DIX NOVEMBRE, SAINT ANDRÉ AVELUNO
Tout ce qui lui restait de temps en dehors des devoirs de son office et des prescriptions de sa règle, il l’employait à la prière et au salut des âmes.
« Une nuit, dit son biographe du Pèlerin, que, par une grande tempête, André revenait de confesser un malade, la violence de la pluie et du vent éteignit le flambeau qui servait à l’éclairer ; non seulement ses compagnons et lui ne reçurent aucune goutte d’eau au milieu des torrents de pluie qui tombaient, mais encore il arriva que notre Saint, grâce à une vive splendeur qui jaillissait miraculeusement de son corps, servit de guide au sein des plus profondes ténèbres à ceux qui l’accompagnaient. » C’est à ce fait miraculeux qu’il faut attribuer l’origine de l’invocation qui lui est adressée contre les Orages.
Son zèle pour la sanctification des prêtres le conduisit à Milan et à Plaisance pour y établir des maisons de son ordre. Dans la première de ces deux villes, il assista de ses conseils saint Charles Borromée.
Rempli d’une singulière dévotion pour la très sainte Vierge, André entendait souvent chanter des anges pendant qu’il récitait le saint office. Enfin, âgé de quatre-vingt-huit ans, il fut subitement frappé d’ Apoplexie au commencement de la messe, au moment où il répétait pour la troisième fois les paroles : Intro'ibo ad altare Dei. On s’empressa autour de lui, les Théatins l’emportèrent dans une maison contiguë à l’église. La violence du mal lui avait enlevé l’usage de la parole ; mais sa raison n’était nullement altérée. Il manifesta, par des signes, son désir ardent d’être porté devant le maître-autel où il reçut la sainte Eucharistie.
Quelque violent que fût son mal, André conserva, par une faveur singulière de Dieu, sa liberté d’esprit pleine et entière. Ayant vu de loin le SainL-Sacrement dans les mains d’un prêtre, il donna des signes extraordinaires de piété et de dévotion.
Il reconnut parfaitement des religieux et des séculiers auxquels il donna sa bénédiction. li avait prédit que, pendant son agonie, il aurait un rude combat à soutenir contre l’ennemi du genre humain ; aussi, tout à coup sa figure s’assombrit, ses traits se contractèrent, et ce ne fut qu’après avoir fixé plusieurs fois, avec une grande fermeté, une image très pieuse suspendue à la muraille de sa chambre, qu’il recouvra bientôt sa tranquillité accoutumée; alors son âme joyeuse et triomphante s’envola vers le ciel.
Saint André Avellino devait être naturellement invoqué contre la terrible affection qui a déterminé sa mort, Y Apoplexie ; mais comme néanmoins (ce qui n’arrive que très rarement à ceux qui en sont atteints), il avait conservé toutes ses facultés, excepté celle de la parole, ce qui lui permit de recevoir tous les Sacrements de l’Eglise, de livrer un dernier combat à l’ennemi qui vient souvent nous assaillira cette heure suprême et de se préparer à toutes les tribulations de la Mort, les Agonisants l’ont invoqué pour obtenir une bonne Mort et aussi contre la Mort subite, suite ordinaire de V Apoplexie.
Cette dernière invocation est très répandue en Italie et en Espagne. A Rome, dans l’église de Saint- Andrè-della-V aile, le 10 novembre, il y a communion générale et distribution de médailles de saint André, bénites in articulo mortis.
Si l’on en croit YUnivers du 28 juillet 1875, le roi Victor-Emmanuel
qui avait plus d’une raison pour redouter la mort et surtout la Mort subite , récitait, trois fois le jour, une prière à saint André Avellino.
Dans un cantique castillan (Gozos) , cette môme invocation est signalée :
protector contra las Apoplegias y muertes repentinas.
Prevenis ton sacramentos Al enfermo que en vos fia y contra la Apoplegia Obrays sin fin los portenlos :
De el ocaso repentino Librays al atribulado.
Béatifié en 1628 par le pape Urbain VIII, il fut canonisé par le pape Clément VI, en 1712.
Saint André Avellino est représenté tantôt frappé d’apoplexie au pied de l’autel, tantôt au milieu d’un orage, éclairant la route de ceux qui le suivent par un rayonnement surnaturel de toute sa personne. (Supplément au Pèlerin, n° 215.)
Protecteur contre les Apoplexies et les
MORTS SURITES.
Vous obtenez la grâce de recevoir les Sacrements pour le malade qui a foi en vous, et contre l'Apoplexie vous faites des miracles sans fin. De la Mort subite, vous délivrez celui qui est dans la tribulation.