‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 80 sur 724 · SAINT WULMER, FONDATEUR DE L’ABBAYE DE SAMER & ABBÉ · texte numérisé non relu

SAINT WULMER, FONDATEUR DE L’ABBAYE DE SAMER & ABBÉ

VIIe ET VIIIe SIÈCLE. — 700 ou 710.

Patron des Cochers.

Issu de parents très nobles dans le pays qui portait le nom de Sylviacum, non loin de Boulogne-sur-Mer, Wulmer, arrivé à l’âge de contracter une alliance, avait fixé son choix sur une personne de la contrée ; mais des obstacles insurmontables l’empêchèrent, de l’épouser. Dégoûté du monde, il alla se renfermer dans un monastère du Hainaut, situé sur la bambre, appelé ïïautmont. Le prieur le reçut, mais l’appliqua a'!1^ s empl°is de la maison. Wulmer faisait paître les troupeaux

e e ai c argé d apporter du bois à la cuisine, dans un véhicule traîné par es œufs. C est là probablement l’origine du patronage des Cochers

signalé par Dora Riva dans sa Filotea. Il était entré dans le monastère très ignorant ; tout en conduisant ses bœufs, il se livrait à l’étude et finit par être admis au rang des Clercs. Aussi lui assigna-t-on des occupations plus relevées ; mais il n’abandonna aucun de ses sentiments d’humilité. La nuit, pendant que tous les Frères étaient endormis, il allait prendre leurs souliers pour les nettoyer et les reportait ensuite à leur place. Il devint bientôt pour toute la maison un si grand modèle que l’abbé le jugea digne de recevoir le sacerdoce. Lorsqu’il fut revêtu de ce caractère sacré, comme les exemples qu’il donnait lui attiraient encore davantage l’admiration des religieux, il s’enfuit dans le désert et s'avança dans les bois de la Flandre où il resta caché trois jours sans y prendre de nourriture. Un homme du pays, par ordre d’un ange, lui apporta de quoi se nourrir et lui désigna un fonds de terre où il bâtit un monastère. Bientôt plusieurs autres hommes se joignirent à lui en mettant à ses pieds le prix de biens auxquels ils avaient renoncé par esprit de pénitence. Mais comme le nombre des visiteurs se multipliait de jour en jour, Wulmer alla secrètement se cacher dans une forêt du territoire de Boulogne. Il y rencontra son frère qui voulait absolument le conduire vers sa mère. Elle pleurait toujours son absence ; il s’y refusa absolument. La réputation de sainteté de Wulmer s’étendit peu à peu et lui amena un si grand nombre d’admirateurs qu’il ne put empêcher qu’on lui bâtit un monastère dont il dut prendre la direction. Un roi saxon de la Grande-Bretagne, qui avait entrepris le pèlerinage de Rome, vint le visiter et lui offrit des trésors pour achever ses monastères. Le Saint n’accepta que trente pièces d’or pour son église et donna sa bénédiction au royal pèlerin qui partit plein de joie pour Rome où il mourut saintement.

Un voleur déroba un jour le cheval de notre Saint et, après avoir erré toute la nuit, se retrouva le lendemain matin à la porte du monastère monté sur ce cheval auquel il se trouvait comme attaché. Le Saint s’avança vers lui. le réprimanda et le renvoya après l’avoir aidé à en descendre.

Telle fut la vie de saint Wulmer qui rendit paisiblement son âme à Dieu le 20 juillet 700 ou 710.

[Vie des Sainl6 Pères des Déserts. — Les Bollandistes) .

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