SAINTE URSULE & SES COMPAGNES, VIERGES & MARTYRES
iv* siècle. — 383
Invoquée pour Trouver un bon parti, le Choix d’un état, les Enfants
malades, la Bonne mort, l’Assistance à l’heure de la mort, pour Mourir
muni des Sacrements de l’Eglise et contre les Flammes du purgatoire.
— Patronne des Institutrices et du Collège de la Sorbonne,
es actes de sainte Ursule et de ses compagnes ont été très discutés. Nous n’entrerons pas dans cette discussion et nous nous appuierons sur le Bréviaire romain (Ivervcr, 15Gü), dont les leçons sont extraites, partie des actes de sainte Ursule , écrits au VIIe siècle par saint Cunibert, évêque de Cologne, . partie des révélations de sainte e Schœneau et du bienheureux Hermann de Steinfelp, au
XIIe siècle.
Ursule était l’unique ûlle du très noble et très riche prince des Bretons. Comme elle était très belle et d’un grand génie, lorsqu’elle fut en âge d’être mariée, elle fut demandée pour femme par le fils du roi d’Angleterre, païen et beaucoup plus puissant que son père qui, lui, était très chrétien. Ursule, dès ses plus jeunes ans, avait voué sa virginité à Dieu. Voyant son père en proie à une très grande angoisse pour deux motifs, le premier parce qu’il n’était pas raisonnable de contraindre au mariage sa fille consacrée à Dieu, le second parce qu’il redoutait la cruauté de ce païen, en presence de ce refus, elle eut recours au conseil de l’Esprit-Saint, afin de s’éclairer sur le parti à prendre dans cette conjoncture anxieuse.
Divinement inspirée, elle persuada à son père de consentir à la demande du tyran, à cette condition cependant que le fils du roi d’Angleterre lui enverrait dix vierges d’âge, de naissance et de beauté choisis et qu’il adjoindrait à elle et à chacune des dix vierges, mille vierges ; puis qu’il construirait onze lois onze navires pour les contenir toutes les onze mille et qu’enfin il lui accorderait trois ans pour dédier à Dieu sa virginité ; tandis que lui-^nême, pendant ce temps-là, se ferait instruire dans la foi. Ce projet, tout extraordinaire qu’il était, fut accepté, Dieu aidant, par le roi d’Angleterrc et par son fils qui se hâta de lui envoyer toutes les vierges dont Ursule désirait s’entourer.
C’est évidemment à ce premier acte de sainte Ursule, inspiré par le Saint-Esprit, qu’il faut rapporter les invocations qui lui sont adressées pour trouver un bon parti et pour le choix d’un état.
En attendant que les navires fussent construits, les cohortes de jeunes filles de tout âge, prêtant l’oreille avec la plus grande avidité aux très salutaires avertissements d’Ursule, leur reine et leur Directrice , et élevant leurs cœurs et leurs mains àu ciel, comme pour prêter au Christie serment d’obéissance, s’engagèrent à embrasser, avec dévouement, tous les devoirs de la divine religion, ne formant plus qu’un seul cœur et qu’une seule âme ; Ursule leur avait d’ailleurs révélé, comme à de très fidèles compagnes d’armes, le secret de son projet.
Cette direction incessante qu' Ursule imprima aux onze mille vierges;
VINGT-ET-UN OCTOHHE, SAINTE UHSULE.
non-seulement au commencement mais encore pendant toute la durée de leur voyage, a été l’origine du patronage réclamé par les Institutrices. Gomme elle eut à veiller pendant toute la route sur les plus jeunes vierges et à leur prodiguer tous les soins d’une véritable mère, on a voulu l’invoquer pour les Enfants malades qui ont tant besoin qu’on s’occupe d’eux au milieu de leurs souffrances.
Les navires et tous les préparatifs étant donc terminés, toutes les vierges s’éloignant des côtes de Bretagne, abordèrent dans le port de Cologne ; c’est là que le Seigneur fit ordonner à Ursule , par un ange qu’elle eut à se rendre à Rome et qu’à son retour de cette ville, elle, son fiancé, et toutes ses compagnes, entreraient dans la céleste chambre nuptiale avec la glorieuse couronne du martyre.
Venant donc de la ville de Cologne à Bâle sur leur navire, elles se rendirent à pied dans la ville éternelle où le pape et son clergé leur ftrcri le meilleur accueil. Un certain nombre de ces jeunes filles, qui n’étaient que catécumènes, furent baptisées dans cette ville. Après avoir visite pendant quelques jours, les divers tombeaux des saints et recommandé,’ dans les veilles et dans la prière, leurs âmes à Dieu, elles s’en retournèrent à Bâle toujours à pied et par le même chemin. Ayant retrouvé leurs navires, elles s’embarquèrent de nouveau et se laissant aller au cours du Rhin, elles arrivèrent à Cologne. Au moment où elles sortirent de leurs vaisseaux, les Huns qui assiégeaient Cologne, dit le Bréviaire romain, se ruèrent comme des loups ravissants sur ces très douces brebis et massacrant tout ce sacré collège qui s’offrait de lui-même à la mort pour le nom du Christ,' ils les envoyèrent au ciel par la voie du martyre
Quant à Ursule , saisis d’étonnement à la vue de sa beauté ils l’amenèrent vivante a leur prince qui, subitement épris d’amour pour elle lui piomit de la prendre pour épouse, si elle voulait y consentir • mais la vierge généreuse ayant rejeté cette proposition, le tvran ««ni,.,; i,„-
Aujourd hui encore a Cologne, dans l’église de la Sainte on
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