‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 373 sur 724 · DIX OCTOBRE, SAINT FRANÇOIS DE BORGIA · texte numérisé non relu

DIX OCTOBRE, SAINT FRANÇOIS DE BORGIA

les plus rigoureuses. Pendant le Carême, il ne prenait chaque jour qu’un morceau de pain, un verre d’eau et quelques herbes. Il communiait toutes les semaines, employant les trois jours précédant la communion à s’y préparer et les trois suivants en actions de grâces.

Ayant perdu, en 1546, son père Jean, duc de Candie, et sa femme Eléonore de Castro, il fit une retraite sous la conduite du Père Lefèvre, de la Compagnie de Jésus, et se décida à entrer dans cette congrégation, après avoir fondé, cà Gandie, un collège de Jésuites. C'est alors qu’il se mit en relation avec saint Ignace de Loyola ; d’après ses conseils, ayant suivi un cours de théologie à Gandie, il prit le titre de docteur eu cette science.

Il vint à Rome à la fin d’août 1550, et en sortit, après quatre mois de séjour, pour s’enfuir secrètement en Espagne, sur le bruit que le pape Jules III avait l’intention de le faire cardinal ; il se réfugia chez les Jésuites d’Ognate, à quatre lieues du château de Loyola. Là, il recherchait les plus vils emplois de la maison ; il aimait surtout à demander l’aumône de porte en porte dans les bourgades voisines.

Sur ces entrefaites, saint Ignace lui ayant ordonné d’aller prêcher dans les dilférentes parties de l’Espagne, le succès de sa parole dépassa les plus hautes espérances ; il opéra des prodiges surtout dans les classes distinguées de la société dont les familles entières vinrent se mettre sous sa conduite, dans toute la Péninsule, principalement dans l’Andalousie, dans la Castille et surtout en Portugal, à Evora et à Lisbonne. Ce fut alors qu’il fut établi supérieur général des établissements de la compagnie de Jésus, qui s’étaient singulièrement multipliés dans toute l’Espagne.

Après la mort du Père Laynez, second général des Jésuites, François fut élu pour lui succéder le 2 juillet 1565.

Son premier soin fut de fonder à Rome une maison pour le Noviciat « Il soutint avec tant de zèle, dit expressément Rohrbacher, les intérêts « de la société dans toutes les parties du monde qu’on peut l’en regarder « comme le second fondateur. »

Sur le désir exprimé par saint Pie Y, François avait accompagné le légat apostolique en Espagne, en Portugal et en France pour la négociation de la sainte Ligue contre les Turcs. Mais, usé par les austérités, par les fatigues incessantes de son apostolat et épuisé par la maladie, il vint

m°™ \ R°me mois après Pic Y. Grégoire XIII, en lui envoyant

sa bénédiction et 1 indulgence plénière, s’écria avec émotion : « L’Eglise

" en U1 une de, ses Plus fermes colonnes ! Il a toujours été son niw vr1^ '6 : c. est une grande perte ! » Il fut béatifié en 1624 par bain VIII, canonise le 12 avril 1671 par Clément X, qui fit ajouter au martyrologe, ces remarquables paroles à la date du 1 0 octobre^

Romce sancti Francisci Borgiæ prepositi generalis Socielatis jesd, vitee

Asperilalc, oralionis dono,

Abdicalis sœculi, recusahs Ecclesiœ dignilatibus, memorabilis.

A Rome on célèbre la fête de saint François de Borgia, général de la Compagnie de Jésus, illustre par l’austérité de sa vie par le don d’oraison, par les dignités du 'siècle auxquelles il a renoncé et par celles de Réalise qu’il a refusées.

DIX OCTOBHB, sainte tanche.

Car thagène, de Sainte-Marthe et de Popayan, étant réunis en synode, proclamèrent avec le consentement unanime du clergé et du peuple, saint François de Borgia patron spécial contre les tremblements cle terre , dans ces contrées si souvent désolées par ce terrible iléau ; ils décidèrent en outre que l’anniversaire de sa l'ète serait un jour férié et que des prières solennelles lui seraient adressées ce même jour dans le sanctuaire do la Compagnie de Jésus. Il est encore spécialement invoqué à Lisbonne contre ce même fléau.

Dans les biographies de saint François de Borgia , rien ne semble faire allusion à l’invocation spéciale qui lui est adressée contre la Furie des Taureaux ; néanmoins il était assez naturel qu’un saint, espagnol de la plus haute naissance qui, pendant sa vie et après sa mort, avait éclaté dans toute l’Espagne par do si grands et si nombreux miracles, soit en guérissant, par son intercession, les maladies les plus incurables, soit même en ressuscitant plusieurs morts ; il était assez naturel, disonsnous, qu’un saint si puissant auprès de Dieu fût choisi par le peuple pour ce patronage spécial, dans un pays où la nature sauvage de ces animaux les rend également redoutables, soit dans les cirques où ou les livre en spectacle en les combattant, soit même en rase campagne où leur rencontre constitue presque toujours un véritable danger.

Saint François est représenté ordinairement tenant à la main l’image do la vierge de Sainte-Marie-Majeure, attribuée à saint Luc, qu’il avait fait reproduire pour la propager ; à ses pieds, une couronne indiquant qu’il était issu de la maison royale d’Aragon et le chapeau de cardinal qu’il avait refusé plusieurs fois. On le représente aussi tenant d’une main une tête de mort, portant la couronne impériale en souvenir de la scène décrite plus haut et qui avait déterminé sa vocation.

(Riuadaneira. — Rohubacheii. — J.-M.-S. Dauvignac.)

Page 1