‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 69 sur 724 · DIX-NEUF JUILLET, SAINT TINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

DIX-NEUF JUILLET, SAINT TINCENT DE PAUL

Son père, ayant découvert en lui de rares dispositions pour la piété et pour les sciences, l’envoya chez les Cordeliers de Dax. A vingt ans, il partit pour Toulouse et y fit son cours de Théologie, et, en 1600, il fut ordonné prêtre. Au retour d’un voyage qu’il avait fait à Marseille pour régler quelques affaires, il vit le navire qu’il montait attaqué et pris par des pirates qui le vendirent à un français renégat de Nice. D’abord, il lui fit subir les plus mauvais traitements, puis il finit par se convertir à ses doctrines pieuses.

Deux ans après son retour en France, il fut nommé à la cure de Clichy, près Paris, d'après les conseils du cardinal de Bérulle, qui le détermina aussi à se charger de l’éducation des enfants du comte de Gondy , général des galères de la France. En 1618, toujours par le conseil de M. de Bérulle, Vincent, accompagné de cinq prêtres, alla faire en Bresse une mission qui eut le plus grand succès. C’est alors que Madame de Gondy, de concert avec son mari, eut l’idée d'établir une Compagnie de Missionnaires pour lesquels elle demanda et obtint de son beau-frère, Monseigneur de Gondy, archevêque de Paris, le Collège des Bons- Enfants.

Vers le même temps. Vincent s’occupa d’améliorer le sort des forçats en dépôt à Paris, soit en leur donnant de bons conseils, soit en engageant leurs gardiens à les traiter plus doucement, soit surtout en obtenant la fondation d’un hôpital pour leurs malades. A Marseille, il poussa la charité jusqu’à prendre, pendant un mois, la place au banc des rameurs d’un pauvre galérien qui mourait du désir de revoir sa femme dont il était séparé depuis plusieurs années.

Vincent alla ensuite demeurer avec ses prêtres au Collège des Bons-Enfants, et leur donna des règles ou constitutions qui furent approuvées par le pape Urbain VIII, en 1631. L année suivante, les chanoines réguliers de Saint-Victor lui cédèrent le prieuré de Saint- Lazare. Il en fit le chef-lieu de sa Congrégation, ce qui fit donner le nom de Lazaristes aux Pères de la Mission.

Bientôt il fonda, avec le concours de Madame Legras (Mademoiselle de Marillac), cet ordre admirable des sœurs de charité qui, sous le nom de filles de Saint-Vincent de Paul, sont connues dans le monde entier. De son vivant même, cet ordre prit un tel développement qu’il y eut trois cents maisons tant en France, que dans les Pyrénées, l'Autriche, la Silésie, la Pologne.

Vincent de Paul fut aussi fait supérieur de plusieurs autres Communautés religieuses qu’il serait trop long d’énumérer ici. Ses regards se reportèrent encore plus loin que l’Europe, etil envoya des Missionnaires àTunis, à Tripoli et à Alger. Enfin, sur l’invitation de la Congrégation établie à Rome pour la propagation de la Foi, vingt de ses prêtres partirent pour aller annoncer l’Evangile aux peuples idolâtres de Mada-

A cette époque, les Enfants trouvés pullulaient a Pans. Ils étaient exposés au hasard, sous les porches des églises et dans les carrefours. Vincent forma une société de dames charitables qui prirent soin de ces pauvres petits abandonnés. Souvent on le voyait lui-même la nuit, au milieu de l’hiver, parcourir dans Paris les quartiers plus éloignes, les recueillant, les réchauffant sous son manteau et les rapportant a la maison des Filles de la charité. Dans une de ses excursions nocturnes, il

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