SAINT EVRARD, BERGER
VIIIe SIÈCLE.
Invoqué pour le Temps favorable aux récoltes et aux travaux des champs.
N lit dans les Manuscrits du savant chroniqueur, le chanoine Charlet, qu’Evrard était un duc d’Italie au temps de l’empereur Lothaire, vers l’an huit cent cinquante-six. Il dit adieu à toutes les grandeurs humaines- dont il était dégoûté, et se retira au désert de Moiron (1) où il vécut de racines et d’herbes amères ; cet ancien grand seigneur faisait paître un troupeau de moutons et de porcs dont il distribuait les produits aux pauvres du voisinage.
Sa charité et ses miracles lui eurent vite conquis la vénération des habitants circon voisins. Ceux de Luzy lui rendirent les derniers devoirs et l’enterrèrent sous une simple tombe ; mais l’évêque de Langres, apprenant que des prodiges s’accomplissaient par l’intercession du Saint, fit exhumer ses ossements, et comme la forêt de la Garenne et la plus grande partie de la vallée de Moiron où saint Evrard paissait son troupeau appartenait à l’évêché, il y bâtit à ses frais une chapelle et y déposa les reliques de l’Anachorète.
Elle devint le but d’un pèlerinage très fréquenté. On y voyait un grand nombre d’ex-voto qui témoignaient des guérisons obtenues par l’intercession de saint Evrard. On l’invoquait avec un succès merveilleux pour le Temps favovableaux récoltes et aux travaux des champs.
Les évêques de Langres avaient préposé à la garde du tombeau des Chevaliers, formant un ordre militaire comme celui des Templiers et des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. La chapelle primitive a été remplacée au XII8 siècle par celle qui existe encore et qui présente les caractères de l’architecture romane.
Les débris de ces reliques soustraites aux profanateurs de 1793, sont encore portées en procession de Luzy à Verbiesles, aux deux fêtes de saint Evrard : l’une le lundi de Pâques, l’autre le quinze juillet.
[L Abbé Godarb . — Saints de la Haute-Marne) .
(i) Haute-Marne.
T. il.