SAINT EUSTACHE, ABBÉ
Invoqué pour les Yeux, les Enfants malades et contre la Fièvre.
Né dans le Beauvoisis, Eustaclie fut admis de bonne heure dans les rangs du clergé et fut choisi par Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, pour être son secrétaire. Plus tard, les religieux de Flay le nommèrent abbé de leur monastère. Saint Eustache gouverna son abbaye avec autant de prudence que de bonté ; mais il fut bientôt appelé, avec d’autres prédicateurs Prémontrés et Cisterciens, pour combattre la monstrueuse hérésie des Albigeois. Les succès que notre Saint obtint dans cette croisade, engagèrent l’illustre pontife Innocent III à l’envoyer en Angleterre avec le titre de légat apostolique.
Par sa parole et par ses miracles, il opéra beaucoup de conversions. Non loin de Cantorbery, le Saint bénit une fontaine en un lieu appelé Vui. A dater de ce moment, un grand nombre de malades y trouvèrent leur guérison. De nos jours, le souvenir de ces miracles est encore vivant dans cette contrée. Les hérétiques eux-mêmes appellent la fontaine de Yui le Puits Saint-Eustache ou le saint Puits. Ils vont y puiser de l’eau qu’ils conservent dans leurs demeures pour la guérison des Yeux, le soulagement des Enfants malades et des personnes atteintes de la Fièvre.
Saint Eustache eut à subir plusieurs épreuves et, entr’autres, une opposition très vive de la part du clergé de la contrée qui lui fit un crime de son zèle et l’accusa, comme le dit si bien l’abbé Sabatier, de porter la. faux dans la moisson d'autrui. Il fut même obligé de regagner son monastère ; mais bientôt, d’après de nouvelles instructions d’innocent III, il vint reprendre le cours de sa mission à York et tonna surtout dans la chaire contre la violation du dimanche. Il y a lieu de croire que s a parole convaincue contribua essentiellement à graver, dans le cœur des Anglais, le respect de ce saint jour qui, malgré leur hérésie, s’est conservé intact jusqu’à notre époque. Eustache pressentant, par l’épuisement de ses forces, que la fin de sa vie n’était pas éloignée, crut devoir attendre patiemment le jour de la récompense éternelle dans son abbaye où il rendit son âme à Dieu en l’année 1211.
[Saints de Beauvais, par l’abbé Sabatier).
SEPT SEPTEMBRE, SAINT GllAT.
SAINT VENTURA, PRÊTRE k MARTYR A CITTA DI CASTELLO
xm" siècle. — vEns 1250.
Invoqué contre les Hernies.
On raconte ainsi la cause de sa mort : Comme il passait dans une forêt, il entendit un bûcheron gui, en coupant du bois, blasphémait horriblement le nom de Dieu. Il le reprit vivement à ce sujet ; alors, celui-ci, irrité de ses remontrances, lui asséna un coup de sa hache sur la tête et le tua
Le sacrilège homicide enterra, sous un immense amas de pierres, son corps qui resta caché pendant un certain temps et fut découvert d’une façon miraculeuse. Une colombe vint frapper avec son bec la cloche de l’église de Saint-Barthélemy de Citta di Castello ; puis elle se mit à vol- : tiger au-dessus du monceau de pierres. Ces deux évolutions, renouvelées plusieurs fois, attirèrent l’attention du peuple et lui donnèrent à penser que ces pierres cachaient quelque chose d’extraordinaire. On creusa le sol en cet endroit et l’on trouva le corps de saint Ventura qui fut honorablement enseveli dans l’église de Saint-Barthélemy.
Les Bollandistes font remarquer que, d’après le témoignage des biographes du Saint, l’assistance qui lui est réclamée s’exerce principalement contre les Hernies. Ces mêmes biographes racontent également qu’au moment de la translation des reliques, un de ceux quiles portaient, soutirait d’une Hernie et qu’il fut immédiatement guéri après avoir imploré saint Ventura.
De là, cette vieille coutume qui consiste à porter les enfants à l’église de saint Ventura le jour de sa fête et à les poser sur le tombeau du Saint afin qu’ils soient préservés des Hernies ou bien qu'ils en soient délivrés s’ils en sont déjà affligés.
(Les Petits Bollandistes).