SAINT A1GNAN, ÉVÊQUE D’ORLÉANS
Invoqué dans les Calamités publiques et pour les Enfants malades.
Issu de parents chrétiens, nobles et riches, Aignan , par une inspiration divine, quitta Vienne en Dauphiné où sa famille s’était réfugiée oour fuir la persécution des Goths ariens et vint se mettre sous la conduite de saint Euverte, évêque d’Orléans, qui, bientôt, eut la satisfaction de le désigner comme son successeur. Les noms des candidats ayant été mis sur un autel, un petit enfant qui ne pouvait encore parler, fut chargé de prendre au hasard un des billets. Lepremier qu’il tira était au nom d’ Aignan et au grand étonnement des assistants, distinctement ‘ r trois fois, il le proclama évêque. Trois autres épreuves, tirees du Psautier du livre des Evangiles et de l’Apocalypse, lui furent egalement favorables ; aussi saint Euverte voulut-il le consacrer immédiatement.
A son entrée dans sa ville épiscopale, le gouverneur, lui ayant refuse la délivrance des criminels qui étaient dans les prisons, fut frappe dans
DIX-SEPT NOVEMBRE, SAINTS ACISCLE ET VICTOIRE. -l69
l’église par une pierre qui lui tomba sur la tête. Reconnaissant sa faute, il fit droit à la requête du Saint qui, par un signe de croix, arrêta 1 effu
sion du sang et cicatrisa la plaie. , . .
Vers ce même temps, Attila étant sorti de Metz, reso u ( e P des Gaules. Saint Aignan , après avoir reçu d’Aëtius, lieutenant-gene de Tempereur, la promesse de venir secourir Orléans, rentra dans ; sa ville épiscopale qui ne tarda pas à être assiégée par le Fléau de Dieu, surnom qui avait été donné à Attila. Ce fut vainement que e sain ev que essaya de le fléchir. Le siège fut poussé activement. Au milieu nés plus terribles assauts, saint Aignan se mit à prier, fit porter en procession à travers les rues les saintes reliques et comme en même temps tes murs de la ville s’écroulaient avec un horrible fracas et que les liuns commençaient déjà le pillage des maisons, on vit tout à coup arriver Aëtius, suivi d’une nombreuse armée qui, après un combat acharne, mit en déroute celle d’Attila. Orléans étant délivrée de ses ennemis, tut encore comblée d'autres faveurs par l’intercession àe saint Aignan , la campagne avait été ravagée par les barbares et la famine était imminente, quand, par une grâce spéciale de la divine Providence, la tene devint fertile en blés et en vins, de telle sorte que tous les désastres de la guerre furent réparés. C’est là l’origine des invocations qui sont adressées à saint Aignan dans les Calamités publiques.
Le saint évêque vécut encore deux ans après la délivrance d Orléans et rendit son âme à Dieu le 17 novembre 453. Son corps fut porté solennellement dans l’église de St-Laurent-des-Orgerils, dont il avait été l’abbé. Plusieurs miracles se firent à son tombeau et entr’autres trois enfants malades furent guéris et un qui était mort fut ressuscité. C’est évidemment le point de départ de l’invocation pour les Enfants malades. D’après une lettre de M. Marion, curé de Grivesnes, à M. l’abbé Corblet, un pèlerinage, bien qu’il soit moins fréquenté qu’autrefois, existe encore à Favières, village du diocèse d’Amiens, près Grivesnes. On continue encore à y venir de bien loin pour les Enfants souffrants et l’on ne manque pas de faire toucher des linges à la statue de saint Aignan qui se trouve dans la chapelle du village au milieu du cimetière.
(Ribadaneira. — Petits Bollandistes).