SAINTE COLOMBE, VIERGE ET MARTYRE
Patronne des Vierges, des Délaissés. — Invoquée pour la pluie, la conversion des âmes. — Contre les maux d’yeux, les dangers qui menacent la pureté.
rajSllloLOMBE naquit en Espagne d’une famille royale : on croit I généralement qu’elle était fille d’un prince de Sarragosse;
I c^e ses parents pour se faire chrétienne, suivie d’une
I TOLteaB femme, nommée depuis sainte Béate. Elle pénétra dans les Oaules ; ce fut près de Vienne en Dauphiné qu’elle reçut le baptême. On voit encore, dans un ancien couvent de religieuses bénédictines, une chapelle en ruines où subsiste l’inscription suivante :
Baptisterium sanctæ Colombæ (Baptistère de sainte Colombe)
Le bourg où était cette abbaye, s’appelle aujourd’hui Sainte-Colombe. Cette jeune fille, s’étant rendue à Sens, fut présentée à l’empereur Aurèlien comme chrétienne. Il fit tous ses efforts pour ébranler sa foi; il lui promit de magnifiques alliances avec des richesses qui ne l’ébranlèrent pas ; furieux d’échouer dans toutes ses propositions, il la fit jeter dans un cachot sur lequel on vit plus tard s’élever une église.
Dans ce cachot, Aurèlien osa envoyer un jeune homme sans mœurs auquel il livrait cyniquement cette jeune fille. Elle n’eut pas le temps d’être effrayée, caruneourse femelle, de forte taille, apparut soudain, se plaça entre eux et terrassa le débauché qu’elle écrasait sous son étreinte ; sainte Colombe tendit une croix à ce séducteur opprimé, lui conseillant de l’invoquer. Lejeune homme, frappé du prodige dont il était l’objet, ayant promis de se convertir, fut laissé libre par l’ourse. A cette nouvelle, Aurèlien. très exaspéré, envoya des soldats pour s’emparer de la Sainte et la faire périr sur un bûcher. Ils trouvèrent l’ourse couchée à ses pieds, prête à s’élancer sur ceux qui s’approcheraient; ils furent donc forcés de reculer. L’empereur s’indigna de leurs craintes et donna l’ordre de brûler toute la prison. Mais sainte Colombe parut belle et souriante dans son réduit enflammé ; elle seule, au milieu de l’incendie, restait debout, et quand les flammes s’approchèrent de l’ourse, elle lui ouvrit un passage au milieu des flammes pour lui permettre de s éloignei, puis elle vit, aussitôt après, une pluie torrentielle éteindre tout autour d’elle
le brasier ardent.
Ces miracles suffisaient assurément pour attester la, protection du cief ; Dieu voulant récompenser le dévouement et la foi de la jeune chrétienne, permit alors qu’elle tombât dans les mains des exécuteurs qu’ Aurèlien ne cessait d’exciter contre elle. Ils l’entraînèrent hors des murs de Sens, près d’une fontaine, ou plutôt on pense que la fontaine jaillit en ce lieu en souvenir du martyre de la Sainte ; elle fut étendue sur un chevalet et flagellée ; on lui déchira les chairs avec des ongles de fer et, quand elle mourut, une voix se fit entendre disant : « Viens, ma colombe ! l’hiver a passé pour toi ; viens jouir près de moi du printemps éternel ! »