‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 29 sur 724 · DIX JUILLET, SAINTE AMELBERGE · texte numérisé non relu

DIX JUILLET, SAINTE AMELBERGE

l'Epizootie et, de prolonger la vie des Agonisants ; mais ils ne donnent aucune explication sur l’origine de ces invocations. Les mêmes auteurs reproduisent un tableau dans lequel le Saint est représente au milieu d’une vaste prairie, crossé et mitré, tenant un livre de la main gauche et bénissant de la main droite. A ses pieds, de chaque côté dernere lui, sont accroupies deux génisses. Au fond du paysage, saint Ze touche avec son bâton la tête du berger auquel il rend la parole, tout le bétail autour de lui paît çà et là. Evidemment ce tableau a traita l’invocation contre l'Epizootie.

(Acta Belgii. — Abbé Destombes).

SAINTE AMELBERGE OU AMALBERGE, VIERGE (’)

Patronne des Marins et des Laboureurs. — Invoquée contre les Naufrages, la Grêle, la Fièvre, les Contusions, les Douleurs aux bras ou aux

épaules, les Coliques de miserere, pour les Biens de la terre.

Amelberge , issue d’une famille distinguée par sa noblesse et sa grande fortune, aurait été demandée en mariage par Pépin (21 pour son fils Charles Martel ; mais, comme elle avait promis de consacrer sa virginité à Dieu, elle ne voulut écouter aucune proposition et fut obligée de prendre la fuite avec son frère Rodin. Charles, éperdument amoureux, parvint à la découvrir dans la retraite qu’elle avait choisie ; et, comme il voulait employer la force pour la faire sortir de son oratoire, il lui brisa l’os du bras et lui luxa l’épaule. La victoire n’en resta pas moins à la vaillante fiancée de Jésus-Christ. Elle fut guérie miraculeusement et obtint le don des miracles. Elle se fit religieuse à Munster-Bilsen près de Liège, mourut à l’âge de trente-et-un ans et fut enterrée à Temsche, village de sa seigneurie où elle avait fait élever une église en l’honneur de la Sainte Vierge. A la fin du XVe siècle son corps fut transféré à Gand.

L’invocation contre les Contusions et les Douleurs aux bras ou aux épaules s’explique facilement par l’acte brutal de son prétendant. Les Bollandistes reproduisent une ancienne peinture où l’on voit la Sainte en costume religieux au milieu d’un paysage. De la main droite, elle tient un livre, et, de la gauche, une palme. Elle foule aux pieds un personnage qui tient un sceptre et porte sur la tête une couronne fleurdelisée. C’est évidemment Charles Martel qui régna longtemps sur toute la France avec le simple titre de maire du palais.

De chaque côté et aux pieds d’ Amelberge, se trouvent deux esturgeons. Au second plan, à gauche, on aperçoit un puits auquel est suspendu un crible et, à gauche, un troupeau d’oies sauvages.

Quand les reliques d’ Amelberge furent transportées à Gand (3), à la fin du XIe siècle, le navire qui les portait escorté par une troupe considérable d’esturgeons et remorqué par une puissance surnaturelle , remonta le courant du fleuve.

()) Les Belges en font dériver le nom A’ Amélie.

(2) Voir Bollandistes (111® vol. de juillet, p. 89 et 91).

(3) Bollandistes (111° vol. juillet, p. 104).

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