DIX-NEUF JUILLET, SAINT VINCENT DE PAUL
rencontra des voleurs qui lui demandèrent sa bourse. « Hélas, répond-il, « je ne porte sur moi, en ce moment, que trois pauvres petits enfants « trouvés qui meurent de froid et de besoin. » — « Vous êtes M. Vincent » s’écria l’un des bandits ; et ils tombèrent à genoux en lui demandant sa bénédiction. Après quoi ils lui servirent d’escorte (1).
Bien des obstacles surgirent à la suite des dépenses considérables, indispensables pour rétablissement consacré aux enfants, Vincent les surmonta tous en obtenant du Roi le château de Bicêtre pour loger Enfants et une forte somme pour subvenir à l’insuffisance des aumônes particulières.
Ce fut lui qui assista le pieux roi Louis XIII, à l’heure de la mort. La reine Anne d’Autriche, régente pendant la minorité de Louis XIV, voulut qu’il fît partie d’un conseil particulier qu’elle institua pour les affaires ecclésiastiques. Il y rendit de grands services à l’Eglise.
Il termina le cours de ses grands bienfaits, en fondant un hôpital général où tous les pauvres de Paris trouvèrent un asile, et mourut le vingt-sept septembre 1660, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Il fut enterré dans l’église de Saint-Lazare.
Le Patronage des Orphelins s’impose naturellement à un Saint qui a tout fait pour eux. Quant à celui des Curés, Vincent exerça lui-même les fonctions curiales avec une sollicitude et une charité tellement incomparables qu’ils ne pouvaient choisir un protecteur plus puissant auprès de Dieu.
Le Clergé de France était nécessairement appelé à prendre pour modèle et pour Patron celui qui avait institué les Lazaristes, ces vaillants prêtres de la Mission et qui avait sollicité et obtenu de Richelieu les moyens d’établir un grand et un petit séminaire où l’on devait surtout s’exercer à la vertu et à l'oraison (2).
En 1833, huit jeunes gens, liés de cœur et d’âme par la puissance de la Foi et les sympathies religieuses, par une sorte de fraternité d’armes, contractée dans l’habitude de combattre sous la même bannière, formèrent une Conférence, conçurent le projet d’une Société qui, dans les premiers temps de son existence, eut pour but spécial et presque exclusif la visite des pauvres à domicile. Plus tard les pieux associés y ajoutèrent d’autres œuvres qui embrassent à peu près toutes les misères humaines. Cette Société d’origine essentiellement française, qui prit rapidement les développements les plus considérables et qui fonctionne aujourd’hui dans tout le monde connu, pour indiquer nettement qu’elle voulait se manifester, non pas par des études purement théoriques, mais bien par des œuvres et uniquement par des œuvres s est placée sous l'invocation du vaillant protecteur des Pauvres, de saint Vincent de Paul, dans l’espoir surtout qu’elle obtiendrait par ce grand serviteur de Dieu quelques rayons de l’esprit de charité et de foi dont il était enflammé. A l’occasion du cinquantenaire de cette Société •t !î'X • ’ Par un bref du vingt avril 1883, a daigné proclamer et e ablu saint Vincent de Paul comme Patron spécial auprès de Dieu de
à son nom S°Ciétés charitables se rattachant d’une manière quelconque
(1) Collet — Vie du Saint.
(2) Vie des Saints du Père Gihy, IV* vol. supplément, p. 480. Palmé, 1860.
Au mois de juin 1883, sur la demande unanime de l’épiscopat français, provoquée par l’éminent et pieux cardinal archevêque de Paris, le Saint-Père a proclamé de nouveau saint Vincent de Paul « patron spécial auprès de Dieu de toutes les associations de charité qui, à un degré quelconque, émanent de lui et sont répandues sur le territoire français. » C’est donc dans la vie de saint Vincent de Paul que les fidèles doivent chercher l’exemple et se pénétrer de l’esprit véritable des bonnes œuvres.
Aucun livre ne répond mieux à ce besoin que le splendide volume : Saint Vincent de Paul et sa mission sociale, par M. Arthur Loth, publié avec la collaboration de MM. Louis Veuillot, Adolphe Baudon, Et. Cartier et Auguste Roussel. Il se recommande tout particulièrement aux familles chrétiennes à l’approche du 19 juillet, fête de saint Vincent de Paul.
[Grande Vie des Saints de Collin de Plancy. — Manuel de la Société de Saint-Vincent de Paul I.
BIENHEUREUX BERNULPHE OU BERNOUL OU BERNOLD