BIENHEUREUSE JULIENNE DE COLLALTO
VIERGE ET ADRESSE DE L’ORDRE DE SAINT BENOIT xiii' siècle. — J 262.
Invoqués contre la Migraine.
Julienne, issue de la noble famille des comtes de Collalto, entra, encore très jeune, dans un couvent de l’ordre de Saint-Benoit, près de Padoue ; puis, elle se retira dans des gorges de montagnes, avec de très saintes femmes qu’elle avait prises pour compagnes. C’est là que saint Biaise lui apparut et lui enjoignit d’aller à Venise et d’y fonder, dans une partie éloignée de la ville, un monastère sous son vocable. Elle s’y rendit en effet et y fut suivie par un grand nombre de jeunes filles dus familles les plus distinguées, elle les dirigea ' admirablement dans la voie des austérités et de toutes les vertus chrétiennes. Plusieurs miracles firent éclater sa sainteté ; un jour, le pain faisait complètement défaut dans le monastère ; à sa prière, un ange en déposa à la porte la quantité nécessaire et disparut immédiatement. — Dans la nuit de Noël, une inondation considérable ayant intercepté l’entrée de la chapelle au prêtre qui devait dire la messe, un ange laissa tomber, dans les bras de Julienne, l’enfant Jésus qui, prodiguant à ses fiancées les plus douces caresses, remplit d’une joie ineffable leurs cœurs désolés d’être privés de la sainte communion.
^ Après avoir souffert, avec une patience admirable, les douleurs de tête les plus violentes, Julienne s’envola vers son époux à l’âge de soixante-seize ans.
Les souffrances intolérables qui précédèrent la mort de la Sainte, sont évidemment l’origine de l’invocation contre la migraine. Les Bollandistes (page 310, 1er volume, septembre) citent des guérisons de divers maux de tête, opérées par l’intercession de la Sainte, depuis l’année 1643 jusqu’à l’année 1673.
[Bollandisles. — Hagiologium itaiicum.j
PREMIER SEPTEMBRE, SAINT LOUr.
SAINT LOUP eu LEU (LUPUS), ARCHEVÊQUE DE SENS
VIIe SIÈCLE. — 623.
Patron des Bergers. — Invoqué pour les Brebis ; contre les Loups,
l’Epilepsie, la peur des Enfants, la Dyssenterie des Enfants, les
Convulsions des Enfants, le Carreau ou enflure du ventre des Enfants.
Il naquit, près d’Orléans, d’une famille illustre. Sa mère, avertie par une révélation, que l’enfant qu’elle portait dans son sein, serait un jour une grande lumière dans l’Eglise, le nourrit elle-même, contrairement a la coutume des personnes de son rang, afin de lui faire sucer la piété avec le lait. Loup fut élevé par ses deux oncles qui étaient tous les deux évêques, l’un d’Orléans et l’autre d’Auxerre. Lorsque saint Arthème, archevêque de Sens, mourut, le bruit de ses vertus le fit élever à sa place, du consentement du roi et de tout le peuple.
Clotaire voulant s’emparer de la ville de Sens, Loup sonna lui-même la cloche de l’église, ce qui effraya tellement les assiégeants, qu’ils furent obligés de lever le siège. Ce prince, pourtant, finit par se rendre maître de la Bourgogne, et envoya à Sens un certain Farulphe pour gouverneur ; celui ci, par scs calomnies, lui persuada de reléguer Loup dans la Neustrie. Notre Saint profita de son exil pour instruire les peuples qu’il trouva dans les erreurs de l’idolâtrie et convertit le prince Boson, après avoir rendu la vue à un aveugle en sa présence.
Lorsque saint Loup sortit de Sens, il jeta son anneau pastoral dans un fossé, en disant qu’il ne reviendrait que lorsque l’anneau serait trouvé. Il arriva, en efi'et, que peu de temps avant son retour, l’anneau fut trouvé dans le ventre d’un barbeau, pêché près de Melun. Cet anneau se voit encore à la cathédrale et son contact est très salutaire pour les yeux. A l’endroit où fut pêché le barbeau, Louis-le-Gros fit bâtir la célèbre abbaye du Barbeau (1).
Saint Loup avait été remplacé à Sens par un prêtre qui avait secondé Farulphe dans ses dénonciations calomnieuses ; mais les habitants de la ville épiscopale le prirent bientôt en horreur, à tel point qu’ils le mirent à mort, en réclamant à grands cris leur ancien évêque, qui leur fut rendu par la pieuse intervention du saint abbé Winebaud.
De retour dans son diocèse, saint Loup n’en continua pas moins ses saintes pratiques et ses entreprises généreuses. Il arracha, du champ de son église, l’ivraie des vices qui l’avait envahie durant son absence. Sa coutume était de visiter, chaque nuit les égliseè de la ville, et lorsqu’il arrivait à la cathédrale, il sonnait le premier la cloche pour appeler les fidèles et spécialement les ecclésiastiques au Service divin. Une nuit qu’il allait à l’église de Saint-Aignan pour y prier, les portes s’étant trouvées fermées, lui furent ouvertes par des anges.
Pendant qu’il célébrait les saints Mystères, une pierre précieuse descendit du ciel et tomba dans son calice. Elle fut conservée quelque temps dans la sacristie de la cathédrale ; mais le roi voulut l’avoir dans la chapelle de son palais et ne pouvait se lasser de la regarder, parce qu’elle jetait un grand éclat.
Saint Loup rendit son âme à Dieu, le 1er septembre, dans le village
(1) Petits Iiollandisles (1er septembre).
PREMIER SEPTEMBRE, SAINT LOUP
de Brinon qui lui appartenait par héritage. Il fut enterré suivant le désir qu’il avait manifesté avant sa mort, sous la gouttière de l’église de Sainte-Colombe. Une infinité de miracles se produisit à son tombeau, on cite principalement une femme aveugle, depuis trente ans, qui recouvra la vue ; une femme paralytique qui recouvra la liberté de ses mouvements, et un prêtre qui était tombé d’une échelle très haute, pendant qu’il travaillait à l’ornement de l’église, fut rétabli dans une parfaite santé.
Un évêque, jaloux des honneurs rendus à saint Loup, avait foulé aux pieds son tombeau avec mépris ; il fut frappé immédiatement d'attaques d 'épilepsie ; il ne recouvra la santé qu’après qu’il se fut humilié et qu’il eut demandé pardon. C’est là, évidemment, l’origine de l’invocation qui est adressée à saint Loup contre cette horrible affection.
A cause de son nom (en français Loup , en Picardie Leu, et en latin Lupus), il est invoqué contre cet animal carnassier et aussi on le représente souvent avec un loup à ses côtés ou sous ses pieds. M. Arthur Forgeais donne la reproduction de deux enseignes de pèlerinages du XV0 siècle, où le loup est remplacé par un lion; mais il est probable qu’il a été ainsi métamorphosé afin de lui donner un caractère héraldique. L’invocation contre les loups a entraîné le patronage des bergers qui se sont mis eux et leurs bre.bis sous la protection du Saint.
Peut-être à cause de la tendre sollicitude que lui témoigna sa mère dès son premier âge, comme nous l’avons dit plus haut, saint Loup est invoqué pour les petits enfants, contre la peur qui les agite, contre la dyssenterie, les convulsions , contre Yenflure du ventre , affections qui mettent souvent leurs jours en danger. Dans ce but, dit l’abbé Corblet,
« on les conduit en pèlerinage aux chapelles de Marquivilliers, de Billancourt et de Léchelle (diocèse d’Amiens). Dans ce dernier ' village, continue-t-il, on fait baiser aux enfants la tête du loup qui accompagné la statue de saint Leu. Dans ce culte, il y a assurément un rapprochement entre le nom du Saint et la peur qu’inspirent les loups. i A Paris jl) on leur fait baiser, dans une église qui lui est dédiée rue Saint-Denis, une petite châsse où repose une partie de ses précieuses reliques. Le roi Henri IV y fit faire une neuvaine solennelle en 1601 pour le Dauphin qui, depuis, fut Louis XIII ; et ce prince a fait faire h même dévotion, l’an 1638, pour son fils Louis XIV.
Le culte de saint Loup fut universellement répandu dans toute ln France. cl
Les Huguenots enlevèrent la châsse de saint Loup, en Ghamna^ne • arrives a une petite distance du pays, ils sentirent la châsse devenir si pesante, quils furent obligés de la laisser à l’endroit appelé encore a, ■lourd hui Fosse de saint Loup, où ils l’enterrèrent. Les habitants dé feérnt~ra?UP’ apieS le depart des HuSucnols, la réintégrèrent dans leur
CqIISG [cj.
(1) Petits Sullandisles (volume X, page 400).
(2) Petits Düllandistes (!«• septembre)”.
DEUX SEPTEMBRE, SAINT AüniCOL.
Le pèlerinage de saint Loup à Saint-Remy est très renommé ; de certaines parties du Forez, on y va en grand nombre. Coutume spéciale à ce sanctuaire : les pèlerins boivent dans le creux de la main à l’église avant de se retirer, le vin béni.
Nous terminerons par une dernière invocation qui lui est adressée en Catalogne, comme l’indique ce cantique catalan ( Goigs ).
Puix curau loin dulencia Y tols esperam de vos, Guardant nos suit Llop glorios De mal de Coll, y Esquinencia.
Puisque vous guérissez de toute infirmité et que tous espèrent en vous, gardez-nous, glorieux saint Loup, du mal de cou et de l’esquinancie.