SAINT MARTIN, ÉVÊQUE DE TOURS, PATRON DE LA FRANCE
iv« siècle. — 316 ou 317. — 397.
Patron des Guerriers, Armées catholiques, Cavaliers, Cavalerie, Sergents à cheval, Chaînetiers ou Faiseurs de cottes de Maillés, Tailleurs d’habits, Chapeliers, Brossiers, Tanneurs, Boursiers, Mégissiers, Ohamoiseurs, Parcheminiers, Gantiers, Basaniers, Maroquiniers, Voyageurs, Hôteliers, Crieurs publics, Buveurs, Tonneliers, Courtiers en Vin,
Marchands de vin, Marchands en gros. Meuniers et Faïenciers.
Invoqué pour les Chevaux, les Oies et les Animaux domestiques, pour Fortifier les Enfants et contre le Carreau (maladie des enfants), le Mal des Ardents, les Boutons, Pustules, Petite Vérole, Erysipèle et les Serpents.
aint Martin, dit Louis Veuillot (1), fut le grand conquérant religieux des Gaules. Il les prit de sa main, que la pratique héroïque de toutes les vertus avait armée de miracles, il les donna au Christ, et son tombeau devint une forteresse d où il garda sa conquête contre toutes les invasions et les barbaries postérieures. Il est chez nous le véritable ancêtre de la nationalité, le père et le puissant défenseur de la civilisation chrétienne... Lorsque 1 élection du peuple chrétien le plaça de force sur le siège de Tours en 372, il y a aujourd’hui quinze siècles, les villes de la Gaule seulement étaient chrétiennes ; presque tout le reste appartenait encore à 1 idolâtrie, il en triompha par vingt-trois ans de miracles. Ainsi se prépara et s accomplit, avec une étonnante rapidité, la fusion des Gaulois et des Francs. »
.Aussi saint Martin est-il le saint le plus populaire de France. Avant 1 institution des pèlerinages de la très sainte Vierge, La Salette, Lourdes, le tombeau de saint Martin était un des quatre grands pèlerinages du monde chrétien qui comprenaient Jérusalem, Rome et Saint Jacques de
(1) Univers, 8 novembre 1872.
Compostelle. Nos rois, fondateurs de l’unité politique du territoire français, ont toujours réclamé et obtenu la protection de saint Martin que nous devons prier, comme le grand patron de la France, après saint Michel.
Avant de tenter d’esquisser à grands traits la vie du célèbre thaumaturge, nous devons signaler, à nos lecteurs le magnifique ouvrage de A. Lecoy de la Marche (1). C’est un véritable monument élevé àsa mémoire et ceux qui voudront avoir une idée exacte de cette vie consacrée tout entière à la gloire de Dieu, se feront un devoir de consulter ce livre, marqué au coin de la foi unie à la science rigoureuse de l’historien, tout en respectant les légendes. L’auteur a adopté quatre grandes divisions que nous suivrons également : 1° Saint Martin, soldat ; 2° moine ; 3U évêque ; 4* apôtre.
Saint Martin, soldat. — Bien que né de parents païens, dès ses plus jeunes années, Martin semblait déjà avoir reçu les traditions du christianisme ; il était venu au monde à Sabarie, en Pannonie, mais il fut élevé dans la ville de Pavie, en Italie, où son père était tribun militaire et ne dissimulait pas sa haine contre les chrétiens. Néanmoins saint Martin, âgé de dix ans, se présenta à l’Eglise et demanda à être admis comme catéchumène. A douze ans, ayant appris que les solitaires, dans le but de mener une vie plus parfaite, se retiraient dans les déserts et se livraient aux plus rudes austérités, il voulait déjà suivre leurs exemples ; mais son père, pour le détourner d’une voie qu’il était bien loin d’approuver, profitant d un édit de l’empereur Constance qui appelait lesüls des vétérans sous les armes, l’incorpora malgré lui dans une légion comme cavalier en titre II était alors dans sa dix-neuvième année. Dieu qui, dans ses desseins, le voulait déjà donner à la France, permit que le détachement, auquel il appartenait, fût envoyé en garnison à Amiens. Un jour d'hiver où le froid était très intense, Martin se trouvait à la porte de cette ville avec ses compagnons, quand passa un pauvre tout nu et tremblant de froid. Après avoir été éconduit par les autres soldats, il s’adressa à Martin qui, ému de pitié, partagea sa chlamyde en deux parts avec son épée et en donna la moitié au mendiant.
La nuit suivante, Notre-Seigneur lui apparaissait vêtu de cette moitié et se retournant vers une troupe d’anges qui le suivaient, il leur dit: « Martin , qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. »
Bien que Lecoy de la Marche établisse clairement que Martin avait parfaitement le droit de disposer d’une partie de son uniforme, nous croyons néanmoins devoir rapporter ici une légende qui se rattache à notre récit et qui a trait à l'Eté de la Saint-Martin.
Saint Martin aurait partagé son manteau en deux pour le donnerà un pauvre le 11 novembre, date à laquelle eurent lieu ses funérailles (il était mort le 8 du même mois). Ce jour, rapporte une tradition (2), Martin, malgré le grand froid qui se produisait ordinairement en novembre, fut, par ordre du Centurion, exposé à demi-nu, dépouillé même de la moitié de sa chlamyde, sur le pilori destiné aux soldats qui avaient détérioré leurs effets. Mais soudain le froid tomba, le soleil perça la brume et devint chaud. Ce fut le premier été de la Saint-Martin.
(1) Suint Martin, Tours, Ma.me, 188) .
(2) Voir le Pèlerin, n°* 97 et 149.
Nous avons vu que Notre Seigneur avait désigné Martin comme n’etant encore que catéchumène ; selon Sulpice Sévère, qui rapporte son baptême immédiatement après le récit de sa vision, sans transition aucune, il y a tout lieu de croire qu’il eut lieu à Amiens même.
Martin resta encore deux années à l’armée, continuant ses bonnes œuvres et ses pratiques pieuses, on croit même que, sous 1 habit de so dat, il fit acte d’apôtre à Amiens, en Artois et en Flandre.
Saint Martin moine. — Quand saint Martin quitta l’armée à Worms, • il n’était qu’à une petite distance de Trêves ; c’est pourquoi, vers cette époque, il entra en relation avec saint Maximin, évêque de cette dernière ville. Tous deux, voulant visiter le tombeau du bienheureux apôtre, se dirigèrent vers Rome en 346. S’étant arrêtés auprès d un petit bourg, Martin s’en alla devant pour acheter des vivres et Maximin, fatigué, s’abandonna au sommeil. A son retour, Martin ne retrouvant plus 1 àne qui portait leurs bagages, montra à Maximin Fours qui venait de le dévorer. I/évêque, appelant à luicetours, lui commanda au nom duSeigneur Jésus, de remplir l’office de celui qu’il avait immolé à sa gourmandise. L’animal reçut docilement le fardeau qu’on lui imposa et les suivit ainsi jusqu’à Rome.
Après leur retour à Trêves, Maximin qui était Poitevin, emmena Martin à Poitiers avec lui et y fut surpris par la mort le 12 septembre 347. Ce fut alors que notre Saint se mit sous la conduite de saint Hilaire récemment élevé sur le siège épiscopal de Poitiers. Celui-ci, enthousiasmé par le mérite éclatant de son disciple, voulut l’ordonner diacre ; mais, dans sa modestie, Martin ne voulut accepter qu’un des ordres mineurs, celui d’exorciste. Dans Dom Martenne (De Antiquis ecc.lesiæ ritibus ) on trouve dans le 2e vol., p. 353, une formule d’exorcisme composée par lui. Sans renoncer pour cela à la vie religieuse et à ses projets monastiques, avant de pouvoir les réaliser, ayant été averti en songe d’aller revoir sa patrie pour tâcher d’ouvrir les yeux à ses parents encore plongés dans les ténèbres de l’idolâtrie, il se dirigea vers les Alpes. Il tomba au milieu d’une troupe de voleurs et d’assassins et fut aussi accosté par le diable lui-même qui tenta d’entraver sa mission ; cependant il triompha de tous les obstacles et arriva auprès de sa mère qu’il eut la consolation de convertir avec un certain nombre de ses compatriotes. Ce furent là les prémices de l’apostolat qu’il devait exercer plus tard avec tant de succès. Son père seul persista dans l’idolâtrie.
A son retour, il s’arrêta à Milan et au témoignage de Grégoire de Tours, ayant fondé sa première communauté religieuse dans cette ville, il fut persécuté par l’évêque intrus et se réfugia dans l’ile de Gallinaria infestée par d e nombreux serpents qu’il chassa. C’està cette circonstance qu’il faut attribuer l’invocation contre ces reptiles.
Aussitôt qu’il fut à Poitiers, où il retrouva saint Hilaire revenu de l’exil, sa principale préoccupation fut la fondation de Ligugé, le plus ancien de nos monastères. Ligugé était situé à huit kilomètres de Poitiers et cette proximité permettait à Martin d’être toujours le clerc et l’auxiliaire d’Hilaire.
C’est là qu’il établit les premières assises d’une congrégation des moines missionnaires dont le vivifiant apostolat avait été le rêve de toute sa vie et que, au témoignage de Grégoire de Tours, il commença, après cette fondation, à exercer dans les Gaules.
On croit que, à cette époque il accepta enfin le titre de diacre ce qui lui donnait le droit de prêcher et de baptiser. Le thaumaturge ne tarda pas a se montrer sous 1 habit du simple moine. Un catéchumène qu’il avait reçu à Ligugé avait été pris de langueur et était tourmenté d’une iievre violente, Martin , obligé de s’absenter pendant trois jours ne retrouva plus en revenant qu’un corps inanimé. L’effet de la maladie avait ete si prompt, qu’il n’avait pas permis de lui administrer le baptême. Pleurant et sanglotant, Martin s’enferma dans la chambre du mort et obtint sa résurrection au bout de deux heures de prières.
Peu de temps après, comme il passait devant l’habitation d'un personnage du nom de Lupicin, on le prévint qu’un pauvre petit serviteur venait de se pendre. A cette nouvelle, entrant dans la chambre où l’on avait déposé le cadavre, il voulut rester seul avec lui, se mit en prières
quelque temps et le mort, saisissant la main du moine, se dressa debout en face de lui.
Saint Martin, évêque. — L’évêché de Tours étant venu à vaquer, les Tourangeaux songèrent sérieusement à élever Martin sur leur siège épiscopal ; toute la difficulté était de le décider à abandonner Ligugé. Aussi, désespérant de 1 obtenir par- la persuasion, ils employèrent la ruse. Un habitant de Tours se jeta à ses pieds, le pria instamment de venir secourir sa femme malade. Martin le suivit sans défiance ; mais, au bout de quelque temps, il se vit tout à coup cerné et enveloppé par une troupe d’hommes et de femmes qui l’emmenèrent sous bonne garde jusqu’à la cité qui le désirait.
Là il fut proclamé évêque. C’était en 371 et le nouveau pontife était âgé de cinquante-quatre ans. A peine eut-il été installé dans son diocèse qu'il prit une grande résolution, dit Lecoy de la Marche, « celle de fuir la ville, de créer à sa porte un monastère, comme il avait fait près de Poitiers et d'administrer son diocèse du fond de ce nouveau Ligugé qui serait à la fois une retraite, une école, un séminaire. » C’est dans ce but qu’il fonda, à quelque distance de Tours, le couvent de Marmoutier, dont la règle, d’après l’aveu de Mabillon, inspira à saint Benoît lui-même plus d’un chapitre de la sienne. « Du vivant même de son fondateur,
« cette illustre maison commença à devenir ce qu’elle est restée durant « plusieurs centaines d’années, la pépinière du clergé et de l’épiscopat « des Gaules. »
Les prodiges ne lui firent pas défaut dans ce nouvel état de choses. C’était au milieu de l’hiver ; il était sur le point de célébrer la messe dans sa cathédrale quand un pauvre, pénétrant autour de lui, se montra à moitié nu. Martin donna immédiatement l’ordre à son archidiacre de lui procurer un vêtement ; mais comme celui-ci ne se pressait pas, le pauvre impatienté fit irruption dans l’asile du Saint en se plaignant de mouiir de froid. A cette vue, Martin, se retournant, retira la tunique qu’il portait et la donna au mendiant. « Le pauvre, c’était maintenant lui », dit Lecoy de la Marche. Il insiste de nouveau auprès de l’archidiacre afin qu’il aille acheter un vêtement pour le couvrir ; celui-ci impatienté sort et rapporte une vieille tunique courte et rugueuse qu'il jette aux pieds de Martin. L’évêque, toujours impassible, lui ordonne de se tenir un moment à la porte et se recouvre à la hâte de ce vêtement grossier qu’il dissimule à grand’peine sous les ornements sacerdotaux.
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Bientôt il commençe la cérémonie ; tout à coup, au moment de la bénédiction de l’autel, un nimbe de feu, s’allongeant vers le ciel, rayonne autour de sa tête et les manches de la tunique d’emprunt s’étant trouvées trop courtes, laissent voir ses poignets nus couverts de pierres précieuses. Ce miracle est connu sous le nom de la Messe de saint Martin.
Tout en essayant d’établir la vie monastique sur les bases d’un véritable apostolat, Martin créa, autour de la cité épiscopale, un certain nombre de petits centres religieux qui préparaient la fondation des paroisses rurales. Là où des temples d’idoles avaient été renversés, il s’empressait de les remplacer par des églises.
Partout il recommandait attentivement les honneurs à rendre aux Saints et la propagation de leur culte parmi les fidèles.
C’est ainsi que, d’après une légende controversée, il avait recueilli à Àgaune (Saint-Maurice-en-Valois) dans plusieurs fioles apportées par un ange, du sang des martyrs de la légion Thébaine et qu’il en aurait déposé une dans la cathédrale de Tours, une autre dans celle d’Angers, une autre dans l’église de Candes. Il en aurait même laissé une quatrième à Saint-Maurice où l’on voit encore aujourd’hui un magnifique vase en sardonix, dit Vase de saint Martin. On montre à Candes une ampoule gallo-romaine, à panse large, à goulot évasé qui répond mieux aux termes de la légende et que Mgr l’archevêque de Tours, le 31 juillet 1875, a déclaré devoir contenir le sang de saint Maurice.
Un jour, Avicien, le gouverneur de toute la province, homme puissant et cruel, était arrivé à Tours avec un long cortège d’hommes enchaînés, dont une partie appartenait au diocèse. Ils devaient être exécutés le lendemain sur la place publique.
Martin l’ayant, appris dans la soirée, se dirige seul, avant l’heure de minuit, vers la demeure d’Avicien et là, agenouillé sur le seuil, il se mit à prier. Averti miraculeusement de sa présence, le gouverneur, au matin, alla lui-même ouvrir la porte et commanda de relâcher tous les prisonniers.
Pendant son épiscopat, Martin fut obligé, pour les affaires de l’église et principalement pour celle des Priscillianistes, d’aller plusieurs fois à Trêves qui était la capitale de toutes les Gaules et la résidence des empereurs. Celui qui y siégeait alors était Maxime, qui avait détrôné Gratien trahi par ses soldats, et Martin voulait obtenir la grâce des personnes que leur attachement à ce dernier empereur avait fait condamner à mort. Les requêtes qu’il lui adressa furent présentées avec tant de dignité et tant de modestie à la fois, que Maxime ne put résister à l’ascendant du saint évêque. Invité plusieurs fois à la table de l'empereur, Martin refusa d’abord et vaincu par les sollicitations, finit par accepter. Au milieu du repas l’intendant ayant présenté la coupe à l’empereur, celuici, par déférence, l’offrit aussitôt pleine de vin à Martin qui, après avoir bu,. la tendit à son clerc au lieu de la rendre à l’empereur. Tous les assistants furent saisis de stupeur devant cette violation de l’étiquette ; mais le prince d’abord et les officiers ensuite donnèrent une marque d’approbation.
L Allemand Henri Alt attribue à cette scène l’origine de l’invocation des Buveurs adressée à saint Martin. A la suite des Buveurs se seraient langés les Tonneliers , les Marchands de vin et les Courtiers en vin.
Saint Martin, apôtre. — Nous commencerons par la Gaule septentrio-
nale. C'est dans le Vendornois et le pays Chartrain qu’il a laissé l’empreinte la plus profonde et la plus certaine de son apostolat. A Chartres il ressuscita un enfant qui venait de mourir. Il rendit aussi la parole à une muette. Il évangélisa également le Maine et l’Anjou. A Paris une grande foule se précipita sur sou passage. A la porte de la ville, se trouvait un horrible lépreux dont tout le monde s’écartait avec dégoût. Martin, s’approchant de lui, l’embrassa publiquement et le lépreux fut guéri à l’instant. « Les Parisiens, dit Lecoy de la Marche, parlent tous les jours de la rue Saint-Martin, du faubourg, du boulevard, de l'église Saint-Martin, sans se douter du grand souvenir qui se cache sous° ces dénominations séculaires. »
On croit aussi que dans le parcours de Trêves à Paris, il laissa de nombreuses traces de son apostolat à travers la Picardie, la Flandre et la Belgique.
, Oans le centre de la Gaule, il évangélisa le Berry, le Bourbonnais, l’Auvergne. l’Autunois, le Forez et le Nivernais, renversant partout les temples païens, les idoles et les autres objets de leur culte. Dans les environs d’Autun, s’élevait un grand pin entouré d’une vénération particulière par les habitants de ces contrées. Martin s’apprête à l’abattre. Les habitants s’y opposent. Martin insiste et alors ils promettent de saper eux-mêmes le tronc si saint Martin veut seulement se mettre dessous au moment de la chute. Martin accepte. On se met à l’œuvre. Tout-à-coup un craquement sinistre se fait entendre ; l’arbre va tomber, mais du côté opposé, sur les paysans eux-mêmes qui se croyaient en sûreté.
Dans la contrée méridionale, on compte, parmi les pays civilisés par saint Martin, le Poitou, la Vendée, une partie de la Saintonge, de l’Angoumois. On signale également la ville de Vienne en Dauphiné. C’est là qu’il rencontra saint Paulin de Noie qu’il guérit d’une cécité imminente et auquel il dessilla les yeux de l’âme en lui communiquant les lumières de la foi.
A Candes, sur la rive gauche de la Loire, à l’endroit même où la Vienne se confond avec ce fleuve, il avait fondé une des plus importantes églises de son diocèse. Il y était venu pour mettre fin à la mésintelligence qui s’était glissée parmi les clercs desservants. Il entreprit ce voyage malgré ses quatre-vingts ans. Ce fut là qu’il sentit tout à coup ses forces défaillir et qu’il rendit son âme à Dieu. Après sa mort, les Poitevins et les Tourangeaux se disputèrent son corps ; mais ces derniers, pendant la nuit, l’enlevèrent sans bruit par une fenêtre et le déposèrent dans une barque amarrée sur la rive de la Vienne qui, en un clin d’œil, descendit au milieu du large lit de la Loire et le ramena à Tours.
Dès l’origine, son tombeau devint un but de pèlerinage. Au moment de recevoir le baptême, Clovis vint demander, sur le tombeau de saint Martin, la lumière et la force d’âme dont il avait besoin. Grégoire de Tours parle des multitudes innombrables venues de nos principales provinces et se renouvelant sans interruption à ce tombeau, où éclataient chaque jour les merveilles les plus extraordinaires. A l’époque carolingienne, le concours des princes, du clergé et du peuple s’y produisait dans des proportions considérables. On signale successivement Pépin, Charlemagne, Louis-le-Débonnaire, Charles-le-Chauve et leurs successeurs, qui vinrent tous se prosterner devant les reliques du grand thaumaturge. Bien que le mouvement se ralentit un peu depuis l’avénement
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des Capétiens, on y voit cependant arriver plusieurs papes : Urbain II (1096), Pascal II (1107), Calixte II (1119), Innocent II (1130), Alexandre III (1163) et aussi plusieurs rois et princes : Hugues Capet ; les chefs des Croisés, Richard Cœur-de-Lion, Philippe-Auguste, Louis VIII, Saint-Louis, Charles-le-Bel, Charles VI, Louis XI, Charles VIII, François Ier.
On trouve beaucoup d’exemples de serments prêtés sur son tombeau dans la basilique élevée en son honneur, et ceux qui violaient leur parole étaient cruellement punis (1). On prêtait également serment sur sa chape que, d’après une pieuse tradition, on disait être le manteau même dont saint Martin s’était dépouillé pour couvrir un pauvre. Cette chape était conservée dans le trésor des rois ; on la portait à la guerre, en guise d’étendard, comme plus tard l’oriflamme de Saint-Denis, et les écrivains de l’époque carolingienne nous apprennent que ce fut à son occasion qu’on donna le nom Je Chapelle à l’oratoire royal dans lequel il était déposé et celui de Chapelains aux clercs qui étaient commis à sa garde. Quant à l’usage de faire prêter, sur cette c/iape,les serments ordonnés par le tribunal du palais, il est attesté par deux jugements des rois Thierry III et Childebert III des années 680 et 710.
Tous les époux mariés à Tours, se présentaient le lendemain de leur mariage au tombeau de saint Martin et étaient admis à baiser ses reliques.
En 1562 les protestants démolirent le tombeau, depuis la base jusqu’à la coupole, et firent brûler les reliques. Quelques fragments d’ossements purent seuls être soustraits à la fureur de ces barbares.
Iodocus sincerus, voyageur Hollandais ( Itinerarium Galliæ, Amsterdam, 1649) mentionne un buste de saint Martin qu’il vit dans l’église sous son vocable à Tours, avec cette inscription caractéristique :
Tantum olim confessor eram, nunc igné crematus,
Gente mala oblata est laurea Martyrii.
[Autrefois j’étais seulement Confesseur, maintenant après avoir été consumé par le feu , la palme des Martyrs m’a été octroyée par la race des méchants).
La France seule (y compris l’Alsace et la Lorraine) possède actuellement trois mille six cent soixante-quinze églises sous le vocable de saint Martin.
( L’Autriche, la Hongrie, la Bohême, la Moravie, la Pologne, l’Italie l’Espagne, le Portugal ont rivalisé avec la France pour élever des sanctuaires sous son invocation. Les Croisés Français, au XIIe siècle en construiront un à Jérusalem en souvenir de la patrie absente.
Saint Martin est le patron de la France. Trois dynasties de rois l’appellent dans leurs actes officiels leur ami et protecteur spécial et l’honorent comme tel dans la chapelle du palais. Louis XI faisait encore dire tous les jours par son chapelain, une messe en l’honneur de saint Martin.
Il était le patron des Guerriers et des Armées chrétiennes. Egidius maître de la milice des Gaules, se recommandait à lui au moment du
(1) Recueil Général des formules usitées dam l’empire des Francs du v* au x» siAclo i? ds Hozièiie, 1861 (2* partie, p. 555). par fc
siège d’Arles par les Yisigoths ; Clovis à Vouillé ; et plus tard ses successeurs marchaient à l’ennemi précédés de sa chape ; Charles VIII et
XIr! I’^pl0raient avant de livrer bataille dans les expéditions d Italie. En Hongrie, saint Etienne lui dut la défaite de tous ses ennemis A Lepante, 1 image équestre du Saint brillait sur l’étendard des vainqueurs. Son secours valut, au célèbre Sobieski, un éclatant succès remporte sur les Turcs. A notre époque les troupes piémontaises lui élevèrent dans expédition de Crimée une chapelle au milieu de leur camp.
Les Cavaliers et les Sergents à cheval devaient naturellement se ranger sous son pationage. A leur suite sont arrivées diverses professions désignées plus haut dont les produits servent à l’habillement du soldat, à 1 ornement du vêtement militaire, ou encore au harnachement et à la toilette de son cheval.
Saint Giégoire de Tours signale 1 invocation qui est adressée à saint Martin pour les Chevaux. Quand ils étaient affligés, dit-il, d’une maladie fort dangereuse, en Guyenne, on les menait à une chapelle de saint Martin où 1 on faisait des vœux et des prières pour eux :
Accedebant ad oratorium, vota facientes pro equis.
Le même auteur dit que pour préserver d’accidents ces animaux 1 usage s était établi de les marquer avec la clef de cette même chapelle.
L abbé Corblet (IV, 507) signale, dans le diocèse d’Amiens, à un kilomètre au nord d Assevillers, un monolithe creusé en bassin dans son épaisseur qu on appelle le Grès de saint Martin. Quand le Saint vint dans ces contrées, il aurait fait boire son cheval dans celle espèce d’auge toujours pleine d'eau pluviale, et la coutume s’est conservée presque jusqu’à nos jours d’y mener les Chevaux du village, quand ils étaient atteints de tranchées ou de coliques intestinales. On leur faisait faire trois fois le tour du grès et boire quelques gorgées de l’eau du bassin.
Saint Martin avait fait de nombreux voyages et avait échappé à toute sorte de dangers. Telle est l’origine de l’invocation qui lui était adressée par les Voyageurs.- Au départ ou à l’arrivée, ceux-ci avaient soin d’entrer dans un de ses sanctuaires et ils clouaient sur le portail à l’extérieur un des fers de leurs montures en guise d 'ex-voto. On en voyait un grand nombre à Amiens (Saint-Martin-aux-Jumeaux),àSaint-Severinde Paris, à Saint-Thibaud de Provins (Seine-el-Marne) et dans plusieurs autres villes de France et à l’étranger. On en voit encore de très anciens à Martin-] Ortier (Seine-Inférieure) et surtout à Polalda (Pyrénées-Orientales). Les Voyageurs faisaient également marquer leurs bonnets ou leurs montures avec la clef de certaines églises de Saint-Martin rougie au feu. Les Hôteliers qui tiennent aux voyageurs par des liens très étroits, avaient réclamé le même patronage et par extension, les Cabaretiers et les Crieurs de Paris (1) avaient suivi leur exemple.
On trouve dans Grégoire de Tours (IV, ch. 29 des Miracles de saint Martin) l’origine du patronage des Marchands en gros. Un marchand de Trêves qui faisait le commerce du sel avec Metz, en s’embarquant pour son pays s’était recommandé à saint Martin, lui, ses petits enfants et son bateau.
(1) Lecoy de la Marche, p. 646.
L’équipage s’endormit, y compris le pilote, et le lendemain en se réveillant le marchand, avec ses petits enfants, se trouva devant la porte de Trêves. Le bateau avait échappé aux flots orageux de la Moselle alors en fureur et avait passé au milieu des rochers pendant la nuit sans être conduit par la rame, ni dirigé par le pilote et aussi sans que le vent soufflât.
D’après Barny de Romanet [Histoire du Limousin, p. 317), les fontaines qui dans cette province ont la réputation de guérir, sont connues sous le nom de Bonnes fontaines de saint Martin, a On y va, dit-il, pendant tout le mois de mai ou certains jours de la fête pour y laver les parties affligées de rhumatisme, d'érysipèle.» Cette dernière affection était désignée sous le nom de Feu de saint Martin. On invoquait saint Martin dans toutes les Maladies inflammatoires . Il avait, en quelque sorte, inauguré lui-même cette invocation en embrassant et en guérissant le lépreux de Paris. Saint Grégoire de Tours (,1 ) raconte qu’une femme, nommée Ghainemonde, aveugle, avait tout son corps couvert d’ulcères et de pustules ; elle était affreuse à voir. Comme elle était très pieuse, elle se faisait conduire au sanctuaire de saint Martin et au bout de trois années, comme elle se tenait devant le tombeau, ses yeux s’ouvrirent etl 'humeur qui suintait de son corps s’étant séchée, elle fut entièrement rendue à sa santé primitive. Il mentionne aussi (2) comme le tenant de son ami, le prêtre Fortunatus (le poète) qu’en Italie les malades affligés de Pustules se guérissent en se rendant à la chapelle Saint-Martin la plus voisine de leur demeure et en appliquant sur le mal l’étoffe appendue aux portes ou aux murailles du lieu. Enfin il rapporte (3) qu’il fut lui-même atteint de Pustules malignes et de fièvre et qu’il fut guéri la troisième nuit de son séjour auprès du tombeau du Saint.
Le 18 août 1878, Monseigneur Pie, de glorieuse et regrettable mémoire, dans une homélie prononcée pour la solennité de sainte Radegonde, en présence des pèlerins de Paris à Lourdes, citait une éclatante guérison opérée par saint Martin qui lui avait été communiquée par les moines actuels de Ligugé, d’après des documents découverts récemment dans une bibliothèque de Belgique. C’était au XII8 siècle, un mal affreux, le Mal des ardents (4), exerçait en France et dans une partie de l’Europe d’épouvantables ravages. Un groupe de malades s’était renfermé dans 1 église Saint-Martin, à Paris, pour obtenir leur guérisou Saint Martin, leur, apparaissant, leur dit que la faculté de guérir cernai n’appartenait qu à la très sainte Vierge ; mais eux, persistant avec énergie lui déclarèrent que son église deviendra leur cimetière, s’il les v laissait mourir. « En vérité, leur dit le Saint, vous me semblez pas mal violents. » Vos inquiens quidem mihi violenti videmini. « Donc, relevezvous guéris ; mais sachez que vous devez la santé à la Mère de Dieu »
Saint Martin est invoqué pour la Santé des Enfants et surtout pour les fortifier. Grégoire de Tours s’exprime ainsi à ce sujet (trad. de H. Bordier) : Une fille de douze ans avait tous les membres frappés de faiblesse
(1) Miracles de saint Martin, ch. ix (Traduction de M Bordieji)
(2) Ch. xm. ''
(3) Ch. xxxii.
(4) Voir 3 janvier sainte Geneviève et 17 janvier saint Antoine, des contagions du Q rc.
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et depuis six années elle était comme morte. Les parents se mirent en prières au tombeau du Saint le jour de sa fête et s’engagèrent en outre par des vœux. Le troisième jour de la fête, leur fille était complètement guérie. A Ambierles, chef-lieu de canton, arrondissement de Roanne (Loire), les mères, encore aujourd’hui à certains jours de l’année, apportent leurs enfants qui sont en retard pour marcher devant les dolmens renversés qui portent le nom de Pierres Marsines, Marlines , Martin fou , Mars. Ces pierres sont connues et vénérées dans toute la campagne environnante. Probablement ces noms leur ont été donnés en mémoire de saint Martin sur le passage duquel s’écroulaient les pierres sacrées, les temples païens, les arbres druidiques (1).
Sur la commune de Bignoux (2), on remarque un trou demi-circulaire dans une énorme pierre brute dans lequel la tradition populaire veut voir une empreinte de la mule du Saint et qu’on appelle le pas de saint Martin. Les mères y portent leurs enfants quand leurs forces ne croissent pas avec l'hge ou qu’ils ne peuvent marcher ou se soutenir seuls.
Une très ancienne famille de Normandie (3) que la tradition faisait descendre de saint Martin , les comtes de Limoges, marquis de Saint- Saëns, avaient le privilège de guérir le Carreau, maladie dangereuse et chronique des Enfants, par l’imposition des mains, comme les rois de France le faisaient pour les Ecrouelles. Tous les ans, au mois de novembre, on venait de tous les coins du pays normand, apporter les Enfants malades au château de Saint-Saëns pour obtenir leur guérison par l’intercession du Saint. Au commencement de ce siècle même, cette singulière tradition avait conservé toute sa vigueur.
Saint Martin est patron des Faïenciers et notoirement des Faïenciers de Choisy-le-Roy. Ce patronage doit être un souvenir de l’ampoule gallo-romaine dont nous avons parlé plus haut et que l’on voit encore à Gandes ou bien encore d’un vase en terre couvert d’une glaçure noire trouvé en 1865 dans les ruines d’une villa gallo-romaine située à Saint- Martin-de-Fraigneau (Vendée). Sur ce vase on lit tracé à la pointe :
Divi Martini antistitis Balsamum oleum pro eenf.dictione (Huile parfumée du saint évêque Martin pour bénir )
Cette huile destinée à faire des onctions aux malades, à bénir certains objets, était prise aux lampes qui brûlaient autour de son tombeau ou était apportée du dehors et mise en contact avec son sépulcre ou ses reliques.
Oie de saint Martin. — Une oie, d’après la légende, aurait révélé l’étable où saint Martin se cachait pour se dérober au fardeau épiscopal. A l’époque du onze novembre, l'oie, d’un autre côté, est arrivée à son point pour être mangée. La chasse de l’oie sauvage commence aussi à la même époque. C’est pour cela que l’oie a été choisie pour base des joyeux repas de la Saint-Martin. Sur le sceau d’un chanoine de Tours du XIIIe siècle, l’on voit une oie touchant de son bec le nimbe du Saint, tandis qu’il partage son manteau.
Vin de la Saint-Martin. — L’origine de cette locution se trouve dans la coïncidence des réjouissances du onze novembre avec les fêtes des
(1) Noie communiquée par M. Pérot, de Moulins-sur-Allier.
(2) Esquisses Marchoises, p. 40.
(3) Paris-Journal, 5 janvier 1879.
vendanges qui, dans les pays de vignobles, ont lieu à la fin de cette récolte. Dans la veillée du onze novembre, on introduisait souvent des réunions profanes, des jeux, des bombances qui allaient parfois un peu trop loin. Vers le soir, on se mettait à table, on mangeait l’oie de Saint - Martin , on buvait le vin de Saint-Martin, récemment mis en tonneaux. Les Anglais qui n’en ont pas, le remplacent par un énorme Blachpuding et se distinguent entre tous par leur fidélité à la Martin mos , que le protestantisme même n’a pu faire oublier. D’après le Dictionnaire de Trévoux, on donnait en présent le vin de la Saint-Martin aux valets et aux artisans le jour de la fête de saint Martin afin qu’ils pussent la célébrer. Nous avons déjà indiqué l’origine présumée du patronage des Buveurs. Il pourrait encore se rattacher à ce récit de Grégoire de Tours (chap. XX, Miracles ) : Un agent de l’église de Saint-Martin de Tours, nommé Ammonius, étant sorti de table pris de vin, tomba dans un précipice en revenant chez lui. Gomme il avait pendant sa chute invoqué le nom de saint Martin, il fut comme déposé à terre par des mains étrangères sans autre mal qu’une foulure au pied.
L’antiquaire Douce dit que la veille de la Saint-Martin, en Angleterre, les enfants exposent à l’air des vases remplis d’eau et qu’ils espèrent devoir être convertis en vin ; les parents se plaisent à les satisfaire en changeant l’eau en vin.
Saint Martin, aux environs de Milan, avait effectivement renouvelé le prodige de Gana. Après sa mort, il avait procuré miraculeusement du vin à un passeur de la Loire et très souvent il avait fait croître ce liquide dans les vases déposés sur son tombeau par les pèlerins.
Nom de saint Martin. — Autrefois on l’avait introduit dans le Canon de la messe, après ceux des apôtres et des martyrs, avec ceux des saints confesseurs Hilaire, Augustin, Grégoire, Jérôme et Benoît. Quelquefois on l’a fait figurer dans le Confiteor, après saint Pierre et saint Paul. Les paysans de quelques-uns de nos diocèses ont conservé cet usage : Pamiers, Nevers, Bordeaux. Le nom de saint Martin a été donné à une multitude de personnes et de lieux, a des animaux, à des objets inanimés.
D innombrables familles l’ont gardé comme nom patronymique en France, en Allemagne et ailleurs. Plusieurs papes l’ont adopté en montant sur le trône pontifical. On l’a donné aux lions, aux ours et aux ânes. Ges deux derniers à cause de la légende signalée plus haut. Saint Martin cheminait un jour le long de la Loire en nombreuse compagnie. Certains oiseaux pêcheurs guettaient au-dessus de l’eau de petits poissons pour les dévorer. « Voilà bien, dit-il, l’image des démons qui attendent l’occasion de nous saisir, » et à l’instant il commanda d’une voix puissante a tous ces oiseaux de s’éloigner du fleuve. C’est en mémoire de cette scène que le Martin-Pêcheur et le Martinet qui hantent l’un et l’autre les rivières, lui doivent leur nom. Son nom a été également donné à certains fruits et entr’autres au Martin-Sec qui se mange en novembre et à une petite pêche d automne : le Pavie Saint-Martin.
Jeanne d’Arc s’écriait quand elle voulait jurer : « Par mon Martin » ce qui voulait dire : par mon bâton. De là l’ancienne expression de Martin-Bâton dont l’origine remonte au bâton que saint Martin portait dans ses longues marches à pied.
En France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, partout le onze
450 ONZE NOVKNtHRE, SAINT MARTIN.
novembre est la grande échéance annuelle pour les baux, les transactions, les termes, etc.
( Saint-Martin d'été. — L’origine des fêtes d’été de Saint-Martin est l'anniversaire de la consécration épiscopale du Saint, lorqu’il quitta Ligugé malgré lui ainsi que la translation de ses reliques au 4 juillet.
Saint Martin a été qualifié : Bellator Domini (champion de Dieu). Un de nos plus anciens chroniqueurs a dit de lui : Martinus tolo nominalus in orbe , le nom de Martin remplit l’univers. Il cite également cette parole de Saint Grégoire de Tours : Toto orbi paculiari patrono, patron spécial de tout l’univers.
Nous avons dit que le tombeau de saint Martin avait été dévasté par les protestants en 1502. Les voûtes de la basilique furent renversées en 1798 et d’après les Petits Bollandistes, un préfet, dunom d a Pommereuil, la lit détruire de fond en comble quelques années plus tard.
Aujourd hui, grâce a l’initiative de Mgr Guibcrt, alors évêque de Tours, ou espère la rebâtir entièrement. Son tombeau, dont a retrouvé les bases, est protégé par un beau ciborium dans une chapelle provisoire et en l883 on a replacé au pied de ce tombeau une table de marbre sur laquelle pendant quatorze siècles se sont tour à tour agenouillés les évêques et les rois et à leur suite les prêtres et les fidèles. L’endroit oit elle était placée, s’appelait : Pedes sancti Martini , pieds de saint Martin.
Saint Martin est ordinairement représenté partageant son manteau avec un, mendiant ou bien embrassant le lépreux de Paris et dans une foule d’autres actes de toute sa vie.