SAINTE EULALIE DE MÉRIDA, VIERGE MARTYRE
Invoquée dans les Nécessités publiques.
ulalie, fille de Libère, avait été pieusement élevée par son père. Non satisfaite d avoir voué sa virginité au Seigneur, elle désirait ardemment le martyre. Libère, le sachant et voyant que la persécution allait sévir à Mérida, l’envoya au loin dans une campagne isolée. Vaine précaution ! Eulalie trompa la vigilance de ses serviteurs, et revint à Mérida s’offrir au juge Galpurnien. Celui-ci tenta d’abord de la gagner par la douceur, les promesses et les menaces ; puis il la fit fouetter de verges mouillées, plonger dans un bain de chaux en fusion, couvrir son corps de plomb fondu et d’huile bouillante. Comme, néanmoins, elle gardait toute sa vigueur, sa beauté même, et surtout sa présence d’esprit pour le menacer du jugement de Dieu, il ordonna de l’étendre sur le chevalet, de lui arracher les ongles, et de la brûler avec des torches ardentes, ce qui fut cruellement exécuté, et pour achever de la consumez', les bourreaux la mirent au milieu d’un affreux brasier. Là, Eulalie ouvrant la bouche, comme pour aspirer le feu, son âme virginale s’échappa et s’envola au ciel sous la figure d’une colombe.
Son corps fut exposé trois jours, nu, aux insultes des païens, mais Dieu la couvrit de neige, et les chrétiens l’ensevelirent honorablement à Mérida, d’où plus tard il fut transporté à Oviédo. Dans les calamités publiques, on le porte en procession et toujours avec fruit. Ce qui explique l’invocation signalée plus haut.
On la représente déchirée sur le chevalet, et brûlée avec des torches, en exhalant son âme sous la figure d’une colombe, ou bien le corps couvert de neige, comme il l’était, pendant les trois jours qu’il resta exposé aux insultes des païens.