DEUX SEPTEMBRE, SAINT AGRICOL
mal. Aussi l’écusson (le l’église de saint Agricol, en mémoire de ce miracle, se compose d’une cigogne d’argent sur un champ d’azur. D’autres écussons de la meme église portent trois cigognes volant dans un alignement direct, parce qu’au milieu d’une discussion entre la ville d’Avignon et le chapitre de saint Agricol , trois volées paraissant tout à coup, déterminèrent, en se rangeant en ligne, la délimitation des deux héritages.
En 731, après la mort du Saint, les Sarrasins ayant envahi la Provence, avaient écrasé l’élite de la population avignonaise et étaient entrés en vainqueurs dans la cité ; mais les habitants réclamèrent l’assistance de saint Agricol et virent arriver Charles Martel qui passa les barbares au fil de l’épée.
En 1574, les protestants suscités par Calvin, tentèrent de s’emparer d’Avignon, mais saint Agricol vint encore au secours de la ville : En effet, le débordement simultané du Rhône, de la Durance et de la Sorgue, força les Huguenots de sortir de leurs retraites. En outre des feux, allumés au milieu de la nuit, par une main invisible, avertirent ceux qui veillaient au salut de la cité du danger qu’elle courait.
En 1494, une Peste qui avait jeté la désolation et le deuil dans la ville d’Avignon, avait été également conjurée par les invocations adressées à saint Agricol.
Enfin, en 1755, au mois de mai, la sécheresse produite par des vents arides désolait toutes les campagnes environnantes. L’archevêque avait prescrit à toutes les messes l’oraison : Ad repellendas Tempestales ( pour dissiper les Tempêtes) ; mais le fléau persistait ; ce ne fut qu’aprcs avoir porté solennellement en procession la statue de saint Agricol que la Pluie tombant en abondance, rendit la vie aux campagnes.
Par tous ces faits l’invocation de notre Saint dans les calamités publiques est singulièrement justifiée ; de même il n’est pas étonnant qu’en 1647, saint Agricol ait été choisi canoniquement et suivant les règles de l’Eglise comme le patron principal de la ville d’Avignon. Antérieurement une confrérie composée des premiers magistrats du pays et de l’élite de la noblesse avignonnaise, avait été fondée en son honneur et Paul Y lui accorda à perpétuité des indulgences nombreuses.
Dans l’hymne des Vêpres citée par les Bollandistes (p. 445) on célèbre les bienfaits obtenus par l’intercession du saint :
Urbis tu columen rebus in arduis :
Libres sponte fluunt arbitrio tuo ; Messes terra paril, vinea germinat, Cum tu nubibus imperas.
Vaslant innumerœ rura ciconica, Urbem pesliferis anguibus inquinant lias jussu removes, munere quo patrie Jam nunc novimus alites.
Sævit, falsa vomens, hœresis impia Tentât per cuneos gliscere per gregem : Nobis tu vigilas, mojnia prolegis, Miris et faeibus fugas.
Vous files le protecteur (le la ville dans les circonslances difilciles : la pluie tombe d’ellemfime à votre volonté. La terre produit les moissons, la vigne bourgeonne quand vous commandez aux nuages.
D'innombrables cigognes ravagent les campagnes, infestent la ville do serpents pestilentiels, par votre parole vous chassez ces oiseaux grâce au privilège de Dieu quo nous vous connaissions déjà.
L’hérésie impie vomissant le mensonge sévit et essaye d'envahir le troupeau en y introduisant ses phalanges : vous veillez sur nous, vous protégez nos murailles et vous mettez l’ennemi en fuite par des feux miraculeux.
Dans l’hymne chantée à la procession pour obtenir la Pluie ou la sérénité de l’air, on trouve ces deux strophes :