SAINT TIBERY (*), MARTYR, AU DIOCÈSE D’AGDE
Invoqué contre la Folie.
§e Martyrologe nous enseigne qu’au diocèse d’Agde, sous la persécution de Dioclétien, Tibery et ses compagnons, saint Modeste et sainte Florence, endurèrent divers tourments et accomplirent leur martyre au commencement du IV« siècle.
On dit (vc vol., Dictionnaire de Trévoux) que saint Tibery était encore fort jeune et qu’il eut son propre père pour persécuteur. Le lieu de combat des martyrs, qui fut aussi celui de leur sépulture, s'appelait aussi Cesseron ou Cessa rion, en Languedoc, entre Agde et Pezenas, à cinq lieues environ de Béziers. Leur culte devint si célèbre que l’on y bâtit un monastère, en leur honneur, vers le huitième siècle. C'est encore aujourd'hui une abbaye du nom de Saint-Tubery, au diocèse d’Agde ; elle est aux Bénédictins de la congrégation de Saint-
“iteDuis un temps immémorial, saint Tibery était invoqué dans ce couvent pour la guérison des Fous. Sur un sceau de cette communauté. Ion mué sur une pièce datée du 25 juillet 1303 (2), on voit saint Tibery fgenoüx et les mains jointes. Devant lui, est un Possédé, de la bouche
d"^eTOyI«eur,atu milieu du XVII- siècle, s’exprime ainsi sur cette invocation (3) :
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(1) Alias Tyberi, Thybery, Tibère, Tubery, Tyberge.
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(Bibl. de la ville de Montpellier).
DIX NOVEMBRE, SAINT LUDRE
custodiuntur, post in sacello subterranco propinquo, sacro adsunl, donec mens ipsis sana redeat. H inc joculare illud : A [. i, s z a saint Tcbert pour devenir sage.
l’on garde les Fous pendant quatorze jours, puis on les fait assister à la messe dans une chapelle souterraine qui en est proche jusqu’à ce qu’ils aient retrouvé leur raison. Delà, ce bon mol : Allez à saint Tub&ry pour deornir sage.
A la date du 27 juillet 1874, le Lien regretté abbé de Yinas, curé de Jonquière (Hérault), m’écrivait :
« . Saint Tiberius et ses compagnons ont un office propre à notre diocèse. Saint Tiberius est invoqué contre la Rage et la Folie. Au temps des Bénédictins, qui y sont demeurés jusqu'en 1789, on menait les Fous a Saint-Tibery pour demander leur gérison. On disait pour eux une neuvame de messes. A la fin de la messe, après la communion, on faisait boire, degre ou de force, au patient, un verre d’eau dans lequel on trempait auparavant une dent de saint Tibery. Si le Fou était enragé ou funeux on 1 enfermait dans une espèce de prison ou cellule, située auprès de la porte de 1 Eglise. La cellule était fermée par un gros verrou exteneur qui existe encore ; de là le proverbe : Il a baisé l e verrou de saint Tibery , manière de dire : Il est fou. »