DOCTEUR DE L’ÉGLISE
v“ siècle. — 450.
Invoqué contre la Rage, la Fièvre.
Pierre, surnommé Chrysologue, à cause de la suavité et de l’élégance do sa parole, qui coulait de sa bouche, comme un fleuve d'or, était né à àmola, capitale de la Romagne. Son évêque, Corneille, l’avait pris pour
o2,) QUATRE DÉCEMBRE, SAINTE BARBE.
diacre, et comme Jean, archevêque de Ravenne, venait de mourir le clergé et le peuple se réunirent, et ayant nommé pour son successeur un ecclésiastique du nom de Jean, ils envoyèrent des députés au pape Sixte III, en le priant de confirmer la nomination qu’ils avaient faitemais Sixte III eut une vision dans laquelle l’apôtre saint Pierre et saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne, l’avertirent de ne point donner son adhésion à cette élection, parce qu’elle n’était pas agréable à Dieu qui désirait voir monter, sur le trône archiépiscopal de Ravenne Pierre, le diacre de l’évêque d’Ymola.
Malgré quelques oppositions de la part des habitants de Ravenne, et surtout de la, part de Pierre, dont l’humilité se refusait à accepter un fardeau aussi redoutable, le choix de Dieu fut pleinement ratifié par le pape.
A cette époque, l’hérésiarque Eutychès mettait touten œuvre pour faire piévaloii ses détestables doctrines ; à cet effet, il écrivait aux principaux évêques d’Occident, et ne manqua pas d’adresser une de ses lettres à saint Pierre Chrysologue, qui lui fit une réponse des plus énergiques, en 1 invitant à sousciiie à la doctrine du souverain Pontife. Cette pièce fut insérée au commencement des actes du concile de Chalcédoine. Sur ces entrefaites, saint Germain d’Auxerre, étant venu à Ravenne, tomba malade et mourut. Saint Pierre ensevelit son corps avec le plus grand soin, veilla à ce qu'il fût rapporté en France, dans sa propre église, et hérita de son camail et de son cilice.
Après avoir détruit, dans son diocèse, plusieurs superstitions païennes, et avoir été à Ymola demander à saint Cassien, martyr, pour lequel il avait une dévotion spéciale, la grâce de finir heureusement ses jours, il rendit tranquillement son âme à Dieu, le 2 décembre 450.
On conserve encore, à Ymola, une patène d’argent lui ayant appartenu. L’eau qu’on y verse rend la santé aux Fiévreux et aux ■personnes mordues par des chiens enragés, « tum rabidi canis morsus, dit le Bréviaire romain (4 décembre, leçon vi), tum Febres sanare sœpius expertum est, aqua indè demissa.
(Ferrarius.)