‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 638 sur 724 · SAINT TROPHIME · texte numérisé non relu

SAINT TROPHIME

Invoqué conti-e la Goutte. — Patron des Enfants.

aint Trophime était né à Ephèse de parents gentils ; quelques auteurs croient que le Christ, après son ascension, lui dévoila qu’il le destinait à devenir le collaborateur des apôtres. Raban-Maur suppose qu’il avait été appelé par N. S. de son vivant et qu’il faisait partie des soixante-douze disciples. Il se base sur la statue de saint Trophime, qui décore le portail de l’église métropolitaine d’Arles. On y lit :

Cernilur eximius Vir, Ckrisli discipulorum De numéro, Trophimus Sepluaginta duorum.

Vous voyez Trophime, cet excellent homme, qui était du nombre des 72 disciples du Christ.

Saint Trophime s’attacha d’abord à saint Etienne, puis devint le disciple de saint Paul qu’il accompagna en Samarie, à Jérusalem. Saint Paul le fit prêcher, et saint Trophime, étant considéré encore comme idolâtre, saint Paul eut à ce sujet des reproches et des attaques, dont il dût se défendre devant le Sanhédrin et ensuite à Rome ; il laissa Trophime très malade à Millet, ville d’Ionie. Une lettre de saint Paul à Timothée le prouve : il dit, j’ailaisséTrophime très malade à Millet. Mais pendant que saint Paul allait évangéliser l’Orient, Trophime se guérissait et devenait le disciple de saint Pierre, près duquel saint Paul le retrouva plus tard.

Ce fut alors l’heure où saint Pierre voulut faire combattre l’idolâtrie dans les Gaules et il chargea saint Paul qu’il envoyait en Espagne d’établir, d’abord en passant, Trophime, Crescence, Paul, Sergius et Eutrope dans la Gaule méridionale.

Ici une contestation s’élève entre les auteurs. Saint Grégoire de Tours prétend que sous l’empereur Dèce, sept évêques furent envoyés dans les Gaules : Galien à Tours, Trophime à Arles, Paul à Narbonne, Saturnin à Toulouse, Denis à Paris, Austremoisne en Auvergne et Martial à Limoges ; ceci concernerait le IIIe siècle.

Mais dans un ancien manuscrit de la bibliothèque du roi, découveit par M. l’abbé Paillon, on lit :

VINGT-NEUF DÉCEMBRE, SAINT TROPHIME. O /o

« Sous l’empire de Claude, l’apôtre Pierre envoya dans les Gaules, « pour prêcher la foi de la trinité aux gentils, quelques disciples auxtf quels il assigna des villes particulières, Tropbime, Paul, Seigius.»

Dom Ruinard, savant bénédictin, et le père Sirmond affirment que saint Grégoire est dans l’erreur, que saint Trophime vint certainement dans les Gaules au IP siècle et qu’il est facile de le prouver en voyant que, dans le IIP siècle, saint Denis vint placer sur le siège d’Arles, vacant depuis longtemps par la mort de Trophime, son disciple Régulus.

Il paraît évident aussi, d’après M. l’abbé Faillon, que saint Trophime s’installait à Arles en même temps que saint Eutrope à Orange ; ce dernier était un égyptien converti, disciple de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est dit qu’il vint dans les Gaules combattre l’idolâtrie, de concert avec saint Trophime , saint Maximin et sainte Marthe, et que c’est saint Trophime d’Arles et saint Maximin d’Aix qui dédièrent à Dieu l’oratoire de sainte Marthe, en Provence.

On raconte dans le Martyrologe français d’André du Saussaye que, Trophime en arrivant à Arles, trouva deux énormes colonnes reliées ensemble dans le haut par un arc que recouvrait une espèce d’autel sur lequel, chaque année au mois de mai, on renouvelait un ignoble sacrifice humain.

Trois beaux enfants étaient engraissés et réservés pour être immolés devant une foule considérable, les habitants d’Arles étaient avides de voir couler et de recueillir leur sang. Ils offraient cette purification à leurs dieux.

Trophime, rempli d’horreur, s’élança au milieu des groupes rassemblés. Il leur parla avec un accent hardi et convaincu pour leur expliquer la loi de Jésus-Christ, leur révéler ses promesses et leur faire comprendre que son sang avait seul le pouvoir de racheter l’humanité. Il eut le bonheur d’être entendu, de sauver ainsi ces pauvres enfants, ce qui explique son patronage, et même de convertir un grand nombre de païens. Le préfet de la ville, lui-même, donna l’exemple de la conversion. Il se fit baptiser et confessa ses erreurs passées ; il concéda à la suite un monument à saint Trophime où il put continuer ses exhortations, dire des prières et enfin où il fonda sa première église.

Saint Trophime ne trouva pas trop d’obstacles à Arles, puisqu’on ne parle dans aucun auteur de persécutions dont il ait dû souffrir, on croit généralement qu’il mourut à Arles et que ses reliques furent transférées dans la cathédrale en 1 1 52 ; on donna alors son nom à ce monument, au lieu de celui de Saint-Etienne qu’il avait reçu primitivement à sa consécration.

M. Barbier de Montault affirme qu’on l’invoque pour la goutte ; mais nulle part on n’explique bien pourquoi les goutteux s’adressent à lui ; il est à croire qu’il avait guéri plusieurs personnes de cette maladie et qu’il en avait été guéri lui-même quand il était à Millet, comme nous l’avons dit plus haut et que c’est là l’origine de cette invocation.

On conserve des reliques de lui à Saint-Philippe-de-Néri — via Giulia — et on les expose en différentes circonstances.

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