DIX-NEUF NOVEMBRE, SAINTE ELISABETH DE HONGRIE
la mission qu’allait remplir son mari ne voulut faire aucune opposition au départ de celui qu’elle aimait d’un amour à la fois si pur et si tendre ; hélas, bientôt elle apprit qu’il était mort en route.
Les parents de son époux, sous le prétexte qu’elle donnait ordinairement tout ce qu’elle pouvait posséder, commencèrent par lui ôter l’administration de ses biens et la forcèrent à abandonner son palais en lui enjoignant de ne rien emporter avec elle. Elle partit avec ses quatre enfants, portant dans ses bras le dernier, qui n’avait que deux mois. Le froid était rigoureux et elle ne put trouver un asile que dans une étable. Les habitants d’Eisenach, pour lesquels elle avait toujours été si bonne, l’abandonnèrent lâchement, et même une vieille mendiante qu’elle avait soignée de ses propres mains dans ses infirmités, la renversa un jour dans la boue. Elisabeth se releva en riant, désirant toujours souffrir davantage et tomber de plus en plus dans le mépris général. Le monde n’existait plus pour elle depuis que son mari l’avait quittée. Ses parents, ayant appris toutes ces épreuves, s’empressèrent de lui donner l’hospitalité et les chevaliers qui avaient accompagné le duc Louis et avaient rapporté son corps en Thuringe, obligèrent en quelque sorte les frères de son époux à la rappeler dans son palais où ils lui demandèrent pardon et la comblèrent d’égards. Quant à elle, renonçant à toutes les grandeurs, elle se fit bâtir une petite maison dans la ville de Marbourg, puis elle prit le costume des Glarisses et marcha désormais les pieds nus, vêtue avec la robe de bure et le cordon, suivant strictement la règle du tiers-ordre de Saint-François, qu’elle adopta la première en Allemagne.
Alors Notre-Seigneur lui apparaissant, l’avertit que le temps était venu où il voulait lui donner sa couronne de gloire et la récompense de ses travaux. Elle fut saisie par un violent accès de fièvre et tout en se recommandant affectueusement à Notre-Seigneur, qu’elle avait tant aimé, elle rendit son âme entre ses mains, le 19 novembre 1231, à l’âge de vingt-quatre ans. Pendant qu’étendue sur son lit, elle avait la tête tournée contre la muraille, les assistants l’entendirent chanter très harmonieusement ; et comme on lui en demanda le motif, elle dit : « Un oiseau qui s’est posé entre moi et la muraille, a fait des accords si doux qu’il m’a engagée aussi à chanter. »
Son corps fut transporté dans son église de Marbourg, dans un tombeau d’où coulait depuis une huile extrêmement subtile et délicate, qui répandait un parfum délicieux et guérissait un grand nombre d’infirmités et de maladies. On voit encore, près de Marbourg, une fontaine appelée Elisabethsbrunn dans laquelle elle lavait elle-même le linge des malades.
Sainte Elisabeth est la patronne des Dentelières. D’après l'Univers du 1 novembre 1874, « la raison qui a fait choisir cette sainte pour ce pationage n est pas bien connue. La seule version qu’on en donne, c’est qu elle était presque constamment couverte d’un voile transparent d’une extrême finesse et qui ressemblait à la dentelle, désignation qui n’était pas encore inventée à cette époque puisque la dentelle ne fit son appa-
XYIP siècle ^ première fois en Belfii(ïue, qu’au commencement du Sainte Etisabeth est représentée ordinairement : 1» Distribuant des
ES”? PaUV1'eS’ 1CUor donûant à boire’ Pansant leurs Plaies ou lavant la tete des teigneux ; 2» au moment où son mari soulevant le coin