SAINT NICOLAS, ARCHEVÊQUE DE MIRE
Patron des Enfants, Ecoliers, Maîtres d’écriture et de calcul, Enfants de chœur, Jeunes filles à marier, Pompiers, Marins, Mariniers, Navigateurs, Voyageurs, Pèlerins, Bateliers, Pécheurs, Poissonniers, Débardeurs, Passeurs, Plancheyeurs, Metteurs à port, Jaugeurs, Déchireurs de bateaux, Emballeurs, Porteurs de charbons, Routeurs de vins, Tonneliers, Marchands Grainiers, Grainetiers, Mesureurs de grains, Marchands de blé, Meuniers, Parfumeurs, Bouchers, Gressiers, Merciers, Boutonniers, Piltiers, Galonniers, Dentellières, Tisserands, Toiliers, Marchands de lin, Tondeurs de drap, Drapiers, Avocats, Procureurs, Greffiers, Clercs, Notaires, Epiciers, Fabricants de chandelles, Pharmaciens, Marchands de vin, Brasseurs, Oiriers, Amoureux (en Bretagne). — Invoqué pour les Maljugés, la Délivrance des captifs. — Contre les Périls de la mer, les Désastres causés par l’eau, l’incendie, les Orages, les Puissances de l’Enfer, la Stérilité conjugale, les Rhumatismes.
cun saint, dans l’Eglise d’Orient, n’a atteint une aussi grande popularité que saint Nicolas, dont le nom en grec signifie Vainqueur du Peuple (Nicos Laos). Sa renommée s’est répandue môme dans plusieurs contrées de l’Occident, où un grand nombre de sanctuaires lui a été consacré. Il naquit à Patare, ville de Lycie, et « l’une des raisons qui Pont fait choisir pour patron des enfants, c’est qu’il fut un saint et fit des miracles dès son berceau par une merveille de la grâce ; il eut dès lors l’usage de sa raison. Le jour même de sa naissance, il se tint debout sur ses petits pieds, et, joignant les mains, il remercia son créateur. Il prit, dès ce jour, l’habitude de jeûner le mercredi et le vendredi (journal La Croix, G décembre 1883).
« Avec le temps, dit Ribadaneïra (p. 557), il fit voir des signes de sa vertu qui allait croissant selon Page. Ses parents l’envoyèrent à l’école, où il apprit beaucoup en peu de temps, par la vivacité de son esprit et par sa diligence, se rendant capable des sciences qu’on lui montrait. » Bien qu’on ait mis en avant un autre fait de la vie de saint Nicolas, dont nous parlerons plus loin, pour expliquer le patronage des écoliers, néanmoins nous pensons qu’après avoir été le modèle des enfants, il fut celui des écoliers, et qu’à ce titre il mérita d’être choisi pour protecteur par les uns et par les autres.
En Russie, en Grèce et dans toute l’Europe catholique, on habitue les enfants à le vénérer, à se croire sous son patronage immédiat. S’ils se conduisent bien, s’ils se montrent obéissants et studieux, saint Nicolas remplit, la veille de sa fête, leur soulier, leur bonnet ou leur bas de friandises; mais il destine une verge aux paresseux et aux indociles. En Angleterre ( Revue Britannique, Ve vol., p. 86). il n’y a pas une seule ville qui ne renferme une chapelle ou une église placée sous son invocation.
Voici un usage qui existe encore dans toute l’Alsace. Le 5 décembre, la veille de Saint-Nicolas, les petits garçons se réunissent vers huit heures
qu’une indication de l’invocation adressée à la Sainte contre les maladies de cet organe, invocation justifiée, comme nous venons de le dire, par la signification de son nom. C’est ainsi qu’on donne le nom de sainte Luce à une eau qui passe pour guérir les maux d’yeux.
Dans un Goigs (cantique catalan), on trouve cette qualification de sainte Lucie :
Advocada per mal de la vista. | Avocate contre le mal d’yeux
Dans un Gozos (cantique castillan), on lui adresse cette prière :
Alcnnzad de vueslro esposo I Obtenez-nous de votre époux
Nos quiera guador la vista. | Qu’il daigne nous conserver la vue.
Dans l'office de la Sainte, qui est chanté dans toute la catholicité et notamment à Syracuse, on trouve cette oraison à Magnificat :
Deus qui beatam Luciam virginem tuarn vera fide.i claritate illuminare ac martyrii corona decorare dignalus es : concédé nubis famuhs tuis, ut ejus inlercessione, ab omni mentis et corporis c.ecitate liberati facilius cœlestia suspicere mereamur .Per Dominumyi) .
Dieu qui avez daigné éclairer du flambeau de la vraie foi, et orner de la couronne du martyre, votre bienheureuse vierge Lucie. faites que nous vos serviteurs, par son intercession, délivrés de tout aveuglement de l’esprit et du corps nous méritions plus facilement de contempler les biens célestes. Par Notre- Seigneur.
Le Dante, dont la vue était épaissie par la lecture et par les larmes, après la mort de sa bien-aimée, avait obtenu la guérison de ses yeux par l’intercession de sainte Lucie (2).
Par la même intercession, en 1875, à Pietrabugno (diocèse d’Ajaccio), la guérison d’une ophtalmie, d’un caractère sérieux, a été opérée sur là personne d’un enfant de cinq ans, du nom de Lucie Prunata (3).
Sainte Lucie est invoquée pour les yeux dans le diocèse d’Amiens. (Ab. Gorblet, Y, iv, p. 413.)
En 1693, une confrérie des Tailleurs était établie dans la chapelle de Sainte-Luce, à l’église des Cordeliers de Beaucaire, diocèse d’Arles (4). A Pamiers, elle est considérée comme la patronne des Tailleurs. A partir du 13 décembre, on commence à sonner dans tout le pays et dans tous les clochers, ce que les paysans appellent, dans leur poétique langage, les Laudettes de Noël. Sainte Lucie est ainsi la première messagère de la grande fête. Le même usage existe dans le Périgord, et là les paysans appellent cela recueillir Noël ^5). La confrérie des Tailleurs et des Couturières, sous le patronage de sainte Lucie, est également établie dans 1 église paroissiale de Lourdes (diocèse de Tarbes) (6).
A Rome, la Confrérie des Cochers existe depuis 1545 dans l’une des églises dédiées à sainte Lucie (7).
j-ir^f*eurS autres Palronages SOnt attribués à notre Sainte, mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’en déterminer l’origine.
(Vie de sainte Lucie, par Beaugrand.)