SAINTE ELISABETH DE HONGRIE, VEUVE
XIU' SIÈCLE. — 1231.
Patronne des Hospitalières et des Dentelières. — Invoquée contre les
Maux de Dents.
lisabeth, fille d’un roi de Hongrie, André II, prince très pieux et très charitable, aimait dès l’âge de cinq ans à être conduite à l’église et à se livrer à l’oraison. Cette enfant avait une dévotion spéciale pour la sainte Vierge. Elle donnait volontiers aux pauvres tout ce qu’elle possédait.
A l’âge de treize ans elle fut mariée au Landgrave Louis, duc de Thuringe, bien digne époux d'une telle femme. Cependant Elisabeth aurait désiré n’avoir aucun autre époux que Notre-Seigneur Jésus- Christ, mais Dieu le voulait sans doute autrement « Elle subit le joug « du mariage, dit Ribadaneira, et y vécut avec un si rare exemple de « sainteté, aimant et servant son mari comme son chef, son seigneur, et « nourrissant trois enfants qu’elle eut pour le ciel, comme une mère qui « craint Dieu, de la main de qui elle les avait reçus. »
Elisabeth filait avec ses filles afin de venir en aide aux pauvres par son travail. Il lui arrivait quand elle n’avait plus rien à donner de vendre ses bijoux, de se dépouiller de sa coiffure pour couvrir la tète des femmes qui en manquaient. En dehors de tous ceux qu’elle était forcée de recevoir extérieurement, elle donnait tous les jours à dîner à neuf cents pauvres qu’elle se plaisait à servir elle-même.
Elle allait aussi fort souvent distribuer au loin ses aumônes par des chemins très rudes que l’on montre encore en souvenir d’elle. Son mari, quoique très bon, trouvait qu’elle abusait de la liberté qu’il lui laissait pour ses charités.
Un jour elle portait dans son manteau du pain, de la viande et d’autres comestibles, quand elle se trouva tout à coup face à face avec lui qu’elle voyait de loin. Leduc, soulevant le coin du manteau pour vérifier ce qu’il contenait, n’y trouva que des roses blanches et rouges. Il fut d’autant plus surpris que la saison des fleurs était passée.
Les lépreux surtout étaient soignés par Elisabeth avec une plus tendre sollicitude. Un jour que, pendant l’absence du duc, elle avait soigné un pauvre petit atteint de cette affreuse maladie, qu’elle lui avait lavé les pieds et les mains, et avait baisé humblement ses plaies et ses ulcères, elle l’oignit en outre d’un onguent et le plaça dans son propre lit. Le duc, survenu à l’improviste, excité par sa mère, dont les sentiments pour sa belle-fille étaient loin d’être bienveillants, entra dans la chambre avec une certaine irritation qui fit place bien vite à l’admiration quand, à la place de l’enfant lépreux, il vit Jésus-Christ lui-même, crucifié, étendu dans le lit.
Le simple énoncé de tous ces faits est la justification du pationage réclamé par les Hospitaliers.
Cependant, le moment de l’épreuve arrivait. Son cher mari, répondant à l’appel du souverain pontife, était parti avec tous les princes chrétiens pour combattre les infidèles. Elisabeth comprenant toute la grandeui de