SAINT DAMASE, PAPE
lVa SIÈCLE. — 38't
Invoqué contre la Fièvre.
Damase, né à Rome en 306, d’un père Lusitanien (Portugal), fut élevé dans la piété chrétienne et fut admis de bonne heure dans le clergé romain. Il était diacre, lorsque Libère fut chassé de son siège par Constance. Ce jour-là même, Damase, avec tout le clergé, s’engagea par un serment solennel devant le peuple, de ne jamais reconnaître aucun autre pape tant que Libère vivrait. Il voulut même suivre le pontife dans son exil. Après la mort de Libère, il fut élu en sa place le 24 septembre 366. Un chisme troubla les premières années de son pontificat ; on lui opposa l’anti-pape Ursicin, mais le monde catholique resta dans la communion de Damase. Néanmoins, il eut à combattre les schismatiques pendant toute la durée de son pontificat et il fit condamner leurs erreurs par plusieurs conciles. Damase, profondément versé dans la science des Saintes Ecritures, est auteur lui-même d’excellents ouvrages. Il s occupa avec zèle et succès de donner une puissante impulsion à 1 etude de la science sacrée et surtout du chant ecclésiastique • la confiance qu’il témoigna à saint Jérôme, valut à l’Eglise la traduction latine des Livres saints, connue sous le nom de Vulgate. Il régla la psalmodie et ht chanter en occident les psaumes de David qu’il ordonna de ter-
miner par : Gloria patri et Filio , etc.; il introduisit aussi la coutume de dire Alléluia dans l’Eglise hors le temps de Pâques.
Il bâtit deux églises dans la ville ; l’une de Saint-Laurent, auprès du théâtre de Pompée ; l’autre sur la voie Ardéatine. Après sa mort, son corps fut d’abord déposé dans cette dernière basilique, près du tombeau de sa mère et de sa sœur. Plus tard, vers l’époque d’Adrien Ier (772-795), ses reliques furent transférées dans celle de Saint-Laurent in Damaso’. Ferrarius (1) dit qu après la mort de saint Damase, les personnes atteintes de la Fièvre étaient guéries devant son tombeau. C’est là l’origine de l’invocation signalée en Italie, par l’abbé Petin (p. 710) (2). Grâce aux travaux récents de M. de Rossi, la sollicitude et la dévotion de saint Damase pour les reliques des martyres, sont parfaitement constatées. « Les travaux du saint pape, dit le môme auteur, ne furent pas seulement partiels et ne se localisèrent pas sur un point déterminé, ils s’étendirent à toute la Rome souterraine; tous les fonds qui étaient mis à sa disposition par les matrones, il les consacrait à la décoration des lieux sanctifiés par la présence des martyrs... Les Archéologues ont déjà remarqué depuis longtemps que les poèmes de ce pape sont gravés sur le marbre de leurs tombes en caractères admirables, connus aujourd’hui sous la désignation spéciale de Damasiens.
(Chantrel (3). — Petits Bollandistes.)