SAINT POURÇAIN, ABBÉ
Invoqué pour les Yeux, les Infirmes, les Boiteux et les Estropiés.
Avant le milieu du VIe siècle, saint Pourçain naquit esclave dans le voisinage de la ville à laquelle il a donné son nom et qui n’était alors qu’un monastère appelé Mirande. Il commença fort jeune à s’appliquer aux exercices de la vertu ; il sut profiter, dans ce but, de son humble et pénible position, car il avait un maître très difficile à contenter. Afin de se fortifier dans l’accomplissement de ses devoirs comme aussi afin d’obtenir la liberté de se consacrer entièrement au service de Dieu, il visitait souvent l’abbé du monastère de Mirande à l’insu de son barbare maître. Celui-ci (3) s’en étant aperçu, se mit à le surveiller et alla le surprendre un jour au couvent. Outré de fureur, il l’accable de reproches, injurie même l’abbé en l’accusant de vouloir lui ravir son serviteur et le réclame avec menaces. L’abbé dit alors à Pourçain : Que voulez-vous que je fasse ? — • Donnez-moi la liberté, lui répondit-il. — • Sa demande lui est accordée sur-le-champ ; le maître, encore plus furieux, refusant d’en tenir compte, le saisit pour le ramener chez lui. A ce moment il est pris de douleurs intolérables et perd complètement
(t) Gloire des Confesseurs (chap. xlvi),
(2) Marlyrologium gallicanum, p. 927.
(3) 11 demeurait, dit-on, à Loucby-Montfant (lucus, bois sacré, et wons /ani, mont du temple) parce qu’au temps des Gauloss s’élevait sur ce mont un beau temple païon, autour duquel s’étendait un grand bois sacré. Mirande en était à une demi-lieue à peine.