‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 26 sur 724 · VIERGE ET MA.RTYRE · texte numérisé non relu

VIERGE ET MA.RTYRE

XI® OU XIIe SIÈCLE.

Invoqué© contr© la- Stérilité conjugal©»

Procule était issue d’une des familles les plus distinguées du Rouergue et était née à Rodez. Ses parents, dès l’âge le plus tendre, 1 initièrent aux principes de la doctrine chrétienne et, dit Jacques Branche dans son naïf langage, « le naturel de ceste petite innocente estait si bien « faict pour la vertu, qu’elle n’avait point de passion plus ardente que « de s’employer à son exercice, et, pour rendre cet employ plus recom- « mandable, elle fit un saint mariage de la pureté de son corps avecque « celle de l’esprit, par le vœu de la virginité perpétuelle. »

Combien grande fut son anxiété, quand ses parents vinrent lui déclarer que sa main était demandée par un jeune et riche seigneur de la contrée auquel elle avait été accordée et que l’époque de la cérémonie des noces

était fixée. ' ...

Procule attérée rentra dans son appartement et renouvela a son divin époux la promesse quelle lui avait faite. Pour toute réponse, Jésus- Christ envoya par Fange Gabriel un anneau d’or, comme gage de la sainte alliance qu’il contractait avec elle.

Tout était disposé pour la célébration de son mariage avec le comte Géraud, celui qui lui avait été désigné par ses parents, quand, par une révélation d’en haut, elle s’enfuit à l’aide d’un déguisement et abandonna la maison paternelle. Après avoir traversé les montagnes du Rouergue, celles de la haute Auvergne, 'elle arriva sur la lisière de l’Auvergne et du Bourbonnais et enfin s'arrêta à une demi-lieue de Gannat dans une petite caverne située au milieu d’un bois et à travers les broussailles.

Là, pendant qu’elle se reposait de ses fatigues et qu’elle s’entretenait dans la solitude avec son divin époux, elle vit tout à coup arriver Géraud qui avait suivi ses traces et avait découvert le lieu de sa retraite. « Pre- « nant aussitôt la fuite, disent les Petits Bollandistes, pour éviter son « persécuteur qui lui ferme le passage, elle passe à travers des rochers « inaccessibles, qui, semblant vouloir lui livrer passage, se ramollis- « sent sous son poids et gardent encore l’empreinte de ses doigts et de « ses genoux. »

Géraud s’acharnant à la poursuivre, l’atteignit à cent pas de la ville de Gannat, et la Sainte tomba à genoux en faisant le signe de la croix et en prononçant le nom de Jésus, au moment où elle était décapitée par Géraud ; mais, se relevant aussitôt, elle prit sa tête entre ses mains, la porta dans l’église de Sainte-Croix et alla se prosterner au pied d’un autel où un prêtre, du nom de Paul, célébrait la sainte messe. Puis elle laissa échapper sa tête et s’affaissa sur elle-même pour ne plus se relever. En souvenir de ce fait mémorable, son corps fut inhumé près du grand autel de l'église de Sainte-Croix. Les miracles s’y multiplièrent tellement qu’on fut obligé d'opérer successivement deux translations de ses reliques. En 1673, les habitants de Rodez, la ville où était née sainte Procule, obtinrent du curé de Sainte-Croix un os du bras de la Sainte.

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