent qu’elle s’était procurée, elle se fit une couronne qu’elle arma de trente-trois clous, la pointe en dedans, en mémoire des années que Jésus-Christ passa sur la terre.

Elle avait organisé un lit avec des morceaux de bois fortement liés par des cordes, puis elle remplit les intervalles de fragments de tuiles et de vaisselle, ayant soin de tourner en haut ceux qui étaient les plus aigus. Avant de se coucher sur ce lit de supplice, elle remplissait sa bouche de fiel qui lui brûlait et lui desséchait le gosier à ce point qu’au réveil elle ne pouvait parler et respirer qu’à grand’peine.

Au milieu de toutes ces souffrances qu’elle s’imposait volontairement, Dieu la favorisait de grâces extraordinaires. Dans un petit ermitage qu’elle s’était fait construire au fond de son jardin et où son temps était partagé entre la prière et le travail des mains, elle jouissait fréquemment de la vue de Notre Seigneur Jésus-Christ qui lui apparaissait sous la forme d’un tout petit enfant, soit sur la table où elle travaillait, soit sur le livre où elle lisait ou encore sur un bouquet de roses qu’elle tenait à la main. Rose reçut, dans cette retraite, la visite de Notre Seigneur, de la sainte Vierge, de sainte Catherine de Sienne et des saints Anges. Le démon, jaloux de ces faveurs, essayait bien de lui faire subir les traitements les plus inhumains, en la frappant avec violence, en la poussant contre la muraille au point de l’étouffer ; mais Rose se riait de lui et de ses vaines colères. Telle fut la vie de cette admirable jeune fille pendant les trente et un ans que Dieu la laissa sur la terre. Avant sa mort, qui* eut lieu le 24 août 1617, il lui envoya de cruelles souffrances comme s’il eut voulu la purifier entièrement pour l’introduire immédiatement dans le ciel. Ce fut le pape Clément X qui la canonisa. Rose de Lima fut la première des saints d’Amérique qui revêtit l’auréole de la sainteté et reçut un culte public.

Les Bollandistes mentionnent plusieurs femmes en couches qui furent merveilleusement assistées par notre Sainte dans les douleurs de l’enfantement ; c’est peut-être là l’origine de l’invocation qui lui est adressée ; il était d’ailleurs bien naturel qu’à cette époque critique où les femmes sont appelées à subir les épreuves les plus terribles, elles aient choisi, pour leur venir en aide, cette puissante protectrice qui avait passé toute sa vie à souffrir pour Tamour de Jésus-Christ.

M. l’abbé Soucaret, curé-archiprêtre d’Eauze (Gers), diocèse d’Auch, par sa lettre du 4 juin 1878, signale une autre invocation adressée à sainte Rose (probablement de Lima) et qui est évidemment un souvenir de celte gourme mentionnée plus haut et dont la mère de la Sainte avait essayé de faire tomber les croûtes à l’aide du mercure. « La paroisse de Saint-Amand, me dit-il, section de la commune d’Eauze, possède effectivement une source sous le vocable de sainte Rose. On va très fréquemment puiser de l’eau à ceLte source pour ce qu on appelle ici le mal de sainte Rose ; ce sont des croûtes qui couvrent la figure, non-seulement chez les enfants, mais aussi chez les personnes adultes. On fait bénir cette eau avant de s’en servir. C’eSt évidemment les heureux résultats obtenus qui entretiennent dans le pays cette confiance de temps immémorial. La tradition est muette sur cette sainte Rose ; on ne célèbre pas sa fête et il n’y a aucun jour de pèlerinage régulier. L’ancienne église ne lui était pas dédiée.

(Les Bollandistes. — Supplément au journal le Pèlerin , n° 233).

TRENTE-ET-UN AOUT, SAINT RAYMOND NONNAT

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