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LA VIE DE 8, ALYPIUS LE STYLITE LXXIX

La chronologie de la Vie d’Alypius se laisse tracer sans ef- Æort. En voici les éléments.

Agé de 30 ans, il s’enferme dans une cellule, où il demeure deux ans (c. 12).

11 monte sur une colonne et v demeure debout durant 53 ans (c. 13, 25).

Les quatorze dernières années de sa vie, il est obligé de se coucher sur le côté (ο. 23).

D'après cela il atteignit l’âge de 99 ans, dont 69 se passérent dans l'exercice des pratiques ascétiques. Les ἑβδομήκοντα χρόνοι du biographe (ο, 14) s’écartent à peine de cette donnée, et les 85 ans qu'il garda l'usage de ses pieds (ο. 24) forment un compte exact. On ignore en quelle année du règne d'Héraclius (610-641) mourut notre saint. Mais son exceptionnelle jongévité permet de dire que rien ne s'oppose à ce qu’il ait connu j'évêque Théodore d’Hadrianopolis, qui vivait en 518, et sans doute ne mourut pas précisément cette année-là.

Ἡ ne se découvre donc rien, dans la Vie d’Alypius, qui soit de nature à nous mettre spécialement en défiance. L’information, sans être abondante, paraît sérieuse, et l’on peut croire qu’elle est puisée dans la tradition du monastère, où le biographe est peut-être entré après la mort du saint. Ce qui n’exclurait pas qu'il ait été témoin de certains faits, comme pouvaient l’être tous les pèlerins attirés autour de la colonne par la réputation du stylite.

Rien n’a plus contribué à la «gloire posthume » d’Alypius que le choix de sa Vie pour faire partie du ménologe de Métaphraste. Parmi les nombreux manuscrits qui la contiennent !, nous avons fait choix des suivants.

M — Manuscrit de la bibliothèque Royale de Munich, grec

179, Métaphraste de la seconde moitié de novembre, écriture du XIe siècle 2. 1ο]. 140Υ-150ν : Βίος καὶ πολιτεία τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν ᾽Αλυπίου.

R -- Manuscrit de la bibliothèque Nationale de Paris, grec 1499, Métaphraste de la seconde moitié de novembre, écrit en 1055-1056 3. Fol. 301-322 : Βίος καὶ πολιτεία τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν ᾽Αλυπίου τοῦ κιονίτου.

1 BHG?. 65, cf. Ρ. 2δὺ.

3 Catal. gruec. Germ., p.110.

à Catal. graec. Puaris., p. 187.

Ν — Manuscrit de la bibliothèque Nationale de Paris, grec 579, Métaphraste de la seconde- moitié de novembre, écriture du XIe sièclei. Fol. 140-152 : Βίος καὶ πολιτεία τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν ᾽ Αλυπίου.

Ο -- Manuscrit de la bibliothèque impériale de Vienne, Hist. graec. 11, Métaphraste mélangé de la seconde moitié ‘de novembre, écriture du XIe-XIIe siècle 3. Fol. 125Y-137 : Βίος καὶ πολιτεία τοῦ ὁσίου πατρὸς ἡμῶν ᾽Αλυπίου τοῦ στυλίτου.

Nous retrouvons dans cette Vie d’Alypius la méthode habituelle du logothète. La Vie ancienne est prise pour base d’une rédaction nouvelle, qui, en général, suit pas à pas la première, avec une certaine liberté toutefois, et un médiocre souci de l'exactitude. Ainsi, une partie du ch. 14 de la Vie anci. nne a passé à la fin de la nouvelle, où elle est insérée dans le ch. 25 ; une partie du ch. 12 est placée entre 8 et 9. Une habitude chère à Métaphraste, c’est de faire, quand il peut,

montre de son érudition, et il lui est difficile de répéter sim-

plement, sans commentaire, une expression géographique. Hadrianopolis de Paphlagonie devient chez lui: 4 πρὸς ἥλιον ἀνίσχοντα πόλις µία τῶν Μαρυανδηνῶν καὶ αὐτὴ τῆς τῶν ITapaaγόνων γῆς ὑπάρχουσα ᾽ Αδριανούπολις οὕτω καλουμένη *. Il n’efface aucune des traces de rhétorique que l’on reconnaît dans la Vie ancienne ; il en ajoute. C’est ainsi que le τόπος de la patrie est accentué, et, selon les préceptes, les avantages de la ville qui a donné naissance à un pareil héros (c. 2) sont mis en relief. Voir aussi les développements par les lieux communs sur la manière dont Alypius s’acquitte de sa charge d’économe de l’église (ο. 4). Quand l’occasion s’en présente, une réminiscence classique : τὸ μυθικὸν τῶν σειρήνων (ο. 20), et un proverbe pour orner le discours : ὅθεν καὶ σφηκίαν ἠρέθικε (ο. 12); τὸ τῆς "Ηρακλείας λίθου ποιῶν (ο. 13).

Dans un passage que nous avons signalé, la rédaction de Métaphraste a peut-être conservé un meilleur texte que nos manuscrits de la Vie primitive. Mais sa valeur propre, au point de vue historique est nécessairement nulle et nous n'insisterons pas sur quelques difficultés provenant de l'incurie du rédacteur.

1 Catal. graec. Paris., p. 20.

? Catal. graec. Germ., p. 47.

8 VilaS. Alypii, ο 2.

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