‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 415 sur 724 · VINGT-ET-UN OCTOBRE, SAINTE URSULE · texte numérisé non relu

VINGT-ET-UN OCTOBRE, SAINTE URSULE

choix : « On est surpris, dit-il, comment un collège, tel que la Sorbonne,

« a pu se déterminer à choisir sainte Ursule et scs compagnes, et Ton ne « voit aucun rapport de ces Saintes avec un corps de docteurs en théo- « logie. » Sans être nous-mêmes théologien, il nous semble qu’on pourrait répondre à l’abbé Lebœuf que la plus haute école delà théologie est certainement le martyre, école par laquelle toutes ces jeunes et petites filles avaient victorieusement passé, réconfortées par les leçons et les exhortations de leur maîtresse et directrice, sainte Ursule.

Thomas de Cantimpré (1) raconte un miracle qui eut lieu à son époque (XIIIe siècle) à l’hôpital de Bruxelles. Une sœur qui servait les pauvres, atteinte d’une maladie très grave, mourut vers la troisième heure du jour et resta étendue sur son lit. Le soir était déjà arrivé, quand tout àcoup, revenant à la vie et se levant, elle appela toutes ses compagnes avec tous ceux qui étaient présents : « Pendant que je vivais, leur dit- « elle, j’ai vénéré chaque jour les vierges de Cologne. C’est par leurs priè- « res que j’ai été délivrée du Purgatoire et que j’ai été rappelée à la vie « afin d’annoncer que tous ceux qui feront d’elles une sainte et digne « mémoire jusqu’à l’heure de leur mort, pourront compter sur leurs suf- « frages a ce moment suprême. Après avoir rendu ce témoignage, je vais « mourir de nouveau. » Immédiatement il fut fait comme elle l’avait dit.

Telle est l’origine des invocations qui sont adressées à sainte Ursule et à ses compagnes pour la Bonne mort, pour l’Assistance à l’heure de la mort, pour mourir muni des Sacrements de l’Eglise et contre les Flammes du Purgatoire.

D’après la Mère de Blémur, il y a des personnes qui récitent chaque jour onze fois le Pater Noster ou l’Ave Maria pour honorer chaque millier de ces Saintes et obtenir leur assistance en leurs derniers moments : « La peine n’est pas grande, dit-elle, et l’utilité en est considérable. »

Dans les cantiques de l’Ame dévote , composés par Laurent Durand, prêtre du diocèse de Toulon (Paris, 1759), on trouve dans celui de sainte Ursule et dans les strophes adressées aux Ursulines, la confirmation des invocations signalées plus haut :

Votre mère (Ursule) a le crédit D’obtenir une mort sainte A ceux qui tremblent de crainte Lorsqu’il faut rendre l’esprit.

Demandez à Dieu par elle,

Pour comble de scs bienfaits,

Que notre mort temporelle Nous fasse vivre à jamais.

Ce fut sainte Angèle de Merci, ou plutôt de Bresse, qui fonda les Ursulines. Dans une vision céleste, elle avait aperçu une échelle brillante semblable à celle de Jacob : Un nombre infini de vierges chrétiennes y montait deux à deux, la tête ornée de riches couronnes et en même temps une voix lui dit : « Angèle, prenez courage ; avant de mouiii « vous établirez, à Brescia, une compagnie de vierges semblables à celles « que vous venez de voir. »

Elle les établit effectivement en 1537 et fut nommée supérieure avant

(1) Miraculurum et exemplorum memorabilium mi temporis, lib. n, cap. 33, num. 7, p. ü»i. Edit. 1003.

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