LA VIE ΡΕ S. ALYPIUS LE STYLITE LXX VII
421-439 : Bios τοῦ ἓν ἁγίοις πατρὸς ἡμῶν ᾽Αλυπίου τοῦ κοιγίτου τοῦ ἓν τοῖς χρόνοις "Ηρακλείου τοῦ βασιλέως τελειωθέντος ἐν ᾿Αδριανοῦ τῇ πύόλει τῆς Παφλαγόνων. ἐπαρχίας.
Les variantes de C se réduisent souvent à des suppressions de mots. Quelques leçons spéciales ne sont pas à dédaigner, mais il faudrait, pour se prononcer sur leur valeur, disposer d’un plus grand nombre de témoins. Sur d’autres on n’hésitera guère. Ainsi p.152, 3 : uet’ où πολλὰς ἡμέρας AB, we- : τὰ καθ ημᾶς ᾠκονόμησεν ὁ Θεός AB, τὰ καθ᾽ ἡμᾶς ᾠκοδόμησεν ὁ Θεὸς C. — p. 150, 15: τοῖς τοῦ πατρός πλεογεκτήµμασιν À Ἡ, τοῖς τοῦ πατρός µου πλεονεκτήµασιν C. Les leçons du groupe AB sont évidemment à préférer. 1 en est de même dans les passages suivants : p. 154, 18 : ἄρας εἰκόνα δεσποτικὴν καὶ σταυρὸν AB ; ἄρας σταυρό» C. — P. 154, 24 : τὸ τρόπαιον τοῦ σταυροῦ καὶ τὸ τοῦ κυρίου ὁμοίωμα À B ; τὸ τρόπαιον τοῦ σταυροῦ C. Métaphraste concorde ici avec A B.
Au chapitre 10, les trois manuscrits sont défectueux, à moins de supposer une distraction du rédacteur. Alypius s’est caché dans la chapelle de Sainte-Bassa, à Chalcédoine. La sainte lui apparaît, p.155, 24 : κατ ὄναρ τῆς μάρτυρος ἐπιστάσης αὐτῷ. C’est évidemment de Ste Bassa qu'il faut le comprendre. Mais quelques lignes plus bas, on voit qu'il s’agit de Ste Euphémie. Métaphraste s’est servi d’un autre . manuscrit plus correct, si tant est qu'ayant reconnu l’erreur il ne l'ait corrigée de sa propre autorité : p. 177, 31 : ὁρᾶ τὴν μάρτυρα Εὐφημίαν παραστᾶσαν αὐτῷ.
D'après le titre, la pièce est un Βίος. Mais l’auteur la caractérise de ἐπιτάφιος λόγος (p.167, 24), oraison funèbre ou éloge prononcé peu après la mort. On y distingue sans peine la ρα des τόποι prévus par les préceptes du πια. re : πατρίς, γένεσις, ἀνατροφή, ἐπιτηδεύματα, πράξεις, ἀρεταί, auxquels s’entremélent à point nommé la σύγκρισις (ainsi c. 3, 14). Les longs discours mis dans la bouche de divers personnages (par exemple Alypius au ch. 14, la mère au ch. 6 etc.), certaines tournures de style qu’affectionnent les rhéteurs (ο. 5) accusent plus nettement encore l'influence de l’art oratoire. Toutefois, il ne faudrait pas insister trop minutieusement sur l’application des préceptes : car visiblement la pièce appartient à un genre mixte, et l'auteur a
entendu écrire une Vie de saint autant qu’un ἐπιτάφιος λόγος, comme le prouvent les premières lignes du prologue : εἰ ποΛλλοὶ πολλάκις βίους ὁσίων πατέρων ἀναγραφάμενοι.
Le biographe appartient à la communauté de moines réu-
nis autour de la colonne du stylite : κἀγὼ τῆς σῆς φυτείας. ἡ εὐτελεστάτη καὶ ὀψίμη, πάτερ, παραφυάς (p. 167, 23); mais
‘il n’est pas du groupe des disciples de la première heure, ce
qui ne l’empéche pas d'affirmer qu'il a été mélé à la plupart
des choses qu’il raconte : ὧν ταῖς πλείοσι καὶ παρέτυχον (p.167, 25). Toutefois, le style est bien apprété, et ne donne pas couramment l'impression d’un récit pris sur le vif. Il est permis de croire que l'écrivain exagère quelque peu lors- . qu’il prétend avoir assisté au plus grand nombre des épisodes dont se compose la biographie d’Alypius. Sachons-lui gré de n’avoir pas abusé outre mesure du merveilleux. Rendonslui aussi cette justice que dans les traits, trop rares à notre goût, par lesquelsil entre en contact avec l’histoire du temps, il ne prête guère à la critique. La patrie du saint, Hadrianopolis, appartenait d’abord à la Bithynie. Vers la fin du IVe siècle elle fit partie de la nouvelle province d’Honorias, et fut enfin rattachée, par Justinien, à la Paphlagonie 1. On signale, dans le premier tiers du VIe siècle, un évêque d'Hadrianopolis, nommé Théodore, un des signataires de l 4ναφορὰ πρὸς ᾽]ωάννην πατριάρχη» (518). Il signe : Θεόδωρος ἐπίσκοπος τῆς κατὰ ᾽᾿Αδρίανούπολιν ἐκκλησίας τῶν “Ονορεατῶν ἐπαρχίας ὑπέγραψα τῇ ἀναφορᾷ ?. Ce qui pourrait être un des deux évéques du nom de Théodore (ο. 4) qu’Alypius compta parmi ses protecteurs. On ne s’étonne pas de rencontrer notre saint à
Euchaïta, au tombeau de 5. Théodore. C'était le plus célèbre .
des pèlerinages de ces contrées, et c’est de ce côté-là que durent se diriger les pas d’un jeune homme désireux de satisfaire sa piété. Si pour rattacher à Chalcédoine le culte de sainte Euphémie il ne fallait pas une information spéciale, il n’en est pas de même du petit µαρτύριον de Sainte-Bassa, près de la mer, que les historiens signalent 3, mais qui ne jouissajt d'aucune célébrité.
1Les textes indiqués par RUGE, dans PauLy-Wissowa, Real-
. Encyclopüädie, t. VII, p. 2174; t. VIII, p. 2277.
2 Mansi, Concilia, t. VIII, p. 1047.
3 Ta£oporE LE LECTEUR, I, 20. Cf. DELEHAYE, Origines du culte des martyrs, p. 184.