‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 343 sur 724 · SAINT FRANÇOIS D’ASSISE, FONDATEUR DES FRÈRES MINEURS · texte numérisé non relu

SAINT FRANÇOIS D’ASSISE, FONDATEUR DES FRÈRES MINEURS

xm' siècle. — 1182-1226

Patron des Marchands, Tailleurs d’habits. Tondeurs de draps. Tisserands, Toiliers, Filassiers, Tapissiers, Passementiers. — Invoqué contre les Maux de tête, la Pauvreté, la Peste.

Bjgsg^ON père, Pietro Bernardone était un riche marchand de la jg|j$ | v^c d’Assise, qui ne songeait qu’à l’extension de son commerce. Sa mère, une pieuse femme, au moment d’acjftjSSlj coucher, était gravement malade, quand un étranger qui pénétra dans la maison et qu'on n’avait jamais vu, prévint les personnes qui étaient autour du lit de la malade, de faire transporter la signora dans une étable, où l’enfant viendrait au monde sur la paille. A peine eut-elle été portée dans une étable voisine, qu’elle accoucha très heureusement d’un enfant qu’on appella Jean. L’étude de la langue française lui était nécessaire pour faciliter les relations commerciales de son père, il s’y attacha avec une telle application qu’il apprit de bonne heure à la parler et à l’écrire comme un français, c’est pourquoi on le surnomma François , d’après l’orthographe de l’époque.

François aimait les pauvres et leur donnait avec générosité, il aimait le luxe, les beaux habits et tous les plaisirs permis. Aussi, son père qui était riche et très passionné pour l’argent, lui disait souvent: « Mon fils, vous êtes né sur la paille et vous y mourrez !

Un jour, un indigent se présentait à François, absorbé par des affaires de commerce , et était durement éconduit ; mais notre Saint, se repentant au mèmè instant, se mit à courir après lui et lui donna une large aumône en promettant à Dieu de donner dorénavant à tous ceux qui lui demanderaient. Une autre fois, il rencontre un gentilhomme qu’il savait malheureux et très pauvre, à l’instant, il se dépouilla de ses riches habits pour l’en revêtir et son père de lui répéter : « Vous êtes né sur la paille, vous mourrez sur la paille. »

Enfin, un autre jour, traversant à cheval la plaine d’Assise, il voit un lépreux venant à lui ; surmontant une invincible répugnance, il met pied à terre, l’embrasse en se recommandant à ses prières et remonte à cheval en regardant derrière lui... mais le lépreux avait disparu.

Pendant qu’il priait dans l’église de Saint-Damien qui tombait en ruine, une voix mystérieuse, sortant d’un crucifix que l’on conserve encore derrière le chœur de l’église de sainte Claire d’Assise, lui dit par trois fois : « François, va, répare ma maison que tu vois tomber en ruines. » Le Saint, veut appliquer à cette restauration tout l’argent qu’il possède ; mais son père s’y refuse opiniâtrement et l’enferme dans un cachot. Rendu à la liberté par l’intervention de sa bonne mère, il se fait mendiant volontaire, il tend la main en disant : « Qui me donnera une pierre, aura une récompense ; qui m’en donnera deux, en aura deux ; qui m’en donnera trois, en aura trois. » On commença par se moquer de lui ; mais bientôt les aumônes lui arrivèrent si abondamment, qu’en très peu de temps les réparations furent terminées, et l’église de Saint-

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Damien rendue au culte. Il répara successivement celle de Saint-Pierre,

dius la campagne d’Assise et celle de Notre-Dame des Antoes.

dans la campa0 Qaint-Damien l'Evangile où se trouvent ces

Ayant entendu reciier, a bamt-uamien, i rivciug .o

paroles du divin maître : « Ne portez ni or ni argent, m aucune mon naie dans votre bourse, ni deux vetements, ni souliers, ni bâton », François se sentit éclairé subitement, il avait trouve sa vocation II revêtit une tunique de l’étoffe la plus grossière, serree par une corde, ayant de longues manches et un capuce ; il allait enfin pratiquer cette pauvreté évangélique qu’il aimait tant. Six disciples le suivirent bien o dans la pauvre cabane qui lui servait d’abri et ils ne tardèrent pas a atteindre le nombre de onze. Ce fut alors que François écrivit sa îèg e dont les points principaux étaient : les vœux de chasteté, d obéissance et de pauvreté la plus absolue ; alors la petite troupe se dirigea vers Rome pour aller la soumettre à l’approbation du pape Innocent IL Leur requête rencontra plus d’une opposition, surtout de la part des Garclinaux; mais le pape ayant vu dans un songe mystérieux 1 eglise de Latran prête à tomber, étayée et soutenue par un pauvre homme, laibie et maigre, qui n'était autre que François, approuva verbalement son Institut, reçut sa promesse d’obéissance et de dévouement au Saint- Siège, conféra les ordres mineurs à ses disciples laïques, 1 ordonna luimême diacre et le nomma supérieur de tous ses religieux.

A leur retour à Assise, les Bénédictins concédèrent, à François et à ses disciples, l’église et le cloître de Sainte-Marie des Anges qui, d après les désirs des donateurs, devint le berceau de l’ordre. Il commença à prêcher dans les bourgades et les paroisses voisines et opéra un grand nombre de conversions qui lui servirent à établir son tiers-ordre, que

l'on appella les Frères et les Sœurs de la pénitence.

A Montefeldre, il rencontra le comte Orlando di Ghiusi Nuovo di Gasentino, qui lui donna une montagne abrupte, située dans la Toscane, le Monte del Arvernia, dont la main de l’homme n’avait jamais touché le sol.

Outre les visions mystiques dont François était sans cesse favorisé, il avait par une grâce spéciale tout pouvoir sur les êtres de la création. Un jour qu’il prêchait sous un arbre, sur lequel une compagnie d’hirondelles faisait entendre ses gazouillements : « Hirondelles, mes « sœurs, leur dit-il, cessez votre petit ramage jusqu’après la prédication, « car ce que je prêche, est la parole de Dieu votre créateur et le mien, « votre maître et le mien, » et elles se turent à l’instant. Avant de quitter le château, où on lui avait donné l’hospitalité, il voulut prêcher les oiseaux, ses petits frères, il s’approcha d’un arbre sur lequel ils vinrent tous se percher, et il les invita à bénir le Seigneur et à le remercier de ses bienfaits. Les oiseaux attentifs semblaient le comprendre, demeurant dans le silence et ils ne s’envolèrent que quand il leur eut commandé de se disperser.

Lorsqu’il eut évangélisé la Toscane, Foligno, Spolete, Narni, Terni et Ancône, il désira visiter Saint-Jacques de Gompostelle, il traversa alors le midi de la France, entra par la Biscaye en Espagne, où il fonda un grand nombre de maisons de son ordre, repassa les Pyrénées, gagna le Roussillon en laissant des frères mineurs à Perpignan et revint à Sainte-Marie des Anges, en traversant Montpellier.

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Pendant le IVe concile de Latran qui devait s’ouvrir à Rome le 1 1 novembre 1215, François obtint du pape une reconnaissance solennelle de son ordre devant tous les pères assemblés.

François âvait prédit qüe les Frères mineurs se répandraient comme les petits oiseaux dans toutes les parties du monde, pour y prêcher Jésus-Christ. Il ne cessa pas de poursuivre ce but qui s’accomplit à la lettre ; mais il désirait vivement conquérir la palme du martyre. Aussi, saisit-il 1 occasion d’un navire qui, d’Ancone, faisait voile pour l’Egypte et arriva au camp des Croisés, retranchés devant Damiette et vivement harcelés par les infidèles. La division régnait parmi les chrétiens et François leur prédit que s’ils livraient bataille, ils seraient infailliblement vaincus, ce qui arriva effectivement. Quant à lui, il se présenta devant le Soudan: après avoir tenté inutilement de le convertir, il lui dit: Ordonnez qu’un grand feu soit allumé, j’entrerai hardiment dans ce feu avec vos prêtres et vous verrez par là quelle est la véritable foi et la loi qu’il faut suivre.

Le Soudan, qui savait pertinemment qu'aucun de ses prêtres ne voudrait tenter l’épreuve, fut fortement ébranlé et reçut plus tard le baptême de la main des frères mineurs que François avait établis en Egypte. Après avoir visité la Palestine, prêché à Antioche, fondé divers établissements en Syrie, il revint à Sainte-Marie des Anges.

Dans le chapitre général de l’ordre qui eut lieu en 1219, François recommandant à Jésus-Christ la famille qu’il lui avait confiée et que ses infirmités ne lui permettaient plus de diriger, comme par le passé, constitua à sa place Pierre de Catane, vicaire général de tout l’ordre, puis se prosternant à ses pieds, il lui promit obéissance en toutes choses.

Au mois d’octobre 1221, pendant qu’il était dans l’église de Sainte- Marie des Anges, Notre Seigneur accompagné de sa sainte mère, lui apparut et lui dit : * François, à cause de ton grand zèle pour le salut « des âmes, il t’est permis de demander une grâce en leur faveur. »

« Notre Père très saint, dit François, je supplie votre infinie bonté « d’accorder à tous ceux qui visiteront cette église, une indulgence « plénière de tous leurs péchés, après s’en être confessés au prêtre. »

Notre Seigneur lui accorda cette grâce à condition qu’il irait la demander à son vicaire sur la terre.

François s’empressa d’aller trouver le Souverain Pontife qui fit d’abord plusieurs objections, et lui accorda ensuite verbalement l’indulgence pourtous les ans à perpétuité; mais, seulement, pendant un jour naturel, depuis un soir y comprenant la nuit, jusqu’au soir le lendemain. Saint François , en prenant congé du pape, lui dit que la parole de Sa Sainteté lui suffisait et que si cette indulgence était l’œuvre de Dieu, lui-même la manifesterait.

En passant à Gubbio, il vit la consternation peinte sur tous les visages. On lui dit qu’à toutes les heures de la nuit ou du jour, un loup des plus féroces faisait irruption, pour les dévorer, sur les malheureux habitants de la campagne et sur ceux de la cité. François s’avança résolument au-devant de l’animal furieux qui s’élançait vers lui, la gueule béante : « Viens ici, frère loup, lui dit-il en faisant sur lui un signe de croix, viens, et de la part du Christ, je te l’ordonne, ne me fais aucun mal, ni à moi ni à d’autres. » Aussitôt le loup s’arrête et, doux comme

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un agneau, vint se coucher à ses pieds : « Frère loup, reprit-il, tout le « monde crie et murmure contre toi et tu es un objet d’horreur pour tous « les habitants de la ville ; mais je le veux, frère loup, tu vas te récon- « cilier avec eux. » A ces paroles, le loup inclina la tête en signe d acquiescement et le Saint ajouta: « Je te promets, puisque tu consens à « faire la paix avec eux, qu’ils ne manqueront pas de te donner ce qui « est nécessaire à ta subsistance ; mais en reconnaissance de cette face veux-, je veux, frère loup, que tu me promettes de ne plus nuire dé- « sormais à personne, ni aux hommes ni aux animaux, me le promets- « tu ? » et le Saint présentant la main, le loup y posa familièrement une de ses pattes de devant, comme gage de sa fidélité à exécuter sa promesse. Deux ans après sa conversion, le loup mourut et les habitants de Gubbio regrettèrent vivement de ne plus le voir aller familièrement de porte en porte, entrant dans les maisons sans faire aucun mal à personne.

Dès l’an 352 de notre ère, quatre pieux ermites avaient érigé au pied de la colline d’Assise, une petite chapelle dédiée à la bienheureuse Vierge Marie. Au VI0 siècle, les Bénédictins du mont Subassio en devinrent possesseurs, l’ornèrent et l’augmentèrent de quelques portions de terrains : de là, lui vint le nom de Portiuncule. Plus tard, les apparitions des esprits célestes, dans son enceinte, lui firent donner le nom de Sainte-Marie des Anges. Pendant une nuit du mois de janvier 1223, François , ayant été assailli par d’horribles tentations, s’était roulé à travers les ronces et les épines, après s’être dépouillé de ses habits ; et comme une vive lumière remplissait le bois, il aperçut les ronces transformées en roses rouges et les épines en roses blanches ; en même temps, des anges vinrent prévenir le Saint d’aller à l’église où Jésus- Christ l’attendait avec sa sainte mère. François cueillit douze roses de chaque couleur et s’en vint à l’église : là, il osa supplier Jésus-Christ de déterminer le jour de l’indulgence qu’il avait daigné accorder en ce saint lieu. Le Seigneur lui déclara que ce serait à partir du soir du jour où l’apôtre saint Pierre se trouva délivré de ses fers, jusqu’au soir du lendemain et il enjoignit à François de se présenter avec quelquesuns de ses frères à son vicaire et de lui offrir des roses blanches et rouges en témoignage de la vérité du fait. Il partit pour Rome avec trois roses de chaque couleur et le pape Honorius III fut tellement frappé à la vue de ces fleurs apparaissant au milieu de l’hiver qu’il rassembla immédiatement les cardinaux et confirma l’indulgence qui devint célèbre dans le monde entier, sous le nom d 'Indulgence de la Portioncule (1).

Jésus-Christ devait bientôt lui conférer un autre glorieux privilège qui était un fait inouï dans l’Eglise. Pendant qu’il était sur le mont Arvernia pour faire une retraite de quarante jours, préparatoire à la fête de l’archange saint Michel, et qu’il priait sur la montagne, un

(1) Grégoire V (4 juillet 1622) étendit les privilèges de Sainte-Marie des Anges à toutes les églises de l’ordre des Franciscains. Innocent XI (12 janvier 1678) déclara que l’indulgence pouvait être appliquée par forme de suffrage aux âmes du purgatoire, Innocent XII (18 août 169o) étendit l’indulgence à tous les jours de l'année pour la seule église de la Portioncule.

D’après les déclarations do la Sacrée 'Congrégation du Concile, (17 juillet 17C0 et 4 décembre 1723), il est très essentiel de remarquer que l'indulgence de la Portioncule peut s’acquérir au jour prescrit autant de fois qu’on visitera dans le jour l’église des Franciscains.

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séraphin ayant six ailes de fen, s’arrêta à peu de distance de lui, et lui marqua le corps d’une figure conforme à celle du crucifix. Aussitôt les marques des clous commencèrent à paraître à ses pieds et à ses mains, une plaie rouge se montra également au côté droit, d’où coulait souvent un sang sacré qui mouillait sa tunique et le linge qu’il portait sur les reins. C’est de là que l’ordre prit plus tard le nom de Séraphique.

Peu de temps après, épuisé par les fatigues de l’apostolat, par les austérités les plus rigoureuses, par le sang qui s’échappait de ses plaies, François dépérissait sensiblement. Transporté à Sienne par ses religieux, dans l’espoir que l’air de cette ville lui serait plus favorable que celui d’Assise, il fut pris d’un vomissement de sang au milieu de la nuit et parut toucher à ses derniers moments. Pendant que ses frères du couvent et plusieurs autres venus de divers points de l’Italie, fondaient en larmes et lui demandaient sa bénédiction : « Comme mon « extrême faiblesse, leur dit-il, ne permet pas de parler, écrivez la bénô- « diction que je vous donne à vous tous, tant à ceux qui sont présente- « ment dans l’ordre qu’à ceux qui y entreront dans l’avenir jusqu’à la « fin du monde. Voici en trois mots mes dernières volontés: Que tous « les frères s’aiment toujours entre eux comme je les ai aimés et comme « je les aime. Qu’ils chérissent toujours madame et maîtresse la Sainte « Pauvreté et la conservent comme un précieux trésor. Qu’ils soient tou- « jours soumis et fidèlement attachés au souverain Pontife, aux prélats « et au clergé. Que le Père et le Fils et le Saint-Esprit les bénissent et « les protègent. Ainsi soit-il. »

Voyant la mort approcher, François voulut absolument se faire transporter à Sainte- Marie des Anges où il rendit son âme à Dieu, le 4 octobre 1226, deux ans après avoir reçu les stygmates, dans la 45e année de son âge, la 21° de sa conversion et la 19° du commencement de son ordre. Son cœur et ses entrailles furent déposés dans l’église. Son corps fut transporté à Saint-Damien en attendant que le magnifique sanctuaire, commencé en son honneur, fût achevé. Jusqu’en 1818, il était composé de deux belles églises superposées : l’église inférieure en plein cintre (image de la terre) dans laquelle on célébrait les offices de chaque jour ; l’église supérieure en style ogival (image du ciel) dans laquelle on officiait seulement les jours de grandes fêtes ; toutes les deux sont encore ornées sur toute leur surface de fresques magnifiques, exécutées par Gimabué, Giunta de Pise, Giotto, Thaddeo Gaddi et autres artistes des écoles primitives italiennes. Depuis 1230, on avait perdu la tradition de la place occupée par le corps de saint François ; en 1818, après d’assez longues recherches, on le trouva sous les degrés du maîtreautel de l’église inférieure. Ce fut alors que d’après les instructions de Pie VII, on couvrit avec un mausolée en marbre le caveau où reposait le cercueil du Saint, puis on creusa autour du tombeau, dans le roc vif, une troisième église souterraine en forme de croix grecque, malheureusement en style de l’ordre dorique. En avant du monument se trouve le maître-autel, placé directement au-dessous des maîtres-autels des églises

supérieures. ,

Avant sa conversion, saint François cédant au désir de son pere, le secondait dans la gestion de ses affaires commerciales. Il aimait également toutes les choses de luxe et surtout les habits riches et élégants ,

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c’est pour cela que plusieurs corps de Marchands et particulièrement les Tailleurs se sont rangés sous son patronage.

D’après saint Bonaventure, comme saint François souffrait des yeux et de la tète , exceptionnellement on avait placé sous sa tête un oreiller de plume, dans lequel le diable était entré ; aussi, le Saint était-il agité pendant toute la nuit et distrait à chaque instant de sa méditation. Ce ne fut qu’après avoir prié un de ses frères d’emporter au loin cet oreiller. qu’il s’endormit et fut délivré de toute douleur.

Le même fait, une autre fois, se reproduisit à peu près dans les mêmes circonstances à Grœcium, dans la vallée de Ricté pour saint François qui avait de violents maux de tôle et tremblait de tout son corps, sans pouvoir dormir. Par une expérience certaine, ajoute saint Bonaventure, le Saint avait appris, que, si les austérités épouvantent le démon, il est invinciblement attiré par la mollesse et par les délices. C’est là qu’il faut chercher l’origine de l’invocation adressée à saint François contre les maux de tête.

Nous avons vu au moment où sa vocation lui fut révélée, combien saint François désirait avant tout pratiquer la Pauvreté qu’il aimait tant, ce fut la préoccupation principale de toute sa vie, non seulement pour lui, mais pour ses frères. Dans les dernières instructions qu’il leur laissa, il leur recommanda d’aimer la sainte Pauvreté, sa dame et sa maîtresse; c’est pour cela que les anciens peintres se sont plu à représenter son mariage avec elle. Giotto, entr’autres, dans une fresque de la basilique d 'Assise, le montre uni à elle par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même ; tandis que, dans le ciel, des anges offrent à Dieu les maisons et les habits luxueux auxquels il vient de renoncer, la Pauvreté au milieu des épines est insultée par des enfants qui lui jettent des pierres, pendant que le chien aboie. Notre Seigneur joint sa main avec celle de François, au milieu d’un grand concours d’anges et de bienheureux.

Aussi la Pauvreté s’appelait-elle le mal de saint François, c’est-à-dire le mal dont il pouvait, par son intercession, guérir tous ceux qui en étaient affligés et qui l’invoquaient de tout leur cœur.

En Espagne, d’après le Gozos ci -joint, François est aussi invoqué contre la Peste :

Cuando de Peste afligidos I Quand nous sommes affligés de Peste, vous

Nos librais de su rigor... | nous délivrez de sa rigueur.

Les Bollandistes (2e vol., octobre, p. 886), disent que saint François avait proclamé en présence de sept évêques, à Sainte-Marie des anges, l’indulgence de la Portioncule, du haut d’une galerie en bois. En 1470, on conservait encore pieusement, en l’honneur du Saint, dans la chapelle élevée au-dessus de sa cellule, cinq fragments de cette galerie.

G est probablement le bois auquel on fait allusion dans cette bénédiction (1) :

OnEMUS.

Benedictio aquœ cum ligna B. Francisci Seraphici.

Deus qui ad salutem humani gcnevis maxima quœque sacramenta tn aquarum subs-

prions

Bénédiction de l’eau par le bois de samt François Séraphique.

Dieu qui, pour le salut du genre humain, avez employé la substance de l'eau pour vos

Ducale de Kemnten i?-/ V ^annale selectissvmarum Benedielionum, etc., imprimerie 1781 Venetu . L ’h 7j’' <ln.nsP. Bernardi Sanning, collectio Benedielionum, Bassani 1783. Venetu,. Ces deux ouvrages imprimés : Cum permis, u superiorum.

cinq octobre, saint placide.

Itinlia condidisti, adeslo propilius invocationibus noslris. et elemento huie mullimodis puri/icalionibm prœparato, per hu jus sacri IÀgni conlaclum, Ii. Pâtre nostro Francisco intercedenle, virtutem tiuc bénédiction is infunde , ut creatura tua mysteriis luis serviens, ad abigekdos dæmones, morbosque pellendos, divinue gratine sumut effectuai, ut sil omnibus sumentibus salas mentis et corporü, et quidquid ex eo tactuin, vcl aspersum fuerit, careat omni immundüia, liberetur d noxa, et si quid est quod aul incolumitali habitantium invidet, aut quieli, aspersione, vcl sumptione hujus aquai effugial, ut salubntas per invocationem sancti lui nominis, et Divi Palris Francisco expelila, ab omnibus sit unpugnalionibus defensa. Per, etc...

plus grands sacrements, écoulez favorablement nos prières et par le contact de ce bois sacré, avec l’intercession de notre père saint François, répandez la vertu de votre bénédiction sur cet élément préparé pour diverses purifications, de telle sorte que cette eau créée par vous, servant à vos mystères pour chasser les démons et guérir les malades, reçoive les effets de votre grâce divine, afin que pour ceux qui en useront, elle soit le salut de l’âme et du corps, que tout ce qui en sera touché ou arrosé, soit exempt de toute impureté et délivré de tout mal et que, si quelque chose attaque les habitants de ce lieu dans leur santé ou leur repos, l’absorption ou l’aspersion de cette eau la fasse disparaître, de manière que la prospérité demandée par l’invocation de votre saint et de notre père saint François soit à l’abri de toute atteinte. Par, etc

Saint François est principalement représenté portant les stygmates ou les recevant — soutenant sur son épaule une église qui menace ruine, — couronné d’épines, — - se mariant avec la ■pauvreté à laquelle il présente un anneau.

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